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Conférence de presse du 6 avril 2021 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian
2021/04/06

CCTV : Le New York Times a récemment publié un long article intitulé La montée de la violence anti-asiatique (Swelling Anti-Asian Violence). Selon l’article, au cours de l’année écoulée, des Asiatiques ont été poussés, battus, se sont fait cracher au visage et insulter, et ont vu leurs maisons et leurs magasins vandalisés. Depuis mars de l’année dernière, il y a eu plus de 110 incidents de haine raciale avec des preuves manifestes à travers les États-Unis. De nombreux cas d’attaques contre des Asiatiques ne sont pas inclus dans les statistiques pour manque de motifs haineux avérés. Un rapport publié l’autre jour par l’Université d’État de Californie des États-Unis a également montré une forte hausse de 149% des crimes haineux contre les Asiatiques aux États-Unis en 2020. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Votre question me rappelle la couverture du dernier numéro du magazine The New Yorker. Dans cette illustration intitulée Retard, une mère asiatique tient la main de sa fille dans une station de métro, attendant avec impatience l’arrivée du train. La mère regarde autour d’elle avec prudence tandis que sa fille, s’accrochant étroitement à la main de sa mère, veille sur l’autre côté avec vigilance. Ce qui devrait être une scène sur un quai de métro la plus ordinaire laisse cette mère et cette fille asiatiques dans une crainte constante pour leur sécurité. C’est déchirant qu’une telle scène se produise aux États-Unis.

Ces dernières années, les États-Unis ont connu une augmentation continue des crimes haineux à l’encontre des minorités ethniques dont les Asiatiques, et de nombreuses tragédies ont eu lieu. Notamment depuis le début de la pandémie, certains politiciens concernés de la précédente administration américaine ont tenu des propos xénophobes manifestes ou suggestifs, utilisé des noms visant des zones géographiques ou des groupes de personnes spécifiques à la place du nom de la COVID-19, et diffusé de fausses informations et des propos racistes. Ces pratiques sont extrêmement irresponsables et ont directement conduit à la montée de la discrimination raciale et des crimes de haine à l’encontre des Asiatiques.

Aux États-Unis, le racisme est présent de manière globale, systématique et persistante. Les suprémacistes blancs, les néonazis et les membres du Ku Klux Klan utilisent ouvertement des slogans et des mots d’ordre racistes, prêchent la suprématie blanche et incitent à la discrimination et à la haine raciales. Les États-Unis ont perpétré dans l’histoire du nettoyage ethnique systématique et des massacres contre les Amérindiens, commettant des génocides et des crimes contre l’humanité dépassant toute description. La brutalité des forces d’application de la loi aux États-Unis a entraîné un nombre élevé de cas de morts liés aux personnes d’origine africaine. La discrimination raciale est profondément ancrée dans les lieux de travail aux États-Unis, et la discrimination sociale à l’encontre des minorités ethniques est largement répandue.

Les États-Unis doivent véritablement mettre en pratique leur engagement à protéger les droits de l’homme, lutter sévèrement contre les actes de discrimination et de violence haineuse à l’encontre des minorités ethniques, y compris les Américains d’origine asiatique, et protéger efficacement tous les droits des minorités ethniques, afin qu’elles puissent se débarrasser des cauchemars causés par la discrimination et les crimes haineux et vivre à l’abri de la violence et de la peur.

China Daily : Le Ministre philippin de la Défense Delfin Lorenzana a déclaré l’autre jour que les « navires de pêche des milices » chinoises se rassemblaient encore autour de Niu’e Jiao. Il a exhorté les navires chinois à partir dès que possible. Le Ministère philippin des Affaires étrangères a également publié une autre déclaration de protestation, indiquant que conformément à la décision de l’arbitrage relatif à la Mer de Chine méridionale, les Philippines ne reconnaissent pas que Niu’e Jiao et ses eaux adjacentes soient les lieux de pêche traditionnels des pêcheurs chinois, et que le déploiement, la présence et les activités continus des navires chinois en Mer de Chine méridionale violaient la souveraineté, les droits souverains et la juridiction des Philippines. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Zhao Lijian : Nous avons déjà présenté en détail la situation relative aux navires de pêche chinois qui opèrent et trouvent refuge au large de Niu’e Jiao. Niu’e Jiao fait partie des îles Nansha de la Chine, et ce récif et ses eaux adjacentes sont depuis toujours une zone d’opération et un port de refuge importants pour les navires de pêche chinois. Il est donc raisonnable et légal pour les navires de pêche chinois d’y opérer et trouver refuge.

La décision rendue par le tribunal de l’arbitrage relatif à la Mer de Chine méridionale est illégale, nulle et non avenue. La Chine n’accepte ni ne reconnaît cette décision et s’oppose fermement à toute revendication ou action fondée sur celle-ci. La souveraineté et les droits et intérêts de la Chine en Mer de Chine méridionale se sont formés au cours d’une longue histoire et sont conformes au droit international. La partie philippine, en se fondant sur une décision illégale, nulle et non avenue, tente de nier la souveraineté et les droits et intérêts de la Chine en Mer de Chine méridionale ainsi qu’une histoire de production et d’opération millénaire des pêcheurs chinois dans les lieux de pêche traditionnels des îles Nansha et les droits qu’ils ont ainsi obtenus. Cela viole le droit international, y compris la Charte des Nations Unies et la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, et est inacceptable.

La partie philippine doit traiter les questions concernées de façon objective et correcte, et mettre immédiatement fin à son battage médiatique infondé, afin d’éviter tout impact négatif sur les relations entre les deux pays et sur l’intérêt général de paix et de stabilité en Mer de Chine méridionale.

Shenzhen TV : Les 2 et 3 avril, le Ministre des Affaires étrangères de la République de Corée Chung Eui-yong a effectué une visite en Chine, avec lequel le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a eu un entretien. Comment la Chine évalue-t-elle cette rencontre entre les deux Ministres des Affaires étrangères ? Quels sont les résultats auxquels les deux parties sont parvenues ?

Zhao Lijian : En ce qui concerne l’entretien entre les Ministres des Affaires étrangères de la Chine et de la République de Corée, la Chine a publié un communiqué de presse. Le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi l’a également présenté en détail lors d’une interview accordée à un média.

La Chine et la République de Corée sont des voisins proches et partenaires stratégiques pour toujours. Cette année et l’année prochaine marqueront l’Année des échanges culturels Chine-République de Corée et l’année prochaine marquera le 30e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Les relations bilatérales voient devant elles d’importantes opportunités de développement. Lors de cet entretien entre les deux Ministres, ils sont convenus de multiplier les échanges bilatéraux à tous les niveaux, de mener une coordination et des échanges opportuns, et de renforcer la confiance mutuelle. Le Comité pour le développement futur des relations Chine-République de Corée sera lancé dans la première moitié de l’année pour dresser un plan de développement des relations bilatérales dans les 30 prochaines années. Les deux parties sont convenues d’approfondir la coopération pragmatique et de forger un partenariat de qualité. Les deux parties soutiennent l’ouverture du plan national de vaccination de Chine aux citoyens de la République de Corée résidant en Chine et vice versa, ainsi que l’établissement d’un mécanisme de reconnaissance mutuelle des codes de santé par consultations. Les deux parties sont convenues de tenir rapidement une conférence du Comité de promotion des échanges culturels et humains, de procéder à une planification générale d’événements diversifiés dans le cadre de l’Année des échanges culturels Chine-République de Corée. Les deux parties sont également convenues de promouvoir l’entrée en vigueur rapide de l’Accord de Partenariat économique régional global (RCEP) et d’intensifier la communication sur l’adhésion à l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP). Les deux parties ont réitéré le fait qu’il fallait faire progresser sans relâche le processus de règlement politique de la question de la Péninsule.

Comme le dit un adage chinois, « l’homme s’établit à l’âge de 30 ans ». La Chine est prête à travailler avec la République de Corée pour, sur la base d’un bon développement des relations bilatérales depuis près de trois décennies, améliorer constamment la confiance mutuelle, l’amitié et la coopération entre les deux pays, et renforcer la communication et la coordination entre les deux parties sur les questions internationales et régionales, afin de porter les relations entre les deux pays à de nouveaux paliers.

CGTN : Nous constatons que CGTN a récemment diffusé le quatrième documentaire sur la lutte contre le terrorisme au Xinjiang, lequel a attiré beaucoup d’attention du public. Auparavant, la partie chinoise a souligné à plusieurs reprises qu’il n’y avait eu aucune attaque terroriste violente au Xinjiang depuis plus de quatre ans. Je me demande donc si vous pensez toujours que les questions liées au Xinjiang concernent la lutte contre le terrorisme et la déradicalisation.

Zhao Lijian : Récemment, ce documentaire a fait l’objet d’une chaude discussion. En fait, bien qu’ils mettent l’accent sur différents aspects, les quatre documentaires de cette série sur la lutte contre le terrorisme montrent tous que la nature des questions liées au Xinjiang est la lutte contre le terrorisme et la déradicalisation.

Le premier de la série, « La lutte contre le terrorisme dans la région du Xinjiang », documente le grand nombre d’attaques terroristes violentes qui se sont produites au Xinjiang avec de nombreuses images véridiques des scènes. Le second, « La main noire : le MITO et le terrorisme dans la région du Xinjiang », montre avec suffisamment de preuves solides que l’organisation terroriste, le Mouvement islamique du Turkestan oriental (MITO) est responsable des attaques terroristes violentes perpétrées au Xinjiang. Le troisième, « Le Tian Shan toujours debout : mémoire de la lutte contre le terrorisme au Xinjiang », illustre de manière saisissante les efforts et les sacrifices considérables consentis par les fonctionnaires gouvernementaux et les gens ordinaires de divers groupes ethniques pour combattre le terrorisme et l’extrémisme. Le quatrième de la série récemment diffusé, « La guerre dans l’ombre : les défis de la lutte contre le terrorisme dans le Xinjiang », réfute par des faits les sophismes de la prétendue « lutte excessive contre le terrorisme » et du prétendu « génocide » au Xinjiang, et confirme que le MITO est une pure et simple organisation terroriste. Bien qu’il n’y ait aucun cas de terrorisme violent au Xinjiang depuis plus de quatre ans consécutifs, la région est toujours confrontée aujourd’hui aux menaces et défis du terrorisme et de l’extrémisme. Il est donc très nécessaire pour cette région chinoise de poursuivre les efforts de lutte contre le terrorisme et la radicalisation.

Agence de presse Xinhua : Selon des reportages, la Commission mixte du Plan d’action global commun (PAGC-JCPOA) aura de nouvelles négociations cette semaine à Vienne sur la reprise de l’accord avec des mesures concrètes. Pourriez-vous nous faire part des attentes de la Chine pour cette réunion ? Le 3 avril, un porte-parole du Ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que l’Iran exhortait les États-Unis à lever toutes leurs sanctions contre le pays et rejetait tout assouplissement progressif en la matière. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : La situation nucléaire iranienne est maintenant à un stade critique. La Chine est favorable à la tenue d’une réunion de la Commission mixte du PAGC-JCPOA pour discuter des questions de la levée des sanctions par les États-Unis et de la reprise de la mise en œuvre de l’accord par l’Iran. Nous soutenons également la Commission mixte dans son interaction avec les États-Unis de manière appropriée et nous espérons que les parties concernées pourront parvenir rapidement à un consensus sur le projet permettant aux États-Unis et à l’Iran de reprendre la mise en œuvre de l’accord.

Je tiens à souligner que le retrait unilatéral des États-Unis du PAGC-JCPOA, qui sape le consensus atteint par toutes les parties, est à l’origine de la crise nucléaire iranienne actuelle. Les États-Unis doivent revenir au PAGC-JCPOA sans condition et lever toutes les sanctions illégales concernées contre l’Iran ainsi que l’extraterritorialité contre une partie tierce. Nous espérons que les parties concernées sauront distinguer le vrai du faux, et exhortons les États-Unis à prendre des mesures concrètes sur la question de la levée des sanctions et à aller dans le même sens que l’Iran afin de parvenir à la mise en œuvre intégrale du PAGC-JCPOA dans les meilleurs délais.

La Chine joue toujours un rôle constructif dans la question du nucléaire iranien et continuera à œuvrer pour ramener rapidement le PAGC-JCPOA sur la bonne voie tout en préservant fermement ses droits et intérêts légaux.

CNR : Il y a quelques jours, la Jordanie a annoncé qu’elle avait déjoué une activité qui mettait en danger la sécurité nationale. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : La Chine a pris note de la situation concernée. En tant que bon ami de la Jordanie, la Chine appuie les mesures prises par le Roi Abdallah II de Jordanie pour préserver la sécurité et la stabilité nationales, et nous estimons que, sous la direction du Roi Abdallah II, la Jordanie est pleinement capable de gérer les affaires intérieures et de maintenir la stabilité à long terme du pays.

Je voudrais également profiter de cette occasion pour mentionner que le soir du 4 avril, heure locale, des vaccins chinois contre la COVID-19 achetés par le gouvernement jordanien avec l’aide de la Chine ont été acheminés à Amman, il s’agit d’une action concrète de la Chine pour apporter un soutien à la Jordanie. La Chine continuera de coopérer avec la Jordanie dans le domaine de la lutte contre la pandémie afin de l’aider à surmonter la pandémie le plus tôt possible.

Beijing Daily : Ces derniers jours, le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi s’est entretenu successivement au Fujian avec ses homologues singapourien, malaisien, indonésienne et philippin en visite en la Chine. Pourriez-vous présenter davantage les résultats concrets des visites en Chine des Ministres des Affaires étrangères de quatre pays d’Asie du Sud-Est ?

Zhao Lijian : Ces visites des Ministres des Affaires étrangères de quatre pays d’Asie du Sud-Est ont reflété l’amitié profonde et étroite entre la Chine et ses voisins d’Asie du Sud-Est, une amitié qui se renforce sans cesse grâce à des échanges fréquents. Au cours des visites, les deux parties sont parvenues à de nombreux consensus importants.

En matière de coopération antiépidémique, la Chine et les pays d’Asie du Sud-Est ont conjointement remporté la première mi-temps avec les accents mis sur la prévention et le contrôle de l’épidémie, et ils poursuivront le bon élan dans la deuxième mi-temps en mettant l’accent sur la coopération en matière de vaccins. Les parties ont convenu de déployer des efforts pour créer des centres de production et de distribution de vaccins dans la région, et améliorer l’accessibilité et l’abordabilité des vaccins dans la région et le monde entier. La Chine et les quatre pays accéléreront également la reconnaissance mutuelle des codes de santé, amélioreront des « voies rapides » afin de créer de meilleures conditions pour la reprise des échanges humains et la promotion de la coopération dans la reprise des activités économiques.

En ce qui concerne la coopération pour le développement, face à l’impact de cette épidémie mondiale, la Chine et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) n’avaient pas attendu passivement, mais ont transformé les pressions en force motrice, pris la crise comme une nouvelle opportunité, et enregistré une croissance à contre-courant en matière de coopération commerciale et d’investissements, et sont devenues le plus grand partenaire commercial l’une de l’autre, franchissant ainsi un nouveau pas dans l’histoire. Les parties ont convenu d’approfondir la coopération pragmatique dans la période post-épidémique, d’aligner le 14e Plan quinquennal de la Chine et le Cadre du redressement global de l’ASEAN, de mener une coopération de qualité dans le cadre de « la Ceinture et la Route », d’élargir le volume commercial, d’améliorer le niveau de libéralisation et de facilitation des échanges commerciaux, et d’injecter un nouvel élan au développement économique de qualité de toutes les parties.

Quant à la coopération régionale, toutes les parties ont été d’accord de préserver effectivement le cadre de coopération régionale actuel centré sur l’ASEAN, d’adhérer à l’intention initiale selon laquelle la coopération en Asie de l’Est devrait se concentrer sur l’Asie de l’Est, de valoriser le multilatéralisme aux caractéristiques propres à l’Asie de l’Est, et de faire de l’expérience de l’Asie de l’Est une contribution à la gouvernance mondiale. Les parties ont convenu de maintenir conjointement la stabilité régionale et de renforcer la coopération dans les affaires maritimes. En profitant de l’occasion du 20e anniversaire de la signature de la Déclaration sur la conduite des Parties en Mer de Chine méridionale l’année prochaine, elles appliqueront pleinement et efficacement la Déclaration et accéléreront les consultations sur le Code de conduite en Mer de Chine méridionale. Elles établiront un partenariat sur l’économie bleue, et créeront et développeront de nouveaux pôles de croissance pour la coopération maritime. Elles promouvront l’entrée en vigueur de l’Accord de Partenariat économique régional global (RCEP) dès que possible et feront de l’Asie de l’Est un nouveau moteur qui stimulera la reprise économique mondiale dans l’ère post-épidémie.

Cette année marque le 30e anniversaire de l’établissement du partenariat de dialogue Chine-ASEAN, la partie chinoise a proposé de tenir une réunion spéciale des Ministres des Affaires étrangères, ce qui a reçu des réponses positives des Ministres des Affaires étrangères des quatre pays. Cette réunion visera à faire un bilan des résultats et de l’expérience de la coopération Chine-ASEAN au cours des 30 dernières années, et à planifier la future coopération à long terme. La Chine est prête à travailler avec les 10 pays de l’ASEAN en profitant de ce 30e anniversaire pour réaliser la montée en gamme de la coopération pragmatique et sauvegarder davantage la paix, la stabilité et le développement dans la région.

AFP : Le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré vendredi dernier à des Ministres des Affaires étrangères de pays de l’ASEAN que sur la question du Myanmar, il fallait éviter une intervention inappropriée du Conseil de Sécurité des Nations Unies et l’ingérence de certaines forces extérieures. La Chine étant un membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies, pourriez-vous expliquer qui sont visés par M. Wang quand il parlait de « forces extérieures » ? Et leur ingérence, de quoi s’agit-il spécifiquement ?

Zhao Lijian : Le Conseiller d’État Wang Yi a exposé sa position sur la situation au Myanmar lors de son interview accordée à l’Agence de presse Xinhua. Ce que vous avez évoqué fait partie de celle-ci. Nous l’avons résumée en « trois aspects à soutenir » et « trois scénarios à éviter ».

Pour les « trois aspects à soutenir », la Chine soutient les différents partis politiques du Myanmar dans leurs efforts pour trouver une voie de règlement politique des divergences par le dialogue dans le cadre constitutionnel et juridique et continuer de promouvoir le processus de transition démocratique durement acquis et adapté aux réalités du Myanmar ; la Chine soutient l’ASEAN dans la poursuite du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui et de la tradition du consensus négocié, dans ses efforts aux caractéristiques qui lui sont propres pour encourager le processus de réconciliation à l’intérieur du Myanmar et y participer de manière constructive en tant qu’organisation régionale mature ; la Chine soutient la tenue rapide d’une réunion spéciale des dirigeants de l’ASEAN pour discuter, dans la cadre de l’ASEAN, des moyens efficaces pour apaiser les tensions et résoudre les problèmes.

Quant aux « trois scénarios à éviter », il faut, premièrement, éviter de nouveaux conflits sanglants et de nouvelles victimes civiles, et l’aggravation, voire la perte de contrôle de la situation ; deuxièmement, éviter une intervention inappropriée du Conseil de Sécurité des Nations Unies susceptible d’abîmer la souveraineté du Myanmar et de compliquer davantage la situation ; et troisièmement, éviter que certaines forces extérieures n’attisent le feu, ne jettent l’huile sur le feu et ne déstabilisent la situation au Myanmar pour leurs intérêts égoïstes.

La Chine entretiendra les échanges et la consultation avec les parties concernées et travaillera avec l’ASEAN pour renforcer les efforts de la promotion des pourparlers, afin de tout mettre en œuvre pour stabiliser et apaiser sans tarder la situation au Myanmar.

Bloomberg : Le gouvernement philippin a déclaré la semaine dernière que des « structures illégales » avaient été découvertes sur l’atoll Union Banks près de Niu’e Jiao où des navires chinois s’étaient encore massés. Pourriez-vous confirmer si les « structures illégales » mentionnées par les Philippines ont été construites par la Chine ? La Chine envisage-t-elle de maintenir une présence permanente sur Niu’e Jiao ?

Zhao Lijian : En ce qui concerne la première question, je ne connais pas la situation que vous avez mentionnée et je n’ai pas entendu de telles nouvelles.

En ce qui concerne la deuxième question, je viens d’expliquer la position de la Chine en détail. Les bateaux de pêche chinois concernés opèrent dans les eaux concernées et se mettent à l’abri du vent, ce qui est une pratique constante depuis un millier d’années. Je ne sais pas pourquoi les parties concernées appellent les pêcheurs chinois comme de prétendues « milices maritimes ». Cette déclaration a des arrière-pensées et des intentions sinistres. Puisque quelques pays peuvent définir ce qui se passe au Xinjiang comme un « génocide » et des « crimes contre l’humanité », il n’est pas surprenant qu’ils désignent les pêcheurs chinois comme des « milices maritimes ». Ces manœuvres maladroites ne réussiront pas, et tout le monde peut le voir clairement.

Question de suivi : Ma question à l’instant ne portait pas sur l’identité des bateaux de pêche chinois près de Niu’e Jiao, mais sur la question de savoir si la Chine envisage d’y maintenir une présence permanente.

Zhao Lijian : Je viens de dire très clairement que la partie chinoise n’a pas un tel plan.

NHK : Hier, les Ministres des Affaires étrangères japonais et chinois ont eu un entretien téléphonique. Pourquoi la partie chinoise a pris l’initiative de proposer cet entretien ? Cet entretien a été organisé peu après celui entre les Ministres des Affaires étrangères de la Chine et de la République de Corée. Quelles en sont les considérations ? En outre, dans les dépêches publiées par la partie chinoise, les questions liées à Hong Kong et au Xinjiang n’ont pas été très couvertes. Quelles étaient les informations spécifiques que la Chine a envoyées au Japon ?

Zhao Lijian : Il est bien normal que les Ministres des Affaires étrangères chinois et japonais maintiennent des échanges sur les relations bilatérales et les questions internationales et régionales. Les deux parties ont organisé cet entretien téléphonique dans le but de préserver l’intérêt général des relations bilatérales marquées par une amélioration et un développement chèrement acquis.

Quant aux informations que la Chine a envoyées au Japon sur les questions liées à Hong Kong et au Xinjiang, lors de l’entretien téléphonique, la Chine a prioritairement souligné que les questions liées à Hong Kong et au Xinjiang relevaient des affaires intérieures de la Chine, et qu’elles ne toléreraient aucune ingérence étrangère. Le Japon doit regarder en face la réalité, se conformer aux normes fondamentales régissant les relations internationales, montrer son respect pour les affaires internes de la Chine surtout qu’il est un proche voisin, et s’abstenir de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine.

Question de suivi : L’entretien téléphonique entre les Ministres des Affaires étrangères japonais et chinois s’est tenu directement après celui entre les Ministres des Affaires étrangères de la Chine et de la République de Corée. Quelles en sont les considérations ?

Zhao Lijian : Il s’agit d’une communication diplomatique normale. Je ne vois aucun lien nécessaire entre ces deux choses.

TASS : Cette année marque le 20e anniversaire de la fondation du Forum de Boao pour l’Asie (FBA). Quels sont les commentaires du Ministère des Affaires étrangères sur l’influence de ce forum dans les domaines de la « diplomatie douce », de l’économie et du commerce ?

Zhao Lijian : La conférence annuelle du FBA se tiendra en ligne et hors ligne du 18 au 21 avril à Boao, Hainan. Selon des informations, plus de 2 000 personnes assisteront à l’événement hors ligne et des dizaines de dirigeants d’État, d’hommes politiques retraités et de chefs d’organisations internationales s’y joindront en ligne. Cette année marque le 20e anniversaire de la fondation du forum. Le thème de la conférence annuelle de cette année est à la fois une continuité de tradition et une innovation. Il y aura six grandes sections et des dizaines d’événements, couvrant des sujets d’actualité tels que la « double circulation », l’ouverture financière, la neutralité carbone, l’économie numérique et le développement durable.

Le FBA est une organisation de forum international initiée par 29 pays qui siège en Chine. L’intention initiale de sa fondation est de renforcer les échanges et la coopération entre les pays asiatiques et entre l’Asie et le reste du monde, et de promouvoir l’intégration économique en Asie.

Au cours des 20 années depuis sa fondation, le forum a activement encouragé les pays asiatiques à renforcer le dialogue et la coopération, et a joué un rôle unique dans la construction d’un consensus asiatique, la promotion du développement asiatique et la réalisation de la prospérité asiatique. Les rapports sur des sujets comme l’intégration économique asiatique publiés lors des réunions annuelles du forum constituent une référence importante pour les études sur le développement des principales économies asiatiques. En même temps, le forum continue d’élargir son « cercle d’amis », de mener des échanges et la coopération avec des pays du monde entier. Le FBA a également apporté sa sagesse à la résolution des problèmes mondiaux et à la promotion du développement et de la prospérité dans le monde.

En tant que pays hôte, le gouvernement chinois soutiendra comme toujours le développement du forum. Nous accueillerons favorablement la participation de tous les pays aux activités du forum afin que le forum puisse jouer un rôle encore plus important.

South China Morning Post : Les marines de France, des États-Unis, du Japon, d’Inde et d’Australie ont organisé des exercices navals conjoints dans le golfe du Bengale du 5 au 7 avril. C’est la première fois que l’Inde y participe. Selon des médias japonais, cela vise à contenir les activités maritimes de la Chine. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : J’ai noté les reportages concernés. La Chine est toujours d’avis que la coopération militaire entre les pays doit être favorable à la paix et à la stabilité dans la région.

Kyodo News : La République populaire démocratique de Corée (RPDC) a annoncé récemment qu’elle ne participerait pas aux Jeux Olympiques de Tokyo. Ma première question : la PRDC a-t-elle présenté à la Chine ses considérations sur la participation aux Jeux Olympiques d’hiver de Beijing ? Ma deuxième question : selon des informations, la RPDC est pour le moment le premier pays à décider de ne pas participer aux Jeux Olympiques de Tokyo. Nous savons que la Chine a exprimé à plusieurs reprises son soutien au Japon dans l’organisation des Jeux Olympiques de Tokyo comme prévu. La Chine participera-t-elle aux Jeux Olympiques de Tokyo ?

Zhao Lijian : Pour la première question, nous avons remarqué les reportages concernés. Veuillez vérifier les informations détaillées auprès du pays concerné.

Concernant la deuxième question, je peux vous dire clairement que la Chine soutient le Japon dans ses efforts pour organiser sans entrave les Jeux Olympiques de Tokyo.

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