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Conférence de presse du 10 mars tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2017/03/10

Sur l'invitation du Ministre Wang Yi, le Ministre des Relations extérieures et de la Coopération internationale du Burundi Alain Aimé Nyamitwe effectuera du 13 au 19 mars une visite officielle en Chine.

Il s'agit de la première visite officielle en Chine du Ministre Alain Aimé Nyamitwe lors de laquelle il s'entretiendra avec son homologue chinois M. Wang Yi. Les deux Ministres auront des échanges de vues approfondis sur les relations sino-burundaises et les questions internationales et régionales d'intérêt commun et signeront ensemble un accord sur l'établissement du mécanisme de consultations entre les deux Ministères.

La Chine et le Burundi sont liés par une amitié ancienne. Ces dernières années, la confiance politique mutuelle entre les deux pays ne cesse de se renforcer et leur coopération en matière d'infrastructures, de santé, d'éducation et de culture a porté des fruits abondants. Nous sommes convaincus que cette visite du Ministre Alain Aimé Nyamitwe contribuera à la consolidation de l'amitié traditionnelle et à l'approfondissement de la coopération mutuellement bénéfique entre les deux pays pour que les relations sino-burundaises donnent des résultats encore plus fructueux au plus grand bénéfice des deux peuples.

Q : Aujourd'hui, la Cour constitutionnelle de la République de Corée a validé la motion de destitution contre la Présidente Park Geun-hye. Quels sont vos commentaires là-dessus ? La Chine a exprimé son mécontentement sur certaines politiques adoptées par l'ancienne Présidente durant son mandat telles que le déploiement du système THAAD et la signature avec le Japon de l'Accord sur la protection des renseignements militaires. La République de Corée tiendra bientôt l'élection présidentielle. Que la Chine attend-elle de cette élection ?

R : Nous avons noté cette information. Concernant la motion de destitution, comme il s'agit d'une affaire intérieure de la République de Corée, nous n'avons pas de commentaire à faire. En tant que pays voisin, la Chine espère voir la République de Corée maintenir la stabilité politique.

Quant à notre appréciation de l'ancienne Présidente Park Geun-hye, comme nous l'avons dit auparavant, elle a beaucoup travaillé pour la promotion des relations entre la Chine et son pays. Ses efforts sont appréciés à leur juste valeur par la partie chinoise. En même temps, tout comme vous l'avez dit, durant le mandat présidentiel de Mme Park Geun-hye, le gouvernement de la République de Corée a pris la décision d'autoriser le déploiement du système de missiles antibalistiques THAAD sur son territoire, ce qui a porté atteinte au développement des relations entre la Chine et la République de Corée et nous y avons exprimé clairement notre opposition.

Sur la question du THAAD, la position très claire et très ferme de la Chine n'a pas varié.

Q : Le Secrétaire philippin à la défense a fait savoir récemment que des bateaux chinois sont apparus dans les eaux au large de « Benham Rise » qui, selon lui, est une partie du territoire philippin confirmée par les Nations Unies. Il a exprimé la forte préoccupation de son pays à cet égard. Quels sont vos commentaires à ce sujet ?

R : La même question avait été posée hier et à laquelle je n'ai pas réagi. Après la conférence d'hier, nous nous sommes renseignés et nous avons vérifié les informations, je voudrais souligner aujourd'hui les points suivants :

Premièrement, la Commission des limites du plateau continental des Nations Unies a examiné et approuvé en 2012 la demande soumise par les Philippines en 2009 relative aux limites de leur plateau continental au-delà de 200 milles marins à partir de « Benham Rise ». Cela a donné aux Philippines le droit de prospection et d'exploitation des ressources naturelles à « Benham Rise », mais, cela ne signifie pas pour autant qu'ils peuvent en faire une partie de leur territoire.

Deuxièmement, selon le droit international dont la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, les droits d'un État côtier sur son plateau continental n'affectent pas le régime juridique des eaux surjacentes ou de l'espace aérien situé au-dessus de ces eaux, ni la liberté de navigation dont jouissent les bateaux étrangers dans sa zone économique exclusive et dans la haute mer ainsi que leur droit de passage inoffensif dans ses eaux territoriales dans le cadre du droit international.

Troisièmement, les autorités compétentes nous ont confirmé le passage, l'année dernière, des bateaux de recherches scientifiques chinois par les eaux au nord-est de l'île philippine de Luzon, mais, il s'agissait purement de l'exercice normal de la liberté de navigation et du droit de passage inoffensif et aucune autre activité ou opération n'a été menée. Les propos de la personnalité philippine concernée ne correspondent pas à la réalité.

Quatrièmement, les services diplomatiques de la Chine et des Philippines ont échangé leurs vues de façon amicale en janvier dernier sur les préoccupations philippines à l'égard des activités des bateaux de recherches scientifiques chinois, ce qui a permis de clarifier les faits et d'y apporter des solutions adéquates.

Cinquièmement, grâce aux efforts communs des deux pays, leurs divergences ont été réglées de façon adéquate. Les relations sino-philippines affichent une bonne dynamique et la coopération pragmatique dans de divers domaines se développe rapidement, ce qui est dans l'intérêt des deux pays et des deux peuples et répond au souhait des pays de la région et de la plupart des pays du monde épris de paix. Nous espérons que la personnalité philippine concernée pourra arrêter d'exploiter ce genre d'informations infondées et travailler plutôt pour contribuer à la confiance mutuelle entre les deux pays.

Q : Selon les médias pakistanais, cinq officiels de haut rang des talibans sont venus effectuer une visite en Chine en février dernier sur l'invitation du gouvernement chinois. Pourriez-vous le confirmer ? Quels étaient les sujets abordés ?

R : Je ne sais pas ce que vous dites. Nous soutenons depuis toujours le processus de paix et de réconciliation « des Afghans et conduit par les Afghans » en Afghanistan, et nous soutenons et encourageons le lancement rapide d'un dialogue de paix par le gouvernement d'union nationale d'Afghanistan avec les talibans dans le but de réaliser au plus tôt la réconciliation nationale et de rétablir la paix et la stabilité. La Chine a des contacts avec tous les acteurs impliqués et entend continuer à jouer son rôle constructif et actif sur ce dossier.

Q : Selon certaines sources, des bateaux chinois qui seraient allés en République de Corée ont changé de destination pour se rendre au Japon. S'agit-il d'une mesure de représailles discriminatoire contre la République de Corée ? Est-ce que cette mesure vise intentionnellement la République de Corée ?

R : Je ne sais pas ce que vous dites. Beaucoup de questions de ce genre nous ont été posées ces derniers temps. Je crois que vous connaissez tous très bien la position de la Chine sur la question de THAAD et je n'ai pas besoin de la répéter.

Par contre, j'aimerais souligner que la Chine et la République de Corée sont voisins importants l'une pour l'autre. Depuis l'établissement de leurs relations diplomatiques il y a 25 ans, grâce aux efforts de part et d'autre, les relations entre les deux pays ont réalisé des progrès considérables. La Chine est aujourd'hui le premier partenaire commercial, la première destination des investissements à l'étranger, le premier fournisseur d'étudiants étrangers et la première destination touristique étrangère de la République de Corée qui est, quant à elle, un des partenaires les plus importants de la Chine dans les domaines du commerce, de l'investissement et des échanges socioculturels. Ce sont des fruits de durs efforts qui doivent être soigneusement préservés.

Actuellement, les relations entre les deux pays connaissent des difficultés et rencontrent des problèmes, nous en sommes navrés. Comme vous le savez tous, le nœud du problème qui affecte les relations entre les deux pays réside dans le fait que la République de Corée, faisant fi des préoccupations chinoises, collabore avec les États-Unis pour le déploiement du système THAAD sur son territoire. Nous invitons encore une fois la partie coréenne à tenir compte avant tout des intérêts des peuples chinois et coréen et de l'intérêt général de la coopération entre les deux pays, à prendre au sérieux les préoccupations de la Chine, à écouter l'opinion publique et à mettre fin au processus du déploiement pour lever les obstacles au développement sain des relations sino-coréennes.

Q : Selon certaines sources, le Secrétaire philippin à la défense Delfin Lorenzana a affirmé le 9 mars que la Chine avait l'intention de mener des travaux de poldérisation dans l'île Huangyan et a finalement renoncé au projet sur les conseils des États-Unis. Veuillez confirmer cette information. Quelle est votre réaction à ces propos ?

R : Nous avons exposé à plusieurs reprises notre position sur cette question. Maintenant que la personnalité philippine concernée a soulevé de nouveau cette question, je voudrais ici réaffirmer ce qui suit :

Quoi que la Chine fasse ou ne fasse pas sur l'île Huangyandao, cela relève de sa souveraineté. Il n'y a aucun doute que nous allons traiter adéquatement les questions concernées.

Actuellement, les relations sino-philippines affichent un bon élan de développement et la coopération pragmatique dans les divers domaines progresse rapidement. Les deux pays travaillent aujourd'hui pour une confiance politique sans cesse renforcée et une coopération mutuellement bénéfique toujours plus approfondie, conformément au consensus dégagé par les dirigeants des deux pays qui consiste à poursuivre le bon voisinage, à régler adéquatement les divergences et à réaliser un développement partagé. Dans ce contexte, nous espérons que la personnalité philippine concernée pourra cesser les conjectures infondées, arrêter de faire du tapage, et travailler plutôt en faveur du renforcement de la confiance mutuelle et du développement des relations entre les deux pays.

Q : Le secrétariat chinois pour la coopération Lancang-Mékong (LMC) a été officiellement créé ce matin. Pourriez-vous nous donner plus d'informations là-dessus ? En mars dernier, la première réunion des dirigeants de la LMC s'est tenue avec succès à Sanya, marquant le lancement formel de ce mécanisme de coopération. Quels sont les progrès réalisés depuis un an ?

R : Le Secrétariat chinois pour la coopération Lancang-Mékong a été officiellement créé ce matin. Il est investi de quatre fonctions, à savoir la planification, la coordination, la concrétisation et la sensibilisation. La création de ce secrétariat favorisera une participation plus poussée des différents acteurs à cette coopération.

La LMC est un nouveau mécanisme de coopération sous-régionale décidé, construit et dont les fruits sont partagés par la Chine et les pays riverains du Mékong. Actuellement, la LMC est entrée dans une phase de concrétisation sur tous les plans. Des progrès positifs ont été enregistrés dans l'édification institutionnelle et la coopération pragmatique, et cette coopération a montré toute sa vitalité et son énorme potentiel. Plus de la moitié des 45 projets adoptés par la première réunion des dirigeants ont été réalisés ou sont en cours de concrétisation. Les travaux préparatifs avancent bien concernant les trois centres de coopération destinés respectivement aux ressources en eau, à l'environnement et à la sécurité et l'application de la loi, et beaucoup d'autres projets et initiatives progressent dans d'heureuses conditions. Le Fonds spécial pour la coopération Lancang-Mékong est entré en opération et les six pays membres ont présenté activement des projets pour en bénéficier. Des secrétariats nationaux ont été créés successivement au Laos et en Chine. Tout cela montre que la LMC se traduit déjà par des actions concrètes et avance très rapidement.

La Chine entend renforcer la coordination des stratégies et approfondir la coopération pragmatique avec les pays riverains du Mékong et travailler ensemble avec eux pour faire avancer la LMC, bâtir un corridor de coopération, faire de cette coopération une plate-forme importante de la concrétisation de l'initiative « Ceinture et Route », contribuer davantage au développement des pays membres de la LMC et au bien-être de leurs peuples et donner une impulsion à la construction de l'ASEAN.

Q : Lors de sa conférence de presse en marge des « sessions annuelles de l'APN et de la CCPPC », le Ministre Wang Yi a réaffirmé que pour résoudre la question de la Péninsule coréenne, il fallait s'en tenir à une « approche à double voie » qui consiste à réaliser en parallèle la dénucléarisation de la Péninsule et le remplacement de l'armistice par un mécanisme de paix. Il a aussi avancé la proposition de « suspension contre suspension », c'est-à-dire la suspension par la RPDC de son programme de missiles nucléaires contre la suspension par les États-Unis et la République de Corée de leurs manœuvres militaires d'envergure. Les États-Unis et la République de Corée ne semblent pas très favorables à cette proposition. Comment y réagissez-vous ? Croyez-vous toujours que cette proposition reste valable ?

R : La proposition de « suspension contre suspension » et l'idée d'une « approche à double voie » avancées par le Ministre Wang Yi lors de sa conférence de presse en marge des « sessions annuelles de l'APN et de la CCPPC » forment un ensemble. La « suspension contre suspension » vise à apaiser les tensions actuelles dans la Péninsule et à réaliser une percée en vue de la reprise du dialogue alors que l'« approche à double voie » a pour objectif de faire avancer le processus de la dénucléarisation et de réaliser une paix et une stabilité durables dans la Péninsule et dans la région.

La question de la Péninsule coréenne est très complexe. Les parties concernées manquent sérieusement de confiance mutuelle. Seule une solution qui tient compte des préoccupations de toutes les parties pourrait régler durablement, définitivement et efficacement cette question. La « suspension contre suspension » et l'« approche à double voie » avancées par la Chine répondent aux préoccupations les plus pressantes des différentes parties et reflètent la réalité dans la Péninsule, s'attaquent aux points clés des problèmes actuels, vont dans le sens des résolutions du Conseil de Sécurité relatives à la RPDC, et sont donc des propositions objectives, équitables, pertinentes et réalistes.

Nous espérons que les différentes parties concernées pourront unir leurs efforts autour de l'objectif ultime que sont la préservation de la paix et de la stabilité dans la Péninsule et la dénucléarisation de la Péninsule, rejeter la vieille logique, faire preuve de pragmatisme et de raison pour examiner sérieusement les initiatives et pistes de réflexion avancées par la Chine et y apporter une réponse constructive.

En même temps, nous sommes ouverts à toute initiative permettant de débloquer la situation dans la Péninsule et nous sommes prêts à écouter des propositions plus pertinentes et à poursuivre les discussions avec les parties concernées pour jouer un rôle constructif et œuvrer à la création des conditions favorables à la reprise du dialogue sur ce dossier.

Q : Selon le Ministre chilien des Affaires étrangères, le Chili tiendra les 14 et 15 mars la réunion des États membres de l'Accord de partenariat transpacifique (TPP) et la Chine sera invitée. La Chine acceptera-t-elle cette invitation ? Si oui, qui la représentera à cette réunion ?

R : Nous soutenons l'intégration économique en Asie-Pacifique. Nous entendons renforcer le dialogue et la coordination avec le Chili et les autres pays concernés et travailler pour la création d'une zone de libre-échange et une économie ouverte en Asie-Pacifique afin de jeter une nouvelle vitalité au développement sain de l'économie en Asie-Pacifique et dans le monde. Nous espérons voir cette réunion contribuer à la réalisation de ces objectifs. À ma connaissance, les autorités compétentes sont en train d'examiner la participation chinoise.

Q : La Cour constitutionnelle de la République de Corée a validé la motion de destitution contre la Présidente Park Geun-hye. Quels seront les impacts sur les relations entre la Chine et la République de Corée et surtout sur le processus du déploiement du système THAAD ? Que pensez-vous de l'avenir de ces relations ?

R : J'ai déjà répondu à cette question tout à l'heure.

La motion de destitution que vous avez évoquée relève des affaires intérieures de la République de Corée et je n'ai pas de commentaire à faire. Nous souhaitons voir la République de Corée maintenir sa stabilité politique.

Concernant la question du système THAAD, notre position est très claire, ferme et sans aucune ambigüité, et elle n'a pas varié.

Quant aux relations entre la Chine et la République de Corée, les deux pays sont des voisins proches. Personne ne peut changer cette réalité. Depuis l'établissement de leurs relations diplomatiques il y a 25 ans, grâce aux efforts de part et d'autre, des progrès considérables ont été réalisés dans leurs relations bilatérales et des bénéfices tangibles ont été apportés aux deux peuples. Nous gardons toujours une attitude favorable et ouverte aux échanges et à la coopération avec la République de Corée. Cette position n'a pas varié. Tout comme je viens de le dire, le plus grand obstacle au développement des relations entre les deux pays, c'est la question du THHAD. Nous espérons que la République de Corée pourra prendre au sérieux les préoccupations de la Chine, écouter la voix du peuple, privilégier effectivement l'intérêt général de la coopération bilatérale et de la paix et de la stabilité régionales, mettre fin au processus du déploiement et lever les obstacles au retour des relations bilatérales à une voie de développement normal.

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