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Conférence de presse du 24 janvier 2017 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2017/01/24

Q: Hier, le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a dit que si les îles et récifs concernés en Mer de Chine méridionale se situaient dans les eaux internationales, les États-Unis travailleraient pour assurer que les intérêts internationaux ne soient pris par un seul pays. En êtes-vous inquiète ?

R : La position de la Chine sur la question de la Mer de Chine méridionale est claire, constante et inchangée. La Chine possède une souveraineté incontestable sur les Nansha Qundao et les eaux avoisinantes. Elle défend avec détermination sa souveraineté territoriale et ses droits et intérêts maritimes en Mer de Chine méridionale et travaille en même temps à résoudre pacifiquement les différends concernant la Mer de Chine méridionale par des négociations avec les autres pays directement concernés. La Chine préserve résolument la liberté de navigation dont les différents pays jouissent en vertu du droit international ainsi que la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale.

Les États-Unis ne sont pas partie intéressée dans les différends concernant la Mer de Chine méridionale. Nous exhortons la partie américaine à respecter les faits, à faire preuve de prudence en parole et en acte et à se garder de compromettre la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale.

Q: Sur l'affaire des livres aux idées droitistes distribués par le groupe hôtelier japonais APA, le maire de Nagoya Takashi Kawamura a fait savoir que si les soldats japonais avaient véritablement tué 300 milles habitants à Nanjing, le Japon devrait s'agenouiller pour s'excuser, mais si tout ça n'avait pas eu lieu, le Japon devrait répliquer. Selon lui, le soi-disant massacre de Nanjing n'a jamais eu lieu. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Sur la question relative au groupe hôtelier APA, nous avons présenté à plusieurs reprises notre position solennelle. Face à la provocation d'une poignée de Japonais d'extrême droite, l'Administration nationale du Tourisme de Chine a annoncé des mesures demandant à toutes les agences du tourisme et plates-formes de services touristiques sur Internet de Chine de rompre totalement leur coopération avec le groupe APA, de cesser de choisir APA comme hôtel local, de ne vendre aucun produit touristique du groupe APA et de retirer les publicités y relatives et appelant les groupes et touristes chinois voyageant au Japon à ne pas consommer dans les hôtels APA en réponse à la pratique erronée du groupe APA.

J'aimerais ajouter que la Chine a la volonté de développer des échanges amicaux avec le Japon, mais qu'elle n'admettra jamais les provocations flagrantes qui déforment l'Histoire et blessent le sentiment du peuple chinois. Quiconque agit à sa guise doit en payer le prix.

En ce qui concerne les propos du maire de Nagoya, j'aimerais lui dire que le massacre de Nanjing a effectivement eu lieu dans l'histoire et la communauté internationale a rendu un verdict sur ce drame il y a longtemps. À lui de faire ce qu'il a promis.

Q : Hier, le Président américain Donald Trump a signé le Mémorandum présidentiel sur le retrait des États-Unis des négociations et de l'Accord de partenariat transpacifique (TPP). Certes, la Chine n'est pas invitée à adhérer à cet accord, mais elle travaille à promouvoir les arrangements de libre-échange auxquels elle est partie. Quelle est votre réaction à la décision américaine ? Est-ce une bonne nouvelle pour la Chine ? Deuxième question, selon des analystes, cette décision du Président Donald Trump fait croire que sa future politique sur les affaires internationale apportera plus d'opportunités à la Chine, qui jouerait un rôle leader plus important dans les affaires internationales sur les plans politiques, économiques et commerciales. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Sur la première question, la Chine préconise toujours le développement des arrangements régionaux de libre-échange ouverts, transparents et mutuellement bénéfiques et l'élaboration par toutes les parties concernées à travers des consultations d'égal à égal des règles commerciales qui puissent refléter l'esprit du gagnant-gagnant et préserver les intérêts communs de tous. Nous voulons travailler ensemble avec les autres parties, en tenant pleinement compte des différences et de la diversité des économies de la région, à continuer à faire avancer, dans un esprit de l'ouverture, de l'inclusivité et de la transparence, l'intégration économique en Asie-Pacifique, les négociations sur l'accord de partenariat économique régional intégral (RCEP) et la construction de la zone de libre-échange en Asie-Pacifique, de sorte à donner une nouvelle impulsion au développement économique en Asie-Pacifique et dans le monde.

Sur la deuxième question, à mon avis, le mot « responsabilité » est plus pertinent que « leader ». Du Sommet du G20 à Hangzhou au Forum économique mondial de Davos en passant par la Réunion informelle des dirigeants de l'APEC à Lima, les positions, les messages et les engagements de la Chine sont cohérents et constants et elle a toujours joué le rôle qui lui incombe. Nous entendons travailler ensemble avec les autres pays dans la solidarité pour surmonter les difficultés, résoudre les problèmes, assumer nos responsabilités et apporter notre part de contribution au développement et à la prospérité communs dans le monde.

Q : Après la signature par le Président américain Donald Trump du Mémorandum présidentiel sur le retrait des États-Unis du TPP, le Ministre du Commerce australien Steve Ciobo a fait savoir aujourd'hui son souhait de voir la Chine et d'autres pays asiatiques y participer et sauver l'accord. Comment voyez-vous cette proposition ?

R : Je viens de vous présenter notre point de vue sur le retrait des États-Unis du TPP. Pour répondre à votre question, j'aimerais ajouter encore quelques mots. Comme vous l'avez constaté, l'économie mondiale reste fragile, et le commerce et l'investissement, moroses. L'Asie-Pacifique doit continuer à jouer un rôle moteur dans l'économie mondiale et bâtir une économie ouverte pour contribuer à la croissance économique mondiale. Il convient de poursuivre la voie du développement ouvert, inclusif et interconnecté et de rechercher la coopération gagnant-gagnant quelles que soient les circonstances. Les dirigeants de l'APEC ont défini les perspectives et le plan pour la construction de la zone de libre-échange en Asie-Pacifique et nous estimons qu'il faut continuer à faire avancer énergiquement ce processus. Des progrès importants ont été réalisés dans les négociations sur le RCEP. Il est important de les finaliser rapidement pour insuffler une nouvelle dynamique au développement économique en Asie-Pacifique et dans le monde.

Q : Nous voyons que la Chine n'est pas contre le TPP, même le considère comme une bonne chose. Est-ce que cela veut dire que la Chine n'exclue pas la possibilité d'une adhésion ?

R : Comme je viens de l'indiquer, nous soutenons toujours le développement d'arrangements régionaux de libre-échange ouverts, transparents et mutuellement bénéfiques. Les économies d'Asie-Pacifique sont diversifiées et différentes. Nous estimons que toutes les parties doivent faire valoir l'esprit de l'ouverture, de l'inclusivité et de la transparence et continuer à faire avancer l'intégration économique en Asie-Pacifique, les négociations sur le RCEP et la construction de la zone de libre-échange en Asie-Pacifique, de sorte à donner une nouvelle impulsion au développement économique en Asie-Pacifique et dans le monde.

Q : Sur la question de la Mer de Chine méridionale, vous avez souligné la nécessité de préserver la liberté de navigation. Est-ce que cela s'applique aussi aux navires militaires américains passant par la Mer de Chine méridionale ? L'administration de Donald Trump pense que oui. Quelle est votre position sur ce sujet ?

R : Cette question n'est pas nouvelle. Nous soulignons constamment que la Chine préserve fermement la liberté de navigation en Mer de Chine méridionale dont jouissent les pays en vertu du droit international, mais s'oppose à ce qu'on agisse à sa guise au détriment de la souveraineté et de la sécurité des pays riverains.

Q : Selon des observateurs, les déclarations de l'administration du Président Donald Trump sur la question de la Mer de Chine méridionale pourraient aggraver les tensions, voire provoquer des incidents entre la Chine et les États-Unis. En êtes-vous préoccupée ?

R : Les propos, les actions et les politiques de la nouvelle administration américaine sont très suivis par les autres pays du monde. Notre position sur la question de la Mer de Chine méridionale est claire et constante et nos actions en Mer de Chine méridionale sont légitimes et justifiées. Quoi qu'il arrive dans les pays concernés et quoi qu'ils disent ou envisagent de faire, la détermination de la Chine à défendre sa souveraineté territoriale et ses droits et intérêts maritimes en Mer de Chine méridionale reste inchangée, de même que sa volonté de résoudre pacifiquement les différends concernant la Mer de Chine méridionale par des négociations avec les autres pays directement concernés.

En réalité, comme vous l'avez constaté, grâce aux efforts communs de la Chine et des pays concernés de l'ASEAN, la situation en Mer de Chine méridionale s'est apaisée. La Chine et les pays concernés de l'ASEAN sont parvenus à un consensus important, celui de résoudre les problèmes selon l'approche « à double voie ». Tout pays responsable doit se réjouir de cette bonne dynamique et jouer un rôle actif et constructif dans la préservation et la promotion de la paix et de la stabilité dans la région.

Q : Durant ses campagnes, le Président Donald Trump a fait des promesses comme, entre autre, de quitter le TPP, d'imposer éventuellement des droits de douane à 45% sur les marchandises importés de la Chine et de mettre la Chine sur la liste des manipulateurs du taux de change. Il a aussi souligné que la coopération économique et commerciale sino-américaine devait être « à double sens ». Vu qu'il a traduit en acte ses paroles sur le retrait du TPP. Craignez-vous qu'il ne traduise d'autres promesses en actions concrètes ?

R : Toutes les parties suivent de près l'évolution des politiques de la nouvelle administration américaine. Nous espérons que ses politiques profiteront non seulement à la stabilité et à la prospérité aux États-Unis, mais aussi à la paix, à la stabilité et au développement dans le monde.

Sur la question de savoir si la Chine est préoccupée par les politiques américaines sur les droits de douane, nous avons indiqué à plusieurs reprises que la relation économique et commerciale sino-américaine était de nature mutuellement bénéfique, avec les chiffres à l'appui. La guerre commerciale et la confrontation ne feront aucun gagnant et porteront aussi atteinte aux intérêts des autres pays. La Chine et les États-Unis ont à travailler ensemble pour élargir leur coopération économique et commerciale, créer un cadre commercial équitable et gérer adéquatement les frictions commerciales sur la base du respect mutuel et du gagnant-gagnant afin de maintenir un développement soutenu, sain et stable de la relation économique et commerciale bilatérale.

Sur la question du taux de change, veuillez vous renseigner auprès du département compétent. Je tiens à souligner le principe de cette question, la Chine n'a pas l'intention de dévolariser le renminbi pour accroître sa compétitivité, encore moins de déclencher en premier une guerre monétaire. Elle travaillera résolument à faire progresser la réforme du taux de change du renminbi sur la base du marché et à maintenir une certaine stabilité de sa monnaie nationale à un niveau rationnel et équilibré. Nous voulons rester en communication et concertation avec la partie américaine pour préserver la coopération normale entre les deux pays.

En ce qui concerne le cadre d'investissement, comme nous l'avons indiqué, selon les statistiques du Ministère du Commerce chinois, les investissements américains réalisés en Chine ont augmenté de 53,6% en 2016 par rapport à 2015. L'ouverture du marché chinois se fait remarquer par sa vitesse et son ampleur. La Chine est désormais un des pays en développement les plus ouverts du monde. Elle s'efforce d'élargir encore davantage la réforme et l'ouverture. Les investisseurs étrangers sont les bienvenus en Chine. Nous allons créer pour eux plus d'opportunités et un meilleur cadre d'investissement et nous espérons aussi que les autres pays pourront ouvrir leurs marchés aux investisseurs chinois et créer un environnement équitable, transparent et ouvert favorable à la coopération dans les domaines du commerce et de l'investissement.

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