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Conférence de presse du 19 janvier 2017 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2017/01/19

Q : Le Vice-Ministre des Affaires étrangères Liu Zhenmin a effectué une visite aux Philippines. Est-ce que les deux parties ont parlé de la question de la Mer de Chine méridionale ? Comment la Chine voit-elle le développement futur des relations sino-philippines ?

R : Les 17 et 18 janvier, le Vice-Ministre des Affaires étrangères Liu Zhenmin a effectué une visite aux Philippines. Il a coprésidé le 20e tour des consultations diplomatiques Chine-Philippines avec le Sous-Secrétaire philippin aux Affaires étrangères Enrique Manalo et rencontré le Président philippin Rodrigo Duterte. Les informations concernées ont été publiées.

Lors de son entrevue avec le Vice-Ministre Liu Zhenmin, le Président Rodrigo Duterte a salué l’amélioration et le développement des relations sino-philippines depuis l’année dernière et s’est dit satisfait des progrès enregistrés sur tous les plans dans les relations bilatérales depuis sa visite en Chine de l’année dernière. En mai prochain, le Président Rodrigo Duterte viendra à Beijing participer au Forum sur l’initiative « Ceinture et Route » pour la coopération internationale et il espère avoir un entretien avec le Président Xi Jinping.

Durant les consultations, les deux parties ont eu des échanges de vues francs et approfondis sur la question de la Mer de Chine méridionale et dégagé de larges consensus. Les participants sont unanimes à estimer que la question de la Mer de Chine méridionale n’est qu’une toute petite partie des relations d’amitié sino-philippines qui se renforcent sans cesse, et qu’il faut poursuivre le dialogue et la concertation pour la régler de manière pacifique. Avant le règlement définitif de la question, les deux pays doivent gérer adéquatement les divergences, promouvoir la coopération pragmatique maritime et créer un climat favorable pour le développement sain et régulier des relations bilatérales. Les deux parties sont convenues de continuer à travailler avec les autres pays de l’ASEAN à mettre en œuvre de manière globale et effective la Déclaration sur la conduite des parties en Mer de Chine méridionale (DOC), à faire progresser les consultations sur le « Code de conduite en Mer de Chine méridionale » (COC), à élaborer un projet-cadre du COC avant le milieu de l’année ainsi qu’à conclure le COC dans les meilleurs délais sur la base du principe de consensus. Par ailleurs, les deux parties se sont mises d’accord sur l’établissement du mécanisme de consultations bilatérales sur la question de la Mer de Chine méridionale pour avoir des échanges sur les questions d’intérêt commun et la promotion de la coopération et de la sécurité maritimes.

La Chine entend continuer à travailler ensemble avec les Philippines à mettre en œuvre les consensus importants dégagés entre les deux Chefs d’État, à maintenir d’étroits échanges de haut niveau, à relancer des mécanismes de coopération, à promouvoir de manière approfondie la coopération pragmatique dans différents domaines, à faire bénéficier plus de fruits de coopération aux deux pays et aux deux peuples et à faire accéder les relations sino-philippines à un nouveau palier. De plus, la Chine accordera un soutien agissant aux Philippines qui assument cette année la présidence tournante de l’ASEAN. Et nous espérons promouvoir un plus grand développement de la coopération Chine-ASEAN à l’occasion du cinquantenaire de l’ASEAN.

Q : Tsai Ing-wen a affirmé aujourd’hui que Taiwan enverrait une délégation à la cérémonie d’investiture du nouveau Président américain Donald Trump. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Comme je l’ai dit hier, quel qu’en soit le prétexte, nous nous opposons à ce que les autorités de Taiwan envoient des délégations aux États-Unis pour mener des activités perturbant et compromettant les relations sino-américaines. Nous exhortons une fois de plus les parties concernées des États-Unis à ne pas permettre la participation de la prétendue délégation des autorités de Taiwan à la cérémonie d’investiture du Président américain et à s’abstenir d’avoir toute forme de contact officiel avec Taiwan.

Q : Premièrement, le Secrétaire au Commerce nommé des États-Unis Wilbur Ross a, lors de son audience de confirmation au Sénat, accusé la Chine d’être le pays le plus protectionniste, estimant qu’elle parle souvent du libre-échange sans le pratiquer autant. Quels sont vos commentaires là-dessus ? Deuxièmement, l’ancien Premier Ministre malaisien Mahathir Bin Mohamad a récemment critiqué un projet d’investissement chinois dans l’immobilier en Malaisie. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Concernant votre première question, ces derniers jours, tout le monde parle du discours qu’a prononcé le Président Xi Jinping à la cérémonie d’ouverture de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos. Les personnalités des différents milieux de la communauté internationale apprécient hautement les idées et propositions importantes qu’il a avancées dans le discours, et saluent les actions et le sens de responsabilité de la Chine. Dans le contexte actuel, tout le monde voit clair qui travaille sincèrement à promouvoir la libéralisation du commerce et de l’investissement et qui pratique le protectionnisme. La réponse est peut-être le contraire de ce qu’a dit M. Wilbur Ross.

Concernant votre deuxième question, la coopération économique et commerciale étroite et les investissements croisés qui augmentent chaque année entre la Chine et la Malaisie ont apporté aux deux peuples des bénéfices tangibles. La Chine soutient les entreprises chinoises dans leurs investissements et leur coopération économique et commerciale avec la Malaise selon les principes du commerce pour réaliser le bénéfice mutuel et le développement partagé. S’agissant des propos tenus par M. Mahathir Bin Mohamad, nous avons noté que le gouvernement malaisien y avait répondu.

Q : La cérémonie d’investiture de M. Donald Trump aura lieu demain. Quels sont vos commentaires là-dessus ? Comment la Chine va-t-elle coopérer avec la nouvelle administration américaine pour promouvoir les relations Chine-États-Unis ?

R : Nous suivons de près la cérémonie d’investiture du nouveau Président américain qui aura lieu le 20 janvier. Quant à nos attentes à l’égard de nos relations avec les États-Unis après la prise de fonctions de la nouvelle administration américaine, nous avons présenté notre position à plusieurs reprises ces derniers temps.

Les relations sino-américaines sont les relations bilatérales les plus importantes au monde. Le maintien du développement sain et stable des relations entre la Chine et les États-Unis, qui sont respectivement le plus grand pays en développement et le plus grand pays développé, et qui sont aussi les deux plus grandes économies du monde, correspond aux intérêts communs des deux peuples. Le développement des relations sino-américaines ces dernières années prouve pleinement que les intérêts communs dépassent largement les divergences entre la Chine et les États-Unis et que la coopération sino-américaine permet de réaliser de grands accomplissements au bénéfice des deux pays et du monde. Que ce soit pour les intérêts des deux pays et des deux peuples, ou pour la paix, la stabilité et le développement du monde, nous espérons et nous avons la ferme conviction que les deux parties travailleront ensemble à engager les relations sino-américaines dans la bonne direction de développement sain et régulier.

Quant aux problèmes et divergences entre les deux parties, il faut se parler et se communiquer de manière constructive pour mieux connaître l’intention de part et d’autre et éviter les erreurs d’interprétation et les malentendus. Il convient de gérer les divergences de manière constructive pour assurer l’intérêt général du développement sain et régulier des relations sino-américaines. Nous souhaitons travailler ensemble avec la nouvelle administration américaine selon le principe du non-conflit, de la non-confrontation, du respect mutuel et de la coopération gagnant-gagnant à continuer à élargir la coopération sur les plans bilatéral, régional et planétaire et dans différents domaines de manière à promouvoir un plus grand développement des relations sino-américaines sur un nouveau point de départ.

Q : La chaîne hôtelière japonaise APA a refusé de retirer les livres aux idées de droite niant le massacre de Nanjing. Sur ce, le Secrétaire général du Cabinet japonais Yoshihide Suga a fait savoir le 18 janvier que le passé douloureux ne devait pas être un sujet auquel on prêtait trop d’attention. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : J’ai présenté la position de la Chine sur ce sujet il y a deux jours. Pour répondre aux propos qu’a tenus M. Yoshihide Suga, je veux dire qu’on ne peut avoir de belles perspectives que lorsqu’on se souvient du passé. Oublier le passé, c’est trahir ; nier les crimes, c’est en commettre un autre. Je propose à ceux qui s’obstinent dans des conceptions historiques erronées au Japon à visiter le Mémorial du Massacre de Nanjing en Chine pour retrouver leur bonne conscience.

Q : Le Président Xi Jinping a affirmé à Genève que la Chine avait décidé de donner une aide humanitaire pour aider les réfugiés syriens. À qui sera accordée cette aide ?

R : Le gouvernement chinois suit de très près la situation humanitaire en Syrie et accorde toujours du soutien et des aides sous différentes formes pour atténuer la crise humanitaire causée par la question syrienne. Hier, le Président Xi Jinping a annoncé la décision chinoise d’accorder une nouvelle aide humanitaire aux réfugiés et personnes déplacées syriens. Veuillez vous renseigner auprès des autorités compétentes sur les dispositions concrètes.

Q : La transition du pouvoir en Gambie tombe dans une impasse et la CEDEAO envisage une intervention militaire. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : La Chine a noté l’évolution de la situation en Gambie après les élections présidentielles et appelle les différentes parties concernées à garder le sang-froid, à prendre en compte les intérêts du pays et du peuple et à régler adéquatement l’actuelle crise politique par voie de dialogue et de consultations politiques pour préserver la paix et la stabilité dans le pays.

Vu que la situation est complexe en Gambie après les élections présidentielles et qu’il y a des risques sécuritaires d’une éventuelle urgence, la Gambie a déclaré le 7 janvier l’état d’urgence de 90 jours à l’échelle nationale. Le Ministère chinois des Affaires étrangères et l’Ambassade de Chine en Gambie déconseillent aux citoyens chinois de se rendre en Gambie prochainement.

Q : Nous sommes dans la dernière semaine de l’administration du Président Barack Obama. Comment évaluez-vous les relations sino-américaines et l’« héritage » de cette administration ?

R : Depuis la prise de fonctions du Président Barack Obama, d’importants progrès ont été enregistrés dans les relations sino-américaines grâce aux efforts conjugués de part et d’autre. Notamment depuis ces trois dernières années, le Président Xi Jinping et le Présiden Barack Obama ont eu neuf entretiens dont ceux à Sunnylands, à Zhongnanhai, à la Maison blanche et au Lac de l’Ouest. Les deux parties ont maintenu des échanges étroits de haut niveau et aux différents échelons et leur coopération dans les différents domaines sur les plans bilatéral, régional et planétaire a porté des fruits abondants. Le volume des échanges commerciaux, les investissements croisés et la mobilité humaine entre les deux pays ont battu de nouveaux records. Et des avancées majeures ont été observées dans la lutte contre le changement climatique, les négociations sur un accord des investissements croisés, l’établissement du mécanisme de confiance mutuelle entre les deux armées, la lutte contre la cybercriminalité et le combat contre l’épidémie d’Ebola en Afrique. Ces acquis illustrent pleinement la portée stratégique et globale des relations sino-américaines et prouvent parfaitement que les intérêts communs dépassement largement les divergences dans leurs relations et que leur coopération permet de réaliser de grands accomplissements au bénéfice des deux pays et du monde.

En passant en revue le développement des relations sino-américaines depuis les huit années écoulées, les deux parties peuvent en tirer des enseignements utiles. Premièrement, maintenir toujours la bonne orientation des relations sino-américaines. Les intérêts communs sont plus nombreux que les divergences entre la Chine et les États-Unis qui doivent œuvrer à se traiter mutuellement en amis et en partenaires et ne pas devenir adversaires ou ennemis. Deuxièmement, œuvrer toujours à élargir la coopération sino-américaine. La coopération entre les deux pays contribue à des réalisations majeures en faveur des deux pays et du monde, ce qui non seulement bénéficie à la Chine et aux États-Unis, mais aussi permet de réaliser le gagnant-gagnant pour tous. Troisièmement, gérer toujours de manière constructive les questions sensibles et les divergences. Il faut savoir penser à la place d’autrui, respecter les intérêts vitaux et les préoccupations majeures de part et d’autre, éviter les malentendus et gérer de manière constructive les divergences par les dialogues et les échanges approfondis sur la base de l’égalité et du respect mutuel, en vue d’assurer le développement sain et régulier des relations sino-américaines. Je pense que ces expériences utiles méritent toutes d’être mises en valeur.

Nous souhaitons travailler ensemble avec les États-Unis selon le principe du non-conflit, de la non-confrontation, du respect mutuel et de la coopération gagnant-gagnant à élargir sans cesse la coopération et à gérer adéquatement les divergences pour promouvoir un plus grand développement des relations sino-américaines sur un nouveau point de départ.

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