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Conférence de presse du 12 janvier 2017 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2017/01/12

Q : Le Secrétaire d’État américain désigné Rex Tillerson a tenu des propos durs sur la Chine lors de son audience de confirmation au Sénat. Selon lui, l’établissement par la Chine d’une zone d’identification de défense aérienne en Mer de Chine orientale, qui fait l’objet d’un différend territorial entre la Chine et le Japon, est illégal ; la construction d’îles et le déploiement d’armes par la Chine en Mer de Chine méridionale ressemblent à l’annexion de la Crimée par la Russie ; et les États-Unis ont à adresser à la Chine un signal clair qu’elle doit mettre fin à ses travaux de construction en Mer de Chine méridionale et que son accès à ces îles ne sera pas permis. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté les informations concernées. Vous avez en fait posé plusieurs questions et je vais y répondre l’une après l’autre.

Concernant la Mer de Chine orientale et les Diaoyu Dao, vous connaissez très bien notre position là-dessus. Diaoyu Dao et ses îles affiliées font partie intégrante du territoire chinois depuis l’antiquité. Le soi-disant Traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les États-Unis et le Japon qu’évoquent souvent certains Américains et Japonais est un produit de la guerre froide et il ne peut porter atteinte à la souveraineté territoriale ou aux droits et intérêts légitimes de la Chine. La partie américaine doit adopter une position impartiale et objective, honorer les engagements qu’elle a pris et s’abstenir de prendre parti sur la question de la souveraineté pour éviter de compliquer les problèmes concernés et la situation régionale.

S’agissant de la Mer de Chine méridionale, j’ai répondu hier à une question sur ce sujet. Tout comme les États-Unis, la Chine a pleinement le droit à toute activité normale sur son propre territoire dans le cadre de sa souveraineté. Il n’y a rien à nous reprocher là-dessus. Comme je l’ai dit hier, actuellement, la Chine et les pays riverains concernés soutiennent tous le règlement de la question de la Mer de Chine méridionale par une approche « à double voie », à savoir le règlement pacifique des différends à travers les consultations et négociations entre la Chine et les parties directement concernées, et la préservation commune par la Chine et les pays de l’ASEAN de la paix et de la stabilité dans la région. Aujourd’hui, les pays de la région ont repris ce consensus et la question de la Mer de Chine méridionale s’est apaisée. Nous espérons que les pays hors de la région pourront respecter ce consensus qui correspond aux intérêts communs de la région et du monde entier.

Je suis plutôt d’accord avec M. Rex Tillerson sur un point qu’il a évoqué lors de son audience de confirmation au Sénat. Il a dit qu’il existait entre la Chine et les États-Unis des désaccords, mais aussi beaucoup d’intérêts communs et de consensus. Il a affirmé qu’il fallait voir l’aspect positif des relations sino-américaines et ne pas laisser les désaccords sur d’autres sujets entraver la coopération favorable au partenariat constructif entre les deux pays. Et là, nous partageons son avis.

Q : Hier, le Président élu américain Donald Trump a tenu sa première conférence de presse après sa victoire à la présidentielle. Il a mentionné plusieurs fois la Chine, y compris la cyberattaque contre 22 millions de comptes américains par la Chine, le déficit commercial avec la Chine d’un montant de centaines de milliards de dollars américains, et les nombreuses « forteresses » construites par la Chine en Mer de Chine méridionale. Il a affirmé qu’après son entrée en fonction, la Chine, la Russie et beaucoup d’autres pays auraient un plus grand respect pour les États-Unis. Comment y répondez-vous ?

R : Avez-vous compté combien de fois il a mentionné la Chine ? (Journaliste de CNN : « Non, mais plusieurs fois, je crois. »)

Nous avons noté le souhait qu’a exprimé le Président élu Donald Trump lors de la conférence de presse pour un plus grand respect des autres pays à l’égard des États-Unis après sa prise de fonctions. En fait, si vous regardez la position constante du gouvernement chinois sur le développement des relations sino-américaines, vous trouverez que le respect mutuel entre tous les pays, y compris entre la Chine et les États-Unis, est justement ce que nous préconisons. Et pour les relations sino-américaines, nous appelons à la construction commune d’un nouveau modèle de relations entre grands pays basé sur le non-conflit et la non-confrontation, le respect mutuel et la coopération gagnant-gagnant. Après la conversation téléphonique entre le Président Xi Jinping et le Président élu Donald Trump, l’équipe de M. Donald Trump a aussi affirmé dans le communiqué de presse la nécessité du respect mutuel entre la Chine et les États-Unis. Les deux pays doivent développer davantage leurs relations sur la base du respect mutuel. Voilà un point important.

Vous avez évoqué d’autres questions abordées par M. Donald Trump. J’ai déjà présenté la position de la Chine sur la Mer de Chine méridionale et je vais maintenant répondre aux deux autres. S’agissant de la soi-disant question de la cyberattaque, le gouvernement chinois s’oppose depuis toujours à toutes formes de cyberattaques et les combat conformément à la loi. Nous œuvrons à coopérer avec les autres pays pour préserver ensemble la cybersécurité. Grâce au mécanisme de dialogue conjoint de haut niveau sur la cybercriminalité et les sujets concernés, la Chine et les États-Unis ont mené une communication et une coopération efficaces dans la lutte contre la cybercriminalité et la préservation de la cybersécurité. Nous estimons que les deux parties doivent maintenir cette bonne dynamique et non faire des accusations infondées. En ce qui concerne le commerce entre la Chine et les États-Unis, le Ministère des Affaires étrangères et le Ministère du Commerce ont répondu à maintes reprises à cette question. La logique est très simple : Le développement remarquable des relations économiques et commerciales sino-américaines depuis près de 40 ans n’aurait pas été possible si elles n’avaient apporté des bénéfices qu’à une seule partie. Et s’il n’avait pas eu beaucoup de profits, les hommes d’affaires américains n’auraient pas dû investir continuellement en Chine et entretenir des échanges commerciaux avec elle.

Q : À part la question de savoir qui a raison qui a tort sur la question de la Mer de Chine méridionale, M. Tillerson a également dit au Sénat ce que les États-Unis pourraient faire pour exercer son influence sur la région. Il a dit que les États-Unis devraient envoyer à la Chine un signal clair que la construction d’îles devait s’arrêter, et que l’accès de la Chine à ces îles ne serait pas permis. Il n’a pas expliqué ce qu’il voulait dire par empêcher cet accès, mais probablement cela signifie que l’Armée de l’air ou les Forces navales des États-Unis viendront empêcher l’accès de la Chine aux îles en Mer de Chine méridionale. Comment y répondez-vous ? Quelles seront vos contre-mesures au cas où la partie américaine mettrait ses menaces à exécution ?

R : Je ne peux pas dire à la place de M. Rex Tillerson ce qu’il pense, ni ne veux prédire la politique de la Chine sur la base de ce que vous pensez de ses propos. Mais je suis sûr que vous connaissez très bien la position de la Chine sur la question de la Mer de Chine méridionale.

Q : Le gouvernement nigérian a récemment demandé au bureau de représentation de Taiwan au Nigéria d’enlever sa plaque et demandé à Taipei d’installer sa représentation hors de la capitale. Le 11 janvier, lors de sa visite au Nigéria, le Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a signé ensemble avec son homologue nigérian une déclaration conjointe sur le principe d’une seule Chine, dans laquelle le Nigéria a réaffirmé son attachement à la politique d’une seule Chine. Avez-vous d’autres commentaires là-dessus ?

R : Comme vous l’avez dit, le gouvernement nigérian a pris il y a quelques jours une décision politique et des mesures résolues à l’égard de la violation par le bureau de représentation de Taiwan au Nigéria du principe d’une seule Chine, y compris l’enlèvement de la plaque, le changement de nom, l’installation hors de la capitale, la réduction des compétences et du personnel et l’interdiction stricte de tout contact officiel des responsables et institutions du gouvernement nigérian avec Taiwan. Ce qui a permis de résoudre définitivement la question léguée par l’histoire compromettant la confiance politique mutuelle entre la Chine et le Nigéria et de balayer l’obstacle politique au développement sain des relations sino-nigérianes.

Dans la déclaration conjointe signée hier par les deux ministres des Affaires étrangères, le gouvernement nigérian réaffirme que la politique d’une seule Chine est au centre du partenariat stratégique sino-nigérian, reconnaît qu’il n’existe qu’une seule Chine dans le monde, que le gouvernement de la République populaire de Chine est l’unique gouvernement légal représentant toute la Chine et que Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois. Il s’engage à s’abstenir de toute relation officielle et de tout contact officiel avec Taiwan, et souligne son soutien à la Chine dans tous ses efforts de préserver l’unité nationale. La Chine apprécie hautement l’attachement du Nigéria au principe d’une seule Chine. Cela prouve une fois encore que l’attachement au principe d’une seule Chine correspond à l’aspiration des peuples et à la tendance générale de notre époque.

Q : Certains disent que c’est une nouvelle action prise par la partie continentale de la Chine après le rétablissement de ses relations diplomatiques avec Sao Tomé-et-Principe pour rétrécir encore l’« espace international » de Taiwan. Quels sont vos commentaires sur ce sujet ?

R : Il n’existe qu’une seule Chine dans le monde, le gouvernement de la République populaire de Chine est l’unique gouvernement légal représentant toute la Chine, et Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois. Sao Tomé-et-Principe et le Nigéria ont pris la bonne décision politique dans le respect du principe d’une seule Chine, jetant une base politique solide et ouvrant de plus larges perspectives à la promotion de la confiance politique mutuelle et de la coopération gagnant-gagnant avec la Chine ainsi qu’au bien-être de la population. Cela correspond aux intérêts fondamentaux des peuples de ces deux pays, aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, au consensus international sur le principe d’une seule Chine et à la tendance générale dans le monde.

Q : Taiwan a fait savoir qu’il n’avait jamais établi de « relations diplomatiques » avec le Nigéria et que l’annonce faite par la Chine et le Nigéria sur la rupture des « relations diplomatiques » entre le Nigéria et Taiwan sur la base du principe d’une seule Chine avait jeté la confusion dans la communauté internationale. Taiwan a exprimé sa protestation solennelle à cet égard. Comment y répondez-vous ? Souhaitez-vous voir d’autres pays suivre l’exemple du Nigéria pour faire enlever la plaque et changer le nom des bureaux de représentation de Taiwan ?

R : Concernant la réaction de Taiwan, veuillez vous renseigner auprès du Bureau du Conseil des Affaires d’État pour les Affaires de Taiwan, car ce n’est pas une question d’ordre diplomatique.

S’agissant de votre deuxième question, observer le principe d’une seule Chine constitue une condition politique importante pour le développement des relations entre la Chine et les autres pays du monde. En cas de violation de ce principe, il faut immédiatement la corriger.

Q : Première question, vous disiez que la situation en Mer de Chine méridionale s’était apaisée. Pensez-vous que M. Tillerson a tenu de tels propos pour raviver la tension ? Deuxième question, l’empêchement par les États-Unis de l’accès de la Chine à des îles est-il légal ?

R : Concernant votre première question, maintenir la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale, gérer adéquatement les divergences et œuvrer au développement partagé correspondent aux intérêts communs et à l’aspiration commune des pays de la région. Les pays hors de la région doivent les respecter. Notre attitude est très claire à cet égard.

Pour votre deuxième question, comme je l’ai dit à plusieurs reprises, nous ne répondons pas aux questions hypothétiques.

Q : Le Secrétaire général du Comité central du Parti communiste vietnamien Nguyen Phu Trong entame aujourd’hui une visite en Chine. Pourriez-vous nous présenter le programme de la visite ? Comment voyez-vous cette visite ?

R : Le Département international du Comité central du PCC a publié des informations sur cette visite. Le Secrétaire général du Comité central du Parti communiste vietnamien Nguyen Phu Trong entame aujourd’hui une visite officielle en Chine. Les dirigeants du PCC et du gouvernement chinois auront des échanges amicaux avec lui. C’est la première visite en Chine du Camarade Nguyen Phu Trong après sa réélection au poste de Secrétaire général lors du 12e Congrès du Parti communiste vietnamien, et la Chine y accorde une grande importance. La Chine et le Viet Nam, tous les deux pays socialistes, sont amis voisins. Les deux pays travaillent aujourd’hui ensemble à approfondir leurs relations d’amitié et de coopération. Nous espérons que cette visite donnera une nouvelle impulsion au développement continu des relations sino-vietnamiennes et à l’amitié et à la coopération entre les deux Partis et les deux pays.

Q : Vous avez dit qu’il y avait des points communs entre la partie chinoise et le Président élu américain Donald Trump sur le développement des relations sino-américaines. Est-ce vrai ?

R : Comme je l’ai dit tout à l’heure, M. Rex Tillerson a affirmé lors de son audience de confirmation au Sénat qu’il existait entre la Chine et les États-Unis des désaccords, mais aussi beaucoup d’intérêts communs et de consensus. Il a appelé à voir l’aspect positif des relations sino-américaines et à ne pas laisser les désaccords sur d’autres sujets entraver la coopération favorable au partenariat constructif entre les deux pays. Nous partageons ce point de vue.

Après son élection à la présidence américaine, M. Donald Trump a eu une conversation téléphonique avec le Président Xi Jinping. Dans le communiqué de presse publié par son équipe, M. Trump a exprimé son souhait de développer les relations américano-chinoises sur la base du respect mutuel. C’est un point que nous partageons également. Nous préconisons depuis toujours la construction entre la Chine et les États-Unis un nouveau modèle de relations entre grands pays basé sur le non-conflit et la non-confrontation, le respect mutuel et la coopération gagnant-gagnant.

Q : Avez-vous eu des échanges officiels ou non officiels avec l’administration américaine ou l’équipe de Donald Trump sur les propos tenus par M. Tillerson ?

R : Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, après l’élection présidentielle américaine, la Chine reste en étroite communication avec l’équipe du Président élu Donald Trump sur les politiques, notamment les politiques liées aux relations sino-américaines.

Q : Lors de son audience au Sénat, M. Tillerson a parlé des engagements importants pris par les États-Unis dans le cadre de l’« Acte sur les relations avec Taiwan » et des « six garanties » et souligné la nécessité pour les États-Unis de réaffirmer sans cesse et d’honorer ces engagements. Mais il a également dit que les États-Unis n’avaient pas l’intention de revenir sur leur attachement à la politique d’une seule Chine. Comment voyez-vous ce genre de prise de position à double aspect ?

R : Ne le trouverez-vous pas, vous aussi, paradoxal ? (Le journalise acquiesce d’un signe de tête.)

Je suis d’accord avec vous. C’est tout à fait paradoxal. Le soi-disant « Acte sur les relations avec Taiwan » et les soi-disant « six garanties » sont en grave violation avec l’engagement pris par les États-Unis sur le principe d’une seule Chine dans le cadre des trois communiqués conjoints sino-américains.

Q : Vous disiez que la Chine restait en contact avec l’équipe de Donald Trump. Avez-vous eu des échanges avec son équipe sur les propos tenus par M. Tillerson ?

R : Depuis l’élection présidentielle aux États-Unis, le Président élu Donald Trump et son équipe ne cessent de publier des déclarations politiques et des remarques. Il est impossible pour moi de commenter ici tous les contacts entre les deux parties.

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