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Conférence de presse du 9 décembre 2016 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2016/12/09

Sur l’invitation du Conseiller fédéral et Chef du Département fédéral des Affaires étrangères de la Confédération suisse Didier Burkhalter, le Ministre des Affaires étrangères Wang Yi effectuera une visite officielle en Suisse du 10 au 12 décembre. Pendant son séjour en Suisse, il se rendra aussi à Genève et à Lausanne pour rencontrer les responsables d’organisations internationales.

Au cours de sa visite, le Ministre Wang Yi rencontrera le Président Johann Schneider-Ammann à Berne et s’entretiendra avec le Conseiller fédéral et Chef du Département fédéral des Affaires étrangères Didier Burkhalter pour procéder à des échanges de vues sur les relations bilatérales et les questions d’intérêt commun.

La Suisse est un partenaire important de la Chine en Europe. La coopération sino-suisse possède un fondement solide et un potentiel énorme. Depuis des années, les relations sino-suisses sont à l’avant-garde des relations entre la Chine et les pays occidentaux et jouent un rôle d’entraînement dans le développement des relations sino-européennes.

En avril dernier, le Président de la Confédération suisse Johann Schneider-Ammann a effectué une visite d’État réussie en Chine, lors de laquelle le Président Xi Jinping a décidé avec lui d’établir le partenariat stratégique innovateur sino-suisse, permettant de fixer le cap pour les relations bilatérales et la coopération pragmatique innovante dans différents domaines. La Chine entend travailler ensemble avec la Suisse à maintenir la bonne dynamique de la coopération et à promouvoir le développement régulier de leurs relations bilatérales.

Le Ministre Wang Yi rencontrera également les responsables de l’Office des Nations Unies à Genève, de l’Organisation mondiale de la Santé et du Comité International Olympique pour avoir des échanges de vues sur la coopération entre la Chine et ces organes.

Q : Aujourd’hui, l’Assemblée nationale de la République de Corée a adopté la motion de destitution contre la Présidente Park Geun-hye. D’après vous, quels en sont les impacts sur les relations entre la Chine et la République de Corée, surtout sur le processus de déploiement du système THAAD ?

R : En tant que pays voisin, la Chine suit toujours de près l’évolution de la situation en République de Corée et espère voir se rétablir rapidement la stabilité dans le pays. La motion de destitution relève des affaires intérieures de la République de Corée. La Chine ne s’ingère jamais dans les affaires intérieures des autres pays. C’est un principe qu’observe toujours le gouvernement chinois.

Nous espérons que les relations entre les deux pays se développeront dans d’heureuses conditions. Mais sur la question du système THAAD, notre position est claire et constante. Nous nous opposons fermement à ce que les États-Unis et la République de Corée déploient le système THAAD en République de Corée, car cela nuit aux intérêts sécuritaires stratégiques de la Chine.

Q : Lors de la conférence de presse du 18 juin 2013, la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères a dit que la Présidente Park Geun-hye était très attachée aux relations avec la Chine, qu’elle s’était engagée depuis des années à promouvoir l’amitié et la coopération entre les deux pays et qu’elle était une grande amie du peuple chinois. Mais au cours de son mandat, les autorités chinoises ont exprimé leur mécontentement vis-à-vis de politiques qu’elle a adoptées comme autorisation du déploiement du système THAAD en République de Corée et signature avec le Japon de l’Accord sur la sécurité générale des renseignements militaires. Aujourd’hui, elle fait l’objet d’une motion de destitution. Y aura-t-il des changements dans l’appréciation de la partie chinoise sur elle ?

R : J’ai à vérifier la déclaration de la porte-parole du ministère que vous avez mentionnée. Mme Park Geun-hye est encore Présidente de la République de Corée. Depuis sa prise de fonctions, elle a beaucoup travaillé à promouvoir les relations sino-coréennes. Nous le saluons. Mais, comme vous l’avez dit, au cours de son mandat, le gouvernement coréen a décidé d’accueillir le système THAAD qui compromet les intérêts sécuritaires stratégiques de la Chine. Nous y sommes résolument opposés.

Q : Des images satellites montrent que le Viet Nam mène des travaux de dragage sur Riji Jiao des Nansha Qundao. Certains estiment que le Viet Nam souhaite par là renforcer sa revendication sur Riji Jiao. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : La Chine exerce une souveraineté incontestable sur les Nansha Qundao, dont Riji Jiao, et les eaux avoisinantes. Nous exhortons certain pays à respecter effectivement la souveraineté et les droits et intérêts de la Chine, à cesser l’occupation et les travaux de construction illégaux, à s’abstenir de tout acte susceptible de compliquer la situation et à agir dans la même direction que nous pour travailler ensemble à préserver la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale.

Q : Le Ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie a dit le 8 décembre que le Japon avait décidé de ne pas reconnaître le statut d’économie de marché de la Chine et de continuer à percevoir des droits antidumping. Comment y répondez-vous ?

R : Ce n’est pas sur cette question que le Japon doit s’exprimer maintenant. Il doit affirmer qu’il appliquera ou non d’ici le 11 décembre son engagement et son obligation internationaux de mettre un terme à l’approche de « pays de substitution » dans les enquêtes antidumping contre les produits exportés par la Chine. Le Japon ne doit pas éluder la question, il vaut mieux qu’il regarde en face en toute honnêteté sa responsabilité de s’acquitter de ses obligations.

Après que le Japon remplit ses obligations, la partie chinoise entendra parler de la question du statut d’économie de marché de la Chine avec la partie japonaise. Depuis le lancement de la politique de réforme et d’ouverture il y a près de 40 ans, la Chine est devenue non seulement la deuxième économie du monde, mais aussi le premier partenaire commercial de bon nombre de pays. Surtout, la croissance chinoise est devenue un de principaux moteurs de la croissance de l’économie mondiale avec une contribution à hauteur de près de 25%. Que le Japon le reconnaisse ou non, l’interdépendance forte et les interactions mutuellement bénéfiques sur le plan économique entre la Chine et le reste du monde en disent long.

Q : Il y a peu de temps, le Président élu américain Donald Trump a critiqué encore une fois la Chine en l’accusant d’être responsable de la moitié du déficit commercial des États-Unis. Il a aussi dit que la Chine n’était pas une économie de marché et qu’il était temps pour elle de respecter les règles. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Beaucoup de pays du monde, y compris la Chine, et les États-Unis eux-mêmes vont suivre avec attention les politiques à adopter par M. Donald Trump après son accession au pouvoir. S’agissant de ses propos que vous avez cités, comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, le volume commercial annuel entre la Chine et les États-Unis est passé de 2,5 milliards de dollars à plus de 558 milliards de dollars en 2015. Les relations économiques et commerciales entre les deux pays n’auraient pas pu en arriver à un tel niveau si elles ne profitent pas à toutes les deux parties.

Quant à la question de savoir si la Chine joue avec les règles, je tiens à souligner que la Chine agit conformément aux règles du système commercial mondial universellement reconnues. Ce système et ces règles ont un cadre bien établi, à savoir le cadre fixé par l’OMC. En tant que les deux plus grandes économies du monde et membres importants de l’OMC, la Chine et les États-Unis peuvent résoudre leurs divergences commerciales dans le cadre de l’OMC.

Q : L’Envoyé spécial du gouvernement chinois pour la Syrie Xie Xiaoyan est en visite au Moyen-Orient. Pourriez-vous nous donner des informations sur cette visite et les efforts de médiation qu’il fait pour régler la question syrienne ?

R : L’Envoyé spécial du gouvernement chinois pour la Syrie Xie Xiaoyan s’est rendu en visite au Liban et en Syrie du 5 au 9 décembre. Il s’est entretenu respectivement avec le Premier Ministre nommé du Liban Saad Hariri, le responsable des affaires étrangères du Hezbollah Al Moussawi, le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères et des Expatriés de la Syrie Walid Al-Moualem, le Vice-Ministre exécutif syrien des Affaires étrangères Faisal Migdad et le Ministre d’État syrien pour les Affaires de la Réconciliation nationale Ali Haidar. Il a aussi eu des contacts avec les représentants de l’opposition en Syrie. Cette visite s’est faite à un moment crucial de l’évolution de la question syrienne et a pour but de connaître les points de vue de différentes parties sur la situation actuelle et de faire des démarches auprès d’elles.

Actuellement, la situation en Syrie est très complexe et sensible. Les hostilités ne cessent pas et les perspectives des négociations sont confuses. La Chine soutient fermement un règlement politique de la question syrienne et soutient les Syriens dans leurs efforts de décider de l’avenir de leur pays, et elle travaille toujours inlassablement auprès des parties concernées. Nous entendons œuvrer ensemble avec la communauté internationale à continuer à jouer un rôle actif et constructif en vue d’une reprise rapide des négociations de paix et d’une solution définitive et adéquate de la question syrienne.

L’Envoyé spécial Xie Xiaoyan tiendra un briefing sur cette visite après son retour en Chine. Vous serez tous les bienvenus.

Q : Le 8 décembre, le Congrès américain a adopté le projet de loi sur l’autorisation de la défense nationale pour l’année fiscale 2017 dans lequel a été écrite pour la première fois la promotion des échanges militaires de haut niveau entre les États-Unis et Taiwan. Quel est votre commentaire sur ce sujet ?

R : La question de Taiwan touche à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Chine. C’est une question de principe et aussi la question la plus importante et la plus sensible dans les relations sino-américaines. La Chine s’oppose fermement à ce que les États-Unis et Taiwan mènent des contacts officiels et des échanges militaires sous quelque forme que ce soit et à ce que les États-Unis vendent des armes à Taiwan. Cette position est constante, claire et connue par la communauté internationale.

Depuis que la Chambre des représentants et le Sénat américains ont présenté ce projet de loi au premier semestre de l’année, nous avons fait à plusieurs reprises des représentations solennelles auprès de la partie américaine en ce qui concerne les éléments négatifs relatifs à la Chine dans le texte. Je tiens à réaffirmer que nous exhortons la partie américaine à respecter scrupuleusement le principe d’« une seule Chine » et les principes énoncés dans les trois communiqués conjoints sino-américains, à honorer les engagements pris, à gérer la question de Taiwan de manière prudente, à ne pas aller à contre-courant de l’histoire et à se garder de perturber l’intérêt général des relations sino-américaines.

Q : Selon des médias, la Mongolie sollicite l’aide de l’Inde pour empêcher les autorités chinoises de faire payer plus les camions mongols transitant par la Chine. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Veuillez vous renseigner auprès des départements compétents.

Q : Dans le discours qu’il a prononcé dans l’Iowa, le Président élu Donald Trump a critiqué des pratiques commerciales chinoises et indiqué que la Chine n’avait pas fait autant qu’il le fallait sur la question de la RPDC. Comment y répondez-vous ?

R : Je n’ai pas encore lu le discours dans son intégralité. Selon des médias, il a parlé de l’aspect positif et des divergences dans les relations sino-américaines. À mon avis, ce qu’il a dit reflète une normalité des relations sino-américaines depuis plus de quatre décennies de développement. La Chine et les États-Unis sont deux grands pays. Ils ont beaucoup d’intérêts communs et peuvent et doivent coopérer dans bien des domaines. Il existe entre eux des divergences et des désaccords. Voilà une normalité des relations sino-américaines.

La qualité des relations sino-américaines est le résultat des efforts que les deux pays ont déployés pour élargir activement leur coopération et leur convergence et gérer de manière constructive et adéquate leurs divergences et désaccords. Que les deux pays conjuguent leurs efforts est aussi une normalité des relations sino-américaines.

Nous souhaitons continuer à travailler dans cet esprit avec la nouvelle administration américaine à développer une coopération mutuellement bénéfique sur la base du respect mutuel et à gérer les divergences entre les deux pays de manière constructive et adéquate.

S’agissant des propos tenus par le Président élu Donald Trump sur les relations économiques et commerciales entre la Chine et les États-Unis, comme je viens de l’affirmer, les deux grands pays ont entre eux une intégration des intérêts importante et des liens économiques et commerciaux étroits. Les divergences peuvent se résoudre dans le cadre de l’OMC. En ce qui concerne le rôle que joue la Chine sur la question de la péninsule coréenne, ce qu’a fait le gouvernement chinois depuis des années pour le règlement adéquat de la question nucléaire de la péninsule coréenne, la dénucléarisation au plus tôt de la péninsule ainsi que la préservation de la paix et de la stabilité dans la péninsule est au vu et au su de tous. Pourtant, je voudrais indiquer que le nœud de cette question ne réside pas dans la Chine, mais dans les problèmes entre les États-Unis et la RPDC. Nous espérons que la nouvelle administration américaine pourra adopter une approche plus constructive sur ce dossier.

Q : Selon M. Donald Trump, la Chine travaille à promouvoir le règlement de la question nucléaire de la péninsule coréenne, mais pas assez. Est-ce que vous êtes d’accord avec lui ? Tout à l’heure, vous avez dit que la Chine avait fait beaucoup d’efforts pour résoudre cette question. Pensez-vous qu’elle doit faire plus ?

R : Pour régler la question nucléaire de la péninsule coréenne, le meilleur accord dégagé par la communauté internationale est la Déclaration conjointe du 19 septembre 2005. Vous pouvez y trouver les obligations des différentes parties, y compris les engagements pris par la RPDC d’abandonner toutes les armes nucléaires et les projets nucléaires existants. Depuis, aucun consensus ne peut la dépasser. Vous pouvez, après avoir lu cette déclaration, voir si la Chine a fait le maximum d’efforts et ce qu’ont fait les autres parties concernées.

Q : La dirigeante de Taiwan Tsai Ing-wen a affirmé aujourd’hui que Taiwan défendrait fermement sa « souveraineté territoriale » sur la Mer de Chine méridionale, ne renoncerait pas à sa « souveraineté » ni aux droits légaux de la « République de Chine ». Elle a aussi proposé de coopérer avec les pays et régions voisins dans les domaines de la surveillance sismique et de la lutte contre le changement climatique ayant Taiping Dao comme le centre. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Les propos des personnalités politiques taiwanaises ne sont pas une question diplomatique. Vous pouvez vous renseigner auprès du Bureau du Conseil des Affaires d’État pour les Affaires de Taiwan.

Concernant la question de la Mer de Chine méridionale, je tiens à souligner que les droits et intérêts historiques de la Chine en Mer de Chine méridionale sont un héritage légué par nos ancêtres. Les Chinois des deux rives du détroit de Taiwan ont tous la responsabilité et le devoir de le défendre et de le préserver.

Q : Vous avez annoncé la visite en Suisse du Ministre Wang Yi. Cette visite a-t-elle pour but de préparer la visite du Président Xi Jinping en Suisse ? Le Président Xi Jinping envisage-t-il de participer au Forum de Davos ?

R : C’est une visite officielle du Ministre des Affaires étrangères Wang Yi. J’en ai présenté le programme tout à l’heure.

En ce qui concerne l’agenda diplomatique important des dirigeants chinois, nous allons publier les informations en temps opportun.

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