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Conférence de presse du 7 décembre 2016 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2016/12/07

Q : Selon des sources, le Premier Ministre japonais Shinzo Abe effectuera une visite à Pearl Harbor. Mais il n'évoquerait pas le mot «excuse» lors de cette visite, selon la partie japonaise. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté les reportages concernés. Il y a 75 ans jour pour jour, en pleine Seconde Guerre mondiale, le Japon a attaqué Pearl Harbor et déclenché la Guerre du Pacifique. La guerre d'agression menée par les militaristes japonais au 20e siècle a infligé de profondes douleurs aux peuples des pays de la région et notamment des pays asiatiques victimes. Aujourd'hui encore, la communauté internationale attend du Japon une réflexion sincère et correcte sur ce passé.

Je ne ferai pas de commentaire sur une éventuelle attente des États-Unis des excuses de la part du Japon concernant l'Attaque de Pearl Harbor. Pour la Chine, ce qui importe, c'est la défense de la justice internationale et de l'ordre international établi à la suite de la Seconde Guerre mondiale, et c'est aussi une juste conception de l'histoire, une prise de conscience des crimes contre l'humanité perpétrés par des militaristes japonais et des actions concrètes de la part du Japon pour gagner la confiance des peuples des pays asiatiques victimes dont la Chine.

Q : Selon certaines voix japonaises, au lieu de choisir Pearl Harbor, Shinzo Abe aurait dû se rendre au Musée mémorial du Massacre de Nanjing. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Tout comme le peuple américain qui ne saura jamais oublier l'Attaque de Pearl Harbor, le peuple chinois n'oubliera jamais ses énormes sacrifices pour la victoire de la Guerre de résistance contre l'agression japonaise, ni les compatriotes victimes lors du Massacre de Nanjing.

Si la partie japonaise veut faire un examen de conscience profond et une excuse sincère, il y a beaucoup d'endroits en Chine qui lui sont convenables : Mémorial du Massacre de Nanjing, Mémorial de l'incident du 18 septembre 1931 et ancien siège de l'unité 731 de l'Armée impériale du Japon. Dans d'autres pays voisins asiatiques, il y a aussi beaucoup d'endroits qui rappellent au Japon et à la communauté internationale que les crimes commis par les pays malfaiteurs durant la Seconde Guerre mondiale ne doivent pas être oubliés, et l'histoire ne doit jamais être falsifiée.

Q : Le Ministère de la Défense de Singapour a déclaré aujourd'hui qu'il n'avait pas encore reçu d'explication officielle de la Chine concernant la saisie par la Région administrative spéciale de Hong Kong des blindés de Singapour et exprimé son souhait de voir ces véhicules lui être restitués au plus vite. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons présenté notre position sur cette affaire. Nous espérons que la partie concernée pourra respecter effectivement la politique d'une seule Chine ainsi que les lois et les règlements concernés de la Région administrative spéciale de Hong Kong.

Q : Veuillez nous présenter le programme de la visite aux États-Unis du Conseiller d'État Guo Shengkun. Quels officiels américains va-t-il rencontrer et quelle est l'attente de la Chine de cette visite ?

R : Comme nous l'avons indiqué hier, le Conseiller d'État et Ministre de la Sécurité publique Guo Shengkun est aux États-Unis du 6 au 9 décembre pour coprésider avec le Procureur général américain Loretta Elizabeth Lynch et le Secrétaire américain à la Sécurité intérieure Jeh Charles Johnson le troisième dialogue conjoint sino-américain de haut niveau sur la lutte contre la cybercriminalité et les questions connexes qui aura lieu à Washington. Par ailleurs, il rencontrera des officiels comme la Conseillère américaine à la Sécurité nationale Susan Rice et le Directeur du FBI James Comey pour échanger des vues avec eux sur la coopération sino-américaine en matière d'application de la loi, de cybersécurité, de lutte antiterroriste, de poursuite des criminels en fuite et de recouvrement des biens mal acquis ainsi que de lutte contre la drogue.

Étape importante pour la mise en œuvre des consensus des Chefs d'État des deux pays, cette visite du Conseiller d'État Guo Shengkun aux États-Unis revêt une signification majeure pour le maintien de la dynamique de la coopération sino-américaine en matière de cybersécurité et d'application de la loi, de même que pour la transition stable et le développement continu des relations sino-américaines.

Q : Premièrement, la banque centrale de Chine et celle d'Égypte ont signé hier un accord de swap de devises d'un montant de 2,6 milliards de dollars américains. Pourriez-vous le confirmer ? Deuxièmement, le 6 décembre, la Chine et la Russie ont mis le veto au projet de résolution du Conseil de Sécurité sur un cessez-le-feu de sept jours à Alep. Le gouvernement syrien a annoncé le même jour qu'il avait repris de la main des rebelles 75% du territoire d'Alep de l'est. Quel sont vos commentaires là-dessus ?

R : Concernant votre première question, la Banque populaire de Chine a publié les informations concernées. Le 6 décembre, la Banque populaire de Chine et la banque centrale d'Égypte ont signé un accord de swap de devises d'un montant de 18 milliards de RMB. Cela a pour but de faciliter le commerce bilatéral et les investissements croisés et de défendre la stabilité financière des deux pays.

Concernant votre deuxième question, le Représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies Liu Jieyi a fait une intervention explicative à l'issue du vote. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a voté le 6 décembre sur un projet de résolution sur la question syrienne proposé par l'Égypte, l'Espagne et la Nouvelle-Zélande. Des membres du Conseil dont la Chine ont voté contre ce projet. Le non de la Chine est en conformité avec sa position constante vis-à-vis de la question syrienne. La Chine soutient fermement un règlement politique de la question syrienne et un avenir de la Syrie choisi librement par les Syriens. Elle s'oppose à l'intervention des forces extérieures. Nous appelons la communauté internationale à agir en solidarité pour apaiser la situation humanitaire de la région concernée. Mais nous nous opposons toujours à la politisation des questions humanitaires. À l'heure actuelle, la situation en Syrie est hautement compliquée et sensible. Les actions du Conseil de Sécurité doivent permettre de fédérer les esprits sur le règlement politique de la question syrienne et de défendre la solidarité au sein du Conseil. Nous sommes contre un vote précipité sur des projets de résolution controversés. Forcer les choses n'a jamais marché au Conseil de Sécurité pour résoudre des problèmes, au contraire, cela finira par le diviser. La Chine continuera à participer activement au processus du règlement politique de la question syrienne et à déployer ses efforts pour apaiser la tension en Syrie et ramener les différentes parties syriennes à la table de négociation pour la paix.

Q : Le Représentant permanent du Royaume-Uni auprès des Nations Unies Matthew Rycroft s'est dit surpris de voir la Chine suivre le pas de la Russie pour voter contre le projet de résolution sur le cessez-le-feu à Alep. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Je viens d'expliquer très clairement pourquoi la Chine a voté contre le projet de résolution concerné. Aux accusations infondées du Représentant permanent britannique auprès des Nations Unies, le Représentant permanent chinois auprès des Nations Unies Liu Jieyi a immédiatement réagi lors de la réunion du Conseil de Sécurité. Je cite : « Comment en est-on arrivé là sur la question syrienne ? Comment en est-on arrivé là sur les problèmes auxquels font face les pays du Moyen-Orient ? Quelle en est l'origine ? Quel a été le rôle des pays concernés dans tout cela ? Qu'ont-ils fait ? L'histoire est clairement écrite, et les différentes parties en sont conscientes. Déformer la position des autres pays au sein du Conseil de Sécurité n'y changera rien. »

Les propos du Représentant permanent britannique aux Nations Unies sont vraiment étranges. Cela dit, si ce qu'il veut, c'est de savoir laquelle des politiques extérieures chinoise et britannique est plus indépendante et notamment multilatérales, on pourrait bien en discuter.

Q : Hier, Tsai Ing-wen a fait savoir aux médias américains que son entretien téléphonique avec M. Donald Trump ne signifiait pas un changement de politiques. La stabilité régionale est chère à tout le monde, a-t-elle ajouté. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Vous pouvez vous renseigner auprès du Bureau du Conseil des Affaires d'État pour les affaires de Taiwan sur les propos de certaines personnalités taiwanaises. S'agissant de l'entretien téléphonique entre le Président américain élu Donald Trump et la dirigeante de Taiwan Tsai Ing-wen, nous avons présenté à plusieurs reprises l'opinion et la position chinoises, et je ne pense pas qu'il soit nécessaire de les répéter.

Q : Selon des sources, le gouvernement chinois aurait demandé à l'administration américaine de refuser le passage de la dirigeante de Taiwan par les États-Unis pour sa « visite » au Nicaragua. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Sur cette question, je crois que vous connaissez bien la position chinoise. Comme je l'ai dit maintes fois sur cette tribune, il n'y a qu'une seule Chine dans ce monde, le gouvernement de la République populaire de Chine est l'unique gouvernement légitime représentant la Chine tout entière, Taiwan n'est qu'une partie de la Chine, tel est un consensus de la communauté internationale. L'attachement au principe d'une seule et unique Chine constitue aussi un préalable politique nécessaire et important pour développer des relations et mener la coopération mutuellement bénéfique avec la Chine, sans lequel un développement régulier des relations bilatérales et une coopération mutuellement avantageuse avec la Chine ne seraient pas possibles. Je crois que vous connaissez bien les intentions politiques cachées des dirigeants de Taiwan avec leurs ruses telles que la prétendue « diplomatie de transit ».

Q : Selon des sources d'information, la Chine et le Japon ont convenu d'organiser dans la deuxième moitié de cette année en Chine le sixième tour de consultations de haut niveau sur les affaires maritimes. Quels sont la date, l'endroit et les sujets de ce tour de consultations ?

R : Comme convenu entre les deux parties, le sixième tour de consultations de haut niveau sur les affaires maritimes entre la Chine et le Japon aura lieu du 7 au 9 décembre à Haikou de la province de Hainan, réunissant les représentants des deux parties des autorités diplomatique, de défense, de l'application de la loi sur la mer et de la gestion des affaires maritimes.

Le mécanisme de consultations de haut niveau sur les affaires maritimes est un mécanisme multisectoriel de communication et de coordination sur les affaires maritimes. La Chine entend avoir des échanges de vues approfondis avec le Japon sur les questions maritimes d'intérêt commun en vue de renforcer la connaissance et la confiance mutuelles.

Q : Premièrement, le gouverneur de l'Iowa Terry Branstad a accepté le poste, proposé par Donald Trump, du nouvel Ambassadeur américain en Chine. Quels sont vos commentaires là-dessus ? Deuxièmement, le prochain Conseiller à la Sécurité nationale des États-Unis Michael Flynn avait prétendu que la Chine se tenait aux côtés des extrémistes islamiques. Étant donné que Michael Flynn sera le conseiller principal de Donald Trump sur les affaires sécuritaires, la Chine est-elle préoccupée par ces propos ?

R : Sur votre première question, nous suivons aussi de près les informations sur la nomination de M. Terry Branstad, gouverneur de l'Iowa, comme nouvel Ambassadeur en Chine. M. Branstad est un grand ami du peuple chinois et nous serons heureux de le voir contribuer davantage au développement des relations sino-américaines. L'Ambassadeur des États-Unis en Chine est un poste important qui joue le rôle du pont entre les gouvernements chinois et américain. Nous avons toujours la volonté de travailler ensemble avec lui à assurer un développement sain et régulier de nos relations bilatérales.

Sur votre deuxième question, nous espérons que toutes celles et tous ceux qui ont le sens de responsabilité et qui œuvrent à préserver les relations sino-américaines et à promouvoir la coopération entre les deux pays pourront respecter les faits dans leurs déclarations publiques. C'est ça qui permet de renforcer la confiance mutuelle entre la Chine et les États-Unis.

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