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Conférence de presse du 18 novembre 2016 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2016/11/18

Q : Selon certains médias, vu l'incertitude liée à l'Accord de Partenariat transpacifique (TPP) promu par les États-Unis, beaucoup de pays ajustent leur stratégie et se tournent vers l'Accord de Partenariat économique global régional (RCEP) et la Zone de libre-échange en Asie-Pacifique (FTAAP) sur lesquels la Chine joue un rôle prépondérant. Certains disent que les règles commerciales en Asie-Pacifique seront désormais fixées par la Chine. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Premièrement, ni le RCEP ni la FTAPP ne sont dirigés par la Chine. Le RCEP est un cadre de coopération et d'intégration économique régionale sous la conduite de l'ASEAN. La Chine, en respectant pleinement la place centrale et le rôle principal de l'ASEAN, coopère avec les différentes parties aux négociations pour faire avancer activement les négociations en vue d'une conclusion dans les meilleurs délais.

La FTAAP est une initiative d'intégration économique régionale dans le cadre de l'APEC. La réunion informelle des dirigeants de l'APEC à Beijing en 2014 est parvenue au consensus de lancer un processus de la zone de libre-échange en Asie-Pacifique. Depuis, la Chine, les États-Unis et les autres parties concernées ont mené ensemble des études stratégiques collectives en la matière. Nous espérons que les différentes parties pourront discuter et décider ensemble des actions de la prochaine étape lors de la réunion informelle des dirigeants de l'APEC au Pérou, pour faire progresser de manière continue le processus de la zone de libre-échange en Asie-Pacifique.

Deuxièmement, la Chine est depuis longtemps ouverte aux arrangements commerciaux qui favorisent l'intégration économique de l'Asie-Pacifique, la libéralisation et la facilitation du commerce et de l'investissement dans la région ainsi que le développement et la prospérité communs en Asie-Pacifique. Dans le même temps, nous estimons que les arrangements commerciaux concernés doivent respecter les règles de l'OMC et contribuer à la consolidation des mécanismes commerciaux multilatéraux. Ces arrangements doivent se renforcer mutuellement au lieu de s'exclure. Il faut éviter à la fois la « fragmentation » et la « politisation » des arrangements commerciaux en Asie-Pacifique.

Troisièmement, nous sommes toujours d'avis que les règles commerciales doivent être fixées d'un commun accord par les différentes parties concernées à travers des consultations sur un pied d'égalité. Il faut pleinement tenir compte des différences en matière de stade de développement entre les différentes parties et notamment respecter les réalités dans les économies en développement. Elles ne doivent pas être dictées par un ou deux pays. Au fond, l'élaboration des règles commerciales doit être guidée par l'esprit gagnant-gagnant et servir les intérêts communs de toutes les parties. C'est la seule manière de favoriser le bon déroulement et la croissance soutenue du commerce au profit des peuples des différents pays.

La Chine entend continuer à œuvrer avec les différentes parties pour promouvoir le processus d'intégration économique en Asie-Pacifique en prenant pleinement en compte les différences et la diversité en matière de développement économique dans la région et dans le respect du principe d'ouverture, d'inclusivité et de transparence, afin d'imprimer de nouvelles dynamiques au développement économique en Asie-Pacifique et dans le monde entier.

Q : Selon un think-tank américain, le Viet Nam a allongé la piste de l'aéroport sur l'île Nanwei. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : La Chine a la souveraineté incontestable sur les îles Nansha et les eaux adjacentes. La Chine s'oppose fermement et depuis toujours à l'invasion et à l'occupation illégale par les pays concernés de certains îles et récifs des îles Nansha de la Chine ainsi qu'à la construction d'installations sur le territoire chinois. La Chine demande à nouveau instamment aux pays concernés de respecter effectivement la souveraineté et les droits et intérêts de la Chine, de cesser immédiatement l'invasion et l'occupation illégale et les travaux illicites, et de retirer tous leurs personnels et dispositifs. La Chine demande aux pays concernés de respecter les consensus bilatéraux et régionaux, de s'abstenir de tout acte susceptible de compliquer la situation, et de faire leur part de contribution à la préservation de la paix et de la stabilité en Mer de Chine méridionale.

Q : Ce matin, heure de Beijing, le Premier Ministre japonais Shinzo Abe s'est entretenu avec le Président élu des États-Unis Donald Trump. Quels sont vos commentaires là-dessus ? Le Vice-Premier Ministre du Conseil des Affaires d'État de la Chine Wang Yang aura-t-il des contacts avec l'équipe de Monsieur Trump lors de sa visite aux États-Unis la semaine prochaine ?

R : Nous avons noté la rencontre informelle entre le Premier Ministre japonais Shinzo Abe et le Président élu des États-Unis Donald Trump. Nous ne connaissons pas les détails de cette rencontre. Je voudrais souligner que la Chine accueille favorablement le développement des relations interétatiques normales. Nous espérons que la coopération et les arrangements bilatéraux entre les pays concernés ne se feront pas au détriment des intérêts d'une partie tierce. La coopération et les arrangements concernés doivent respecter la préoccupation en matière de sécurité des pays de la région et favoriser la paix et la stabilité régionales.

Concernant le programme du déplacement du Vice-Premier Ministre Wang Yang aux États-Unis pour la Commission conjointe sino-américaine sur le commerce, la concertation est en cours.

Q : Selon des informations, l'Inde a fait des représentations auprès de la Chine sur le refus de délivrance de visa au chef de l'équipe indienne de badminton. Selon le Ministère indien des Affaires étrangères, la Chine ne doit pas traiter de manière différenciée les détenteurs du passeport indien, et le Ministère indien espère que cette affaire pourra être réglée dans l'esprit de réciprocité et par une solution favorable au développement régulier des relations bilatérales. L'intéressé vient du prétendu « Arunachal Pradesh », soit de la région du Sud du Tibet de Chine. Est-ce pour cette raison que son visa d'entrée a été refusé ?

R : Tout d'abord, ce que vous avez dit concernant le refus d'octroi de visa à l'Indien concerné ne correspond pas à la réalité. Selon les informations dont nous disposons, cet Indien que vous évoquiez avait déposé une demande de visa auprès de l'ambassade de Chine en Inde avant de la retirer lui-même.

La pratique de la Chine en matière d'octroi de visa aux Indiens concernés s'inscrit dans les arrangements temporaires pour faciliter la mobilité humaine en attendant que la question frontalière entre la Chine et l'Inde soit réglée. Cela traduit pleinement la sincérité et la flexibilité de la partie chinoise. Nous espérons que l'Inde travaillera ensemble avec la Chine pour préserver l'élan des échanges humains et de la coopération dans différents domaines entre les deux pays.

Q : Selon des informations, le Dalaï Lama visitera la Mongolie cette semaine. La Chine a-t-elle eu un échange avec la Mongolie sur cette affaire ? Quels sont vos commentaires ?

R : Nous avons noté les informations concernées. Le 14e Dalaï Lama est un exilé politique qui, sous le couvert de la religion, se livre depuis de nombreuses années à des activités sécessionnistes antichinoises, tentant de séparer le Tibet de la Chine. La Chine s'oppose fermement au déplacement dans un pays quelconque du Dalaï Lama, à quelque titre que ce soit et sous quelque prétexte que ce soit, pour y mener des activités sécessionnistes antichinoises. Et elle s'oppose fermement à tout contact, sous quelque forme que ce soit, entre un officiel étranger quelconque et le Dalaï Lama. Nous demandons instamment à la partie mongole d'honorer effectivement ses engagements sur les questions liées au Tibet en gardant à l'esprit l'intérêt général du développement sain et régulier des relations entre nos deux pays, de refuser l'entrée au Dalaï Lama, et de n'accorder à la clique du Dalaï Lama aucun soutien ou concours sous quelque forme que ce soit.

Q : Les Nations Unies ont fait circuler un projet de résolution qui imposerait un embargo sur les armes et davantage de sanctions au Soudan du Sud. Quelle est la position de la Chine sur ce projet de résolution ?

R : S'agissant de notre position de principe, je voudrais souligner que la Chine n'est pas favorable au recours arbitraire à la sanction ou à la menace de sanction dans les relations internationales. Cette position est claire et connue de tous.

Sur la question du Soudan du Sud, les actions concernées du Conseil de Sécurité doivent permettre d'émettre un signal correct et conduire les deux parties au conflit du Soudan du Sud à travailler dans le même sens et à continuer d'appliquer intégralement l'accord de paix, de sorte que la situation au Soudan du Sud se stabilise véritablement, au lieu de se compliquer.

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