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Conférence de presse du 15 novembre 2016 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2016/11/15

Q : Le Département d’État américain a annoncé récemment que le Secrétaire d’État assistant William Brownfield participerait à la 14e réunion du Groupe de liaison conjoint sino-américain sur la coopération en matière d’application de la loi qui se tiendrait les 21 et 22 novembre à Beijing. Pourriez-vous nous donner des informations sur cette réunion ? Qu’attendez-vous de cette réunion ?

R : La coopération sur l’application de la loi est une composante importante des relations entre la Chine et les États-Unis. Créé formellement en 1998 conformément à la Déclaration conjointe sino-américaine publiée par les deux Chefs d’État en 1997, le Groupe de liaison conjoint (JLG) est le premier mécanisme de coopération bilatérale en matière d’application de la loi mis en place par la Chine avec un pays étranger. En tant que principale plate-forme de coopération dans le domaine de l’application de la loi, le JLG a fait un travail très fructueux depuis sa création il y a 18 ans et est hautement apprécié à maintes reprises par les dirigeants des deux pays.

Le JLG est un mécanisme de coordination globale interministérielle piloté par le Ministère chinois des Affaires étrangères et le Département d’État américain et regroupant les différents services chargés de l’application de la loi. La délégation chinoise est co-dirigée par le Directeur général des Traités et du Droit du Ministère des Affaires étrangères et les responsables des départements de la coopération internationale du Ministère de la Sécurité publique et du Ministère de la Supervision, et la délégation américaine, par le Secrétaire d’État assistant, l’adjoint au Secrétaire assistant à la Justice et le Secrétaire assistant à la Sécurité intérieure. Le JLG se réunit une fois par an alternativement en Chine et aux États-Unis.

S’appuyant sur cette plate-forme, les deux pays ont mené une collaboration étroite et réalisé d’importantes avancées dans la poursuite de grands fugitifs comme Yang Xiuzhu, Huang Yurong, Wang Guoqiang, Yang Jinjun et Kuang Wanfang. Ils ont aussi développé de nombreuses coopérations pragmatiques dans les domaines de la lutte contre les violations du droit de propriété intellectuelle, la cybercriminalité et les crimes liés à la drogue.

La 14e réunion du JLG qui se tiendra les 21 et 22 novembre à Beijing sera l’occasion pour les deux parties de passer en revue la coopération menée depuis la 13e réunion, d’avoir des échanges sur les préoccupations de l’une et de l’autre et de définir les priorités de leur coopération pour la prochaine étape. La Chine entend travailler ensemble avec les États-Unis, en saisissant l’opportunité de cette réunion, pour renforcer la confiance mutuelle, élargir les terrains d’entente et approfondir la coopération en vue d’assurer des progrès réguliers au JLG et de promouvoir la coopération en matière d’application de la loi et les relations bilatérales entre les deux pays.

Q : Le Groupe des fournisseurs nucléaires (GFN) s’est réuni récemment à Viennes pour traiter la question de l’admission de nouveaux membres. La Chine appelle à la mise en place d’un mécanisme non discriminatoire pour l’admission des pays non signataires du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Pourriez-vous nous donner plus d’informations là-dessus ?

R : Nous avons exposé à plusieurs reprises notre position sur l’admission des pays non signataires du TNP dans le GFN qui peut se résumer en « deux étapes » : Dans un premier temps, travailler dans un esprit équitable pour trouver une solution non discriminatoire et applicable à tous les pays non signataires du TNP, et ensuite examiner, sur cette base, les demandes d’adhésion des pays non signataires précis.

Le 11 novembre dernier, le GFN a tenu une réunion à Viennes consacrée aux questions techniques, juridiques et politiques liées à l’adhésion des pays non signataires du TNP. C’est la première fois que ce sujet est traité de façon ouverte et transparente par le GFN. Nous considérons que cette réunion marque un bon départ du processus intergouvernemental en « deux étapes ». Nous soutenons le GFN dans ses efforts pour poursuivre ce processus ouvert et transparent, en assurer un premier pas solide conformément aux règles du Groupe et trouver une solution dans les meilleurs délais. Nous estimons que toute solution doit être non discriminatoire et applicable à tous les pays non signataires et qu’elle ne doit nuire ni aux valeurs fondamentales du Groupe ni à l’efficacité, à l’autorité ou à l’intégrité du système de non-prolifération international fondé sur le TNP. Elle ne doit non plus aller à l’encontre du droit international coutumier en matière de non-prolifération. Nous espérons qu’une fois que cette solution sera trouvée, la deuxième démarche qui consiste à traiter les demandes d’adhésion des États non signataires sera entamée dans les meilleurs délais.

Q : Selon les médias japonais, le gouvernement chinois a exprimé son préoccupation par voie diplomatique vis-à-vis du projet japonais de demander l’inscription des « îles Amami-Ryukyu » dans la liste du patrimoine naturel mondial 2018. La partie chinoise aurait indiqué que les Diaoyu Dao, dont la souveraineté n’appartient pas au Japon, pourraient être incluses dans cette demande. Quels sont vos réactions à ces informations ?

R : Le Japon cherche à faire inscrire les îles Amami-Oshima, Tokunoshima, la partie nord d’Okinawa et Iriomote dans la liste du patrimoine naturel mondial. Nous sommes préoccupés car cela pourrait affecter les droits et intérêts concernés de la Chine. Nous avons noté que le Japon avait envoyé une note au Secrétariat de l’UNESCO, affirmant qu’il n’avait pas l’intention d’inclure d’autres zones dans sa demande. Nous exhortons le Japon à régler adéquatement nos préoccupations à travers le dialogue et les consultations et espérons que le Comité du patrimoine mondial pourra traiter cette question de manière objective, équitable et adéquate conformément aux buts et principes et aux règlements pertinents de l’UNESCO.

Q : Selon certaines informations, un conseiller du Président élu des États-Unis Donald Trump aurait dit que les États-Unis avaient commis une erreur en refusant de rejoindre la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB). Le Président de l’AIIB Jin Liqun a affirmé hier dans une interview que l’AIIB serait heureuse d’accueillir de nouveaux membres, mais il ne resterait pas beaucoup de quotes-parts pour eux. La Chine soutient-elle l’adhésion des États-Unis à l’AIIB ?

R : Nous avons noté ces informations. L’AIIB est une institution de développement multilatérale indépendante tout comme la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement. Depuis le lancement du projet et durant tout le processus de préparation, l’AIIB a bénéficié d’une grande attention et d’un soutien général de la communauté internationale. Elle est entrée en opération en janvier dernier et compte aujourd’hui 57 États membres. Quant à l’admission de nouveaux membres, l’AIIB a ses propres règlements et procédures. La Chine ne peut pas se prononcer en son nom ou au nom des autres membres de la banque.

Pour nous, la création de l’AIIB a pour objectif de promouvoir la construction d’infrastructures, de répondre aux besoins d’investissement et de contribuer au développement économique et au bien-être des peuples en Asie. En ce sens, l’adhésion des États-Unis, la première économie du monde, n’est pas une mauvaise chose, et nous sommes de cet avis dès le début, d’autant plus que l’AIIB elle-même insiste toujours sur sa nature d’institution de développement multilatérale ouverte et inclusive.

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