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Conférence de presse du 26 octobre 2016 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2016/10/26

Sur l'invitation du Ministre des Affaires étrangères Wang Yi, le Ministre français des Affaires étrangères et du Développement international Jean-Marc Ayrault effectuera une visite officielle en Chine du 29 octobre au 1er novembre.

La Chine et la France accordent toutes deux une grande importance à cette visite qui sera la deuxième visite en Chine du Ministre Jean-Marc Ayrault depuis sa prise de fonction en début d'année. Les dirigeants d'État chinois recevront le Ministre Jean-Marc Ayrault et le Ministre Wang Yi s'entretiendra avec lui. Selon l'agenda prévu, à part Beijing, le Ministre Jean-Marc Ayrault se rendra aussi à Chengdu et à Shanghai, et assistera à la cérémonie d'ouverture de la 5e édition des Rencontres de la coopération décentralisée sino-française qui auront lieu à Chengdu.

Q : Selon les médias de la République de Corée, la partie chinoise demande aux agences de voyage de diminuer de 20% le nombre de touristes qui partiront pour la République de Corée. Pourriez-vous le confirmer ?

R : Je n'ai aucune information sur ce que vous dites. Mais je pense que vous le savez bien, en principe, le gouvernement chinois encourage toujours les échanges humains et culturels avec les autres pays. Cependant, tout échange humain et culturel entre deux pays, quels qu'ils soient, doit se baser sur une adhésion populaire.

Q : Après le Burundi et l'Afrique du Sud qui ont récemment décidé l'un après l'autre de se retirer du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), la Gambie a fait de même le 25 octobre. Selon certaines sources, la CPI qui prend abusivement comme cibles les hommes politiques africains, surtout les dirigeants d'État africains, ne contribue en rien à l'arrêt des conflits ni à la réalisation d'une paix durable, et elle est aujourd'hui devenue un outil des pays occidentaux pour s'ingérer dans les affaires intérieures des pays africains. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté ces informations. Nous respectons la décision des pays concernés de se retirer du Statut de Rome de la Cour pénale internationale et comprenons les préoccupations persistantes de beaucoup de pays l'égard de la CPI.

Quant à la Chine, elle soutient les efforts de la communauté internationale visant à punir les crimes internationaux graves et à promouvoir la paix et la justice judiciaire dans le monde. Dans le même temps, nous estimons depuis toujours que la CPI doit se conformer scrupuleusement au principe de la juridiction complémentaire, respecter effectivement les principes du droit international tels que la souveraineté et l'immunité des États et exercer son pouvoir selon la loi et les règlements et de manière prudente. C'est ainsi, et avec un travail objectif et juste, que la CPI pourra gagner la confiance et le respect de la communauté internationale.

Q : Vous avez donné des informations sur la prochaine visite en Chine du Ministre Jean-Marc Ayrault. Les échanges de haut niveau entre la Chine et la France sont intenses, est-ce que cela reflète le dynamisme des relations sino-françaises ?

R : À l'heure actuelle, les relations entre la Chine et la France entretiennent un développement régulier, sain et stable, avec des échanges de haut niveau fréquents et une confiance politique mutuelle sans cesse approfondie. La coopération entre les deux parties s'avance à pas assurés dans les domaines traditionnels tels que le nucléaire et l'aéronautique, dans le même temps, la coopération bilatérale a enregistré de nouvelles percées dans les nouveaux domaines tels que le développement durable et la finance. Grâce à l'intensification des échanges humains et culturels, les relations bilatérales reposent désormais sur une base populaire plus solide. En tant que membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, les deux parties entretiennent d'excellentes concertations et coordinations sur les grands dossiers internationaux et régionaux. Surtout, comme vous le savez peut-être, la Chine et la France ont beaucoup travaillé la main dans la main en matière de lutte contre le changement climatique, de renforcement et d'amélioration de la gouvernance économique mondiale, donnant ainsi un bon exemple au reste de la communauté internationale. Nous sommes convaincus que la prochaine visite du Ministre Jean-Marc Ayrault fera accéder le partenariat global stratégique sino-français à un nouveau palier.

Q : Premièrement, aujourd'hui au Japon, le Président philippin Rodrigo Duterte a fait savoir qu'il était convaincu que la question de la Mer de Chine méridionale ne peut être réglée que dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Comment la Chine voit-elle cette déclaration de M. Duterte ? Deuxièmement, la semaine dernière, la Chine et les Philippines ont convenu d'entamer le dialogue sur la question de la Mer de Chine méridionale. Peut-on supposer que la Chine et les Philippines sont tombées d'accord pour mettre de côté la sentence de l'arbitrage sur la Mer de Chine méridionale ?

R : Durant la visite en Chine du Président Rodrigo Duterte, les comptes-rendus de ses rencontres et entretiens avec les dirigeants chinois et la Déclaration conjointe sino-philippine ont donné des explications claires sur les questions d'intérêt commun des deux parties y compris la question de la Mer de Chine méridionale que vous évoquez. La Déclaration conjointe a été publiée dans son intégralité dans laquelle vous pouvez trouver la réponse à votre question.

La déclaration du Président Rodrigo Duterte au Japon est, dans son ensemble, cohérente avec ce qu'il a dit en Chine. Autrement dit, la Chine et les Philippines estiment toutes les deux qu'il faut se focaliser sur la coopération et mettre de côté les divergences. Sur la question de la Mer de Chine méridionale, les questions qui ne peuvent pas être résolues du jour au lendemain peuvent être remises à plus tard et, en attendant, les deux pays doivent se concentrer sur la coopération et le développement. Au Japon, le Président Rodrigo Duterte a aussi exprimé son souhait de régler adéquatement les divergences avec la Chine à travers des consultations bilatérales.

Q : Durant la prochaine visite en Chine du Ministre français Jean-Marc Ayrault, en plus des relations bilatérales, les deux parties vont-elles discuter aussi de la question syrienne ? Est-ce que la Chine avancera une nouvelle proposition pour résoudre la question syrienne ?

R : Nous suivons avec une grande attention les dernières évolutions de la situation syrienne. La Chine, en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité, joue un rôle actif en faveur du règlement politique de la question syrienne. Peut-être que vous l'avez aussi remarqué, l'Ambassadeur Xie Xiaoyan, envoyer spécial du gouvernement chinois pour la question syrienne, est maintenant en visite en Europe pour échanger avec les pays concernés sur la question syrienne. Depuis le début de la crise syrienne, la Chine a avancé plusieurs propositions. Ce sont tous des efforts actifs de la partie chinoise.

Je viens de dire que durant la prochaine visite en Chine du Ministre Jean-Marc Ayrault, les deux parties échangeront leurs points de vue sur les questions internationales et régionales d'intérêt commun. Et je ne serai point étonné si les deux Ministres des Affaires étrangères évoquent la question syrienne.

Q : Le Directeur du Renseignement national des États-Unis James R. Clapper a déclaré ce mardi que les efforts pour faire abandonner les armes nucléaires à la République populaire démocratique de Corée (RPDC) étaient voués à l'échec, et que la RPDC ne le ferait pas. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons réitéré à plusieurs reprises notre position sur la question nucléaire de la Péninsule coréenne. J'ignore quel est le fondement de cette allégation de M. James R. Clapper. J'aimerais souligner le fait que le processus des Pourparlers à Six avait fait abandonner tout projet nucléaire à la RPDC, non seulement les armes nucléaires, mais tout projet nucléaire. C'était un engagement public pris par la RPDC devant la communauté internationale. C'était justement les Pourparlers à Six qui ont amené la RPDC à entreprendre des actions concrètes pour abandonner le nucléaire. Par contre, c'était juste durant la suspension des Pourparlers à Six que la RPDC s'est tournée vers le nucléaire et a mené de multiples essais nucléaires. Ainsi, la Chine en a tiré la conclusion que seul le dialogue permet de résoudre vraiment la question nucléaire de la Péninsule coréenne. Je suis sûr que vous connaissez très bien la position fondamentale de la Chine. Nous nous en tenons à l'objectif de la dénucléarisation de la Péninsule coréenne et à la préservation de la paix et de la stabilité dans la Péninsule. Nous espérons, et nous en avons d'ailleurs la conviction, que seul le dialogue permettra de résoudre réellement la question nucléaire de la Péninsule.

Q : Selon les médias de la République de Corée, la RPDC et la République de Corée ont eu trois contacts militaires secrets en 2012, ce qui a été confirmé par des officiers de la République de Corée. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : J'ai aussi pris note de cette information. Il y a quelques jours, j'ai dit sur cette tribune que nous encouragions les contacts, les consultations et les dialogues entre les différentes parties concernées de la question de la Péninsule coréenne. Les faits ont prouvé que c'est juste au moment où les parties concernées arrivent à entretenir le dialogue et à mettre en œuvre leurs consensus par consultations que la tension commence à s'apaiser dans la Péninsule et que la question nucléaire de la Péninsule s'engage dans la bonne voie du règlement. Par conséquent, je tiens à réitérer que nous encourageons les différentes parties concernées à mener des contacts, des consultations et des dialogues sous quelque forme que ce soit. Nous espérons aussi que les différentes parties pourront travailler dans le même sens et déployer ensemble des efforts effectifs pour faire progresser le processus de la dénucléarisation de la Péninsule coréenne et préserver la paix et la stabilité dans la Péninsule.

Q : La semaine dernière, la Chine a détenu 18 employés du Group Crown Resorts, y compris trois Australiens. Selon les médias australiens, la Chine est en train d'intensifier ses efforts pour lutter contre les tenanciers étrangers de casino en Chine. Y a-t-il d'autres étrangers qui ont été détenus récemment ? Si oui, de quelle nationalité ?

R : Je ne dispose pas plus d'information là-dessus. Les autorités policières chinoises traitent le cas concerné selon la loi. Concernant la situation des citoyens australiens détenus que vous venez d'évoquer, nous avons dit que la Chine s'est acquittée de son obligation en communiquant en temps utile la situation aux missions diplomatique et consulaires australiennes en Chine.

Q : Selon des sources d'information, durant sa visite en RPDC, le Vice-Ministre des Affaires étrangères Liu Zhenmin a discuté avec la RPDC de la construction d'un nouveau pont sur la frontière Chine-RPDC. Pourriez-vous nous donner plus de détails ?

R : J'ai dit hier que le Vice-Ministre Liu Zhenmin, en tant que chef de la délégation chinoise au Comité conjoint Chine-RPDC pour les affaires frontalières, a effectué cette visite en RPDC dans le but de coprésider la 3e réunion du Comité avec le Vice-Ministre des Affaires étrangères de la RPDC Park Myong Guk. Les deux parties ont eu des échanges de vue sur les affaires frontalières telles que la construction d'infrastructures transfrontalières, la coopération des régions frontalières et l'ouverture de postes-frontières.

Dans le même temps, vous êtes peut-être au courant des graves inondations dans le bassin du Fleuve Tumen fin août et début septembre causées par les fortes précipitations prolongées dues au typhon Lionrock. Dans certaines régions frontalières Chine-RPDC, du côté de la RPDC, des dizaines de milliers de maisons ont été détruites, faisant un grand nombre de sans-abri. La RPDC a un besoin urgent d'acheter et de faire acheminer une grande quantité de matériels de secours et de reconstruction. Cependant, les ponts frontaliers qui se trouvaient proches des sinistrés sont gravement abîmés dans les inondations et ne peuvent plus supporter les poids lourds. À la demande de la RPDC et selon les principes humanitaires universellement reconnus, la Chine compte construire un pont flottant temporaire sur le fleuve frontalier Tumen pour faciliter le transport des matériels de secours et de reconstruction. C'est une action de secours humanitaire qui relève du devoir humanitaire de la Chine, pays voisin de la RPDC et grand pays responsable.

Q : (posée à l'issue de la conférence) Comment la Chine apprécie-t-elle le feu Président uruguayen Jorge Batlle ?

R : L'ancien Président Jorge Batlle était un homme d'État éminent très respecté du peuple uruguayen. Grand ami du peuple chinois, il a contribué activement au développement de la cause de l'amitié sino-urugayenne. La Chine exprime ses profondes condoléances pour la disparition de l'ancien Président Jorge Batlle, et adresse sa sincère sympathie au peuple uruguayen et à la famille du Président Jorge Batlle. Nous entendons travailler ensemble avec la partie uruguayenne à faire avancer sans cesse le partenariat stratégique sino-uruguayen.

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