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Conférence de presse du 19 octobre 2016 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2016/10/19

Q : Hier, certains officiels tchèques ont rencontré le Dalaï-Lama. Est-ce que la Chine a exprimé son mécontentement à la partie tchèque ?

R : Le 18 octobre, le Ministre tchèque de la Culture et d’autres officiels tchèques ont rencontré le 14e Dalaï-Lama, en visite en République tchèque pour des activités séparatistes anti-chinoises. Nous y exprimons notre vif mécontentement et notre ferme opposition. Notre position sur cette question est claire et constante. Le 14e Dalaï-Lama est un exilé politique qui mène depuis de longues années à l’étranger des activités séparatistes anti-chinoises sous le couvert de la religion. Nous nous opposons fermement à tout contact, sous quelque forme que ce soit, des personnalités officielles de tout pays avec le Dalaï-Lama.

Nous avons noté que sur la rencontre de ces officiels tchèques avec le Dalaï-Lama, le Président, le Président du Sénat, le Président de la Chambre des députés et le Premier Ministre de la République tchèque ont publié une déclaration conjointe et le Ministère tchèque des Affaires étrangères a également publié une déclaration, réaffirmant et soulignant que le gouvernement tchèque poursuit la politique d’une seule Chine, respecte la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine, et reconnaît le Tibet en tant que partie intégrante de la Chine. Nous espérons que la partie tchèque pourra toujours aller dans la même direction que la partie chinoise et agir concrètement pour bien préserver la bonne dynamique de développement des relations sino-tchèques.

Q : Des médias occidentaux suivent de très près la visite en Chine du Président philippin Rodrigo Duterte, et certains n’ont pas manqué d’y jeter un froid. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Effectivement, beaucoup de médias suivent la visite en Chine du Président Rodrigo Duterte. Les Chinois et les Philippins se réjouissent tous et attendent beaucoup de cette visite. En revanche, il y a bel et bien des gens qui se sentent angoissés, frustrés et rongés d’amertume. Le retour des relations sino-philippines sur la bonne voie d’un développement sain et régulier est une bonne nouvelle tant pour les deux pays que pour la paix et la stabilité régionales. À mon avis, tous ceux qui souhaitent réellement voir la paix, la stabilité, le développement et la prospérité en Asie-Pacifique s’en féliciteront.

Q : La Chine et les Philippines discuteront-elles de la lutte contre la drogue lors de la visite du Président Rodrigo Duterte ? Est-ce que la coopération dans ce domaine sera explicitement indiquée dans une déclaration conjointe ou d’autres documents ?

R : La Chine soutient le Président Rodrigo Duterte dans ses efforts pour conduire le peuple philippin sur la voie de la construction nationale et du développement économique. Nous entendons prendre une part active au développement social et économique des Philippines et engager une coopération avec elles dans les domaines de l’économie, du commerce, des capacités de production industrielle et de la construction des infrastructures. Nous sommes persuadés qu’avec l’amélioration des relations sino-philippines, les deux parties pourront certainement élargir et approfondir leur coopération pragmatique dans les différents domaines et réaliser un développement partagé.

La lutte contre la drogue que vous évoquiez est effectivement une question qui tient à cœur au Président Rodrigo Duterte. Nous saluons l’engagement du Président Rodrigo Duterte à lutter contre la criminalité liée à la drogue et à améliorer la sécurité publique en prenant en considération les intérêts fondamentaux du pays et le bonheur du peuple. Nous entendons discuter avec la partie philippine d’une coopération active en matière de lutte contre la drogue et la narco-criminalité. Les départements compétents des deux pays restent actuellement en communication sur ce sujet.

Q : Le Vice-Ministre vietnamien de la Défense Nguyen Chi Vinh a dit, lors de sa rencontre le 17 octobre avec la Secrétaire assistante adjointe à la Défense des États-Unis Cara Abercrombie, que le Viet Nam soutiendrait l’intervention en Asie-Pacifique des États-Unis et d’autres partenaires tant qu’elle apportait la paix, la stabilité et la prospérité. Selon des commentaires, au moment où la stratégie américaine de rééquilibrage vers l’Asie-Pacifique est mise à l’épreuve, la position prise par la partie vietnamienne constitue un soutien à point nommé au maintien de la présence américaine dans la région. Quels sont vos commentaires sur ce sujet?

R : Nous avons pris note des informations concernées. L’histoire et ce qui se passe aujourd’hui démontrent que la souveraineté, la sécurité et les intérêts de développement d’un pays doivent être décidés, pris en mains et défendus par son peuple. De même, la paix, la stabilité et la prospérité d’une région sont à préserver conjointement par les pays de la région à travers les consultations et la coopération, mais non par une soi-disant « intervention » d’un ou quelques pays.

Q : Le Secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a affirmé, dans un article qu’il a écrit sur le magazine Foreign Affairs, que la Chine jouait souvent avec ses propres règles, sapait les principes et excluait elle-même du reste de l’Asie-Pacifique en mer et aussi ailleurs, et que beaucoup de pays ont exprimé leurs préoccupations. Quels sont vos commentaires sur ce sujet ?

R : Nous avons pris note des informations concernées. Ce n’est qu’une répétition et ne mérite pas d’être réfuté. Mais je tiens à citer un proverbe chinois : « Un homme de vertu ne sera jamais solitaire ». La Chine est un ferme défenseur et un contributeur actif pour la primauté du droit, des règles et de l’ordre à l’échelle internationale, ce qui est connu de tous. Pourtant, les règles doivent être les principes convenus et acceptés par tous, mais non quelque chose fabriqué et imposé aux autres par certains pays pour leurs intérêts égoïstes.

Comme vous le voyez, la Mer de Chine méridionale était instable il y a peu de temps et des Américains y ont joué un rôle négatif. Maintenant que la situation évolue dans un sens positif en Mer de Chine méridionale grâce aux efforts communs de la Chine et des pays concernés de l’ASEAN, nous espérons que certaines personnes de la partie américaine pourront sortir du passé et jouer effectivement un rôle positif et constructif dans la préservation des relations sino-américaines ainsi que de la paix et de la stabilité dans la région.

Q : Le Président Rodrigo Duterte a dit le 18 octobre, lors d’une interview accordée à la presse chinoise, qu’il envisageait d’acheter des armes auprès de la Chine. Souhaitez-vous voir une coopération militaire renforcée entre les Philippines et la Chine ?

R : La Chine développe depuis toujours ses relations avec les autres pays, dont les Philippines, sur la base des cinq principes de la coexistence pacifique, et espère que cela favorisera la paix et la stabilité dans la région. Au fur et à mesure de l’amélioration des relations entre les deux pays et du renforcement de leur confiance mutuelle, la coopération sino-philippine s’étendra sans cesse à de nouveaux domaines. Comme je le disais tout à l’heure, nous entendons développer la coopération avec les Philippines en matière de lutte contre la drogue, la narco-criminalité et le terrorisme.

Q : Certains membres du gouvernement japonais ont visité aujourd’hui le Sanctuaire Yasukuni. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : La visite de membres du gouvernement japonais au Sanctuaire Yasukuni, où sont honorés des criminels de guerre de classe A de la Seconde Guerre mondiale pour embellir la guerre d’agression japonaise, reflète une fois encore l’attitude erronée du gouvernement japonais sur la question historique. Nous nous y opposons fermement.

Nous exhortons la partie japonaise à regarder effectivement en face son passé d’agression et à s’en repentir profondément, à en finir avec le militarisme et à agir concrètement pour regagner la confiance de ses voisins asiatiques et de la communauté internationale.

Q : Le Ministre japonais des Affaires étrangères Fumio Kishida a affirmé le 14 octobre que le Japon avait exhorté l’UNESCO à réformer la procédure d’examen des candidatures au patrimoine mondial et décidé de ne pas payer sa contribution pour cette année, ce qui, selon des sources, est une réponse à l’inscription en 2015 par l’UNESCO des documents du Massacre de Nanjing au Registre de la Mémoire du monde. Quels sont vos commentaires sur ce sujet ?

R : Le Massacre de Nanjing est un crime grave que les militaristes japonais ont commis pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit d’un fait historique reconnu par toute la communauté internationale. L’inscription des documents du Massacre de Nanjing au Registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO démontre pleinement la conformité de cet événement avec les critères d’examen du Registre et permet de se rappeler l’histoire, de consolider la paix et de préserver la dignité de l’homme.

Le paiement des contributions est une obligation des pays membres des organisations internationales. Les propos et les actions de la partie japonaise démontrent une fois de plus son attitude erronée face aux faits historiques. Il est irresponsable de chercher à faire pression en refusant de payer sa contribution à l’UNESCO, et cette tentative n’aboutira pas.

Q : Pourriez-vous présenter le programme du Président Rodrigo Duterte pour aujourd’hui ?

R : Le programme de la visite en Chine du Président Rodrigo Duterte a été fixé il y a longtemps. À ce que je sache, il rencontrera aujourd’hui la communauté philippine en Chine et des hommes d’affaires chinois. Les séances officielles commenceront demain. Le Président Xi Jinping tiendra une cérémonie d’accueil en son honneur, s’entretiendra avec lui et lui offrira un dîner de bienvenue. Le Président Rodrigo Duterte rencontrera aussi le Premier Ministre Li Keqiang et le Président du Comité permanent de l’APN Zhang Dejiang. Et il participera ensemble avec le Vice-Premier Ministre Zhang Gaoli à la cérémonie d’ouverture du Forum sur le partenariat économique Chine-Philippines.

Q : Quelle sorte de discussions les dirigeants chinois et philippin auront-ils demain sur la question de la Mer de Chine méridionale ? Quel consensus souhaitez-vous dégager sur cette question ? Est-ce qu’un consensus sera précisé par les deux parties dans la déclaration conjointe ?

R : Concernant cette question qui vous intéresse, avant de venir en visite en Chine, le Président Rodrigo Duterte a affirmé à plusieurs reprises à la presse qu’il parlerait de l’amitié et de la coopération en Chine et qu’il voulait réaliser un atterrissage doux de cette question. De notre côté, la position de la Chine est constante. Nous préconisons et œuvrons depuis toujours pour un règlement adéquat des questions par le dialogue et les consultations avec les parties concernées.

Comme nous l’avons également noté, le Président Rodrigo Duterte a exprimé à plusieurs occasions qu’il faisait sincèrement confiance à la Chine et qu’il espérait que cette visite permettrait aux deux parties de traiter adéquatement les questions concernées, d’élargir la coopération bilatérale et d’ouvrir de nouvelles perspectives dans les relations sino-philippines. Ce que je tiens à rappeler, c’est que la Chine et les Philippines se remettent sur la bonne voie pour gérer adéquatement leurs divergences sur la Mer de Chine méridionale par le dialogue et les consultations bilatéraux. Voilà la bonne manière dont les amis voisins s’entendent l’un avec l’autre. Nous savons bien qui sont nos amis et sur quelle question nous devons traiter les choses amicalement.

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