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Conférence de presse du 19 septembre 2016 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2016/09/19

Q : Selon des sources d'information, la coalition internationale conduite par les États-Unis a mené une frappe aérienne en Syrie, faisant 62 morts et plus de 100 blessés parmi les militaires du gouvernement syrien. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons pris note de l'incident concerné. Nous exprimons nos regrets pour les pertes humaines causées par la frappe aérienne. L'accord de cessez-le-feu conclu récemment entre les États-Unis et la Russie n'a pas été obtenu sans difficultés. La Chine appelle les différentes parties concernées à renforcer la coordination et la coopération, à continuer à bien mettre en œuvre l'accord de cessez-le-feu et à créer des conditions favorables à une reprise radide des négociations de paix et à l'acheminement des aides humanitaires.

Q : Selon des sources, la Ministre japonaise de la Défense a affirmé, lors de sa récente visite à Washington, que le Japon mènerait des exercices militaires conjoints avec la marine américaine en Mer de Chine méridionale et renforcerait la coopération avec les pays riverains de la Mer de Chine méridionale. Comment y réagissez-vous ?

R : Concernant les récents comportements anormaux du Japon sur la question de la Mer de Chine méridionale, comme je l'ai dit le 28 juillet dans une déclaration, rien n'est plus triste que de refuser de reconnaître la réalité. Les informations que vous évoquiez démontrent que la partie japonaise n'a toujours pas pu, ou plutôt n'a toujours pas voulu regarder en face la tendance irréversible de la situation.

Voyons les derniers développements de la question de la Mer de Chine méridionale. Alors qu'il n'y avait eu aucun problème dans cette zone, des divergences qui étaient jusque-là effectivement maîtrisées ont été mises en évidence à cause des agissements de certains pays hors de la région. Après une certaine période d'instabilité, les pays de la région ont finalement pris conscience de leurs intérêts fondamentaux et sont convenus à l'unanimité de reprendre le consensus régional et de s'attacher à l'approche « à double voie » pour traiter adéquatement la question de la Mer de Chine méridionale, à savoir le règlement pacifique des différends par voie de négociations et de consultations entre les pays directement concernés, et la préservation commune par la Chine et les pays de l'ASEAN de la paix et de la stabilité en Mer de Chine méridionale. C'est dans cet esprit que la réunion des Ministres des Affaires étrangères de la Chine et des pays de l'ASEAN tenue en juillet dernier a publié une déclaration conjointe sur la mise en œuvre intégrale et effective de la Déclaration sur la conduite des parties en Mer de Chine méridionale (DOC) et que le Sommet Chine-ASEAN tenu en septembre a pris l'engagement dans ses documents finaux de mettre en œuvre de manière intégrale et effective la DOC et de promouvoir concrètement la conclusion au plus tôt selon le principe de consensus d'un « code de conduite des parties en Mer de Chine méridionale ». Tout cela illustre la volonté commune des pays riverains et constitue la seule voie permettant de résoudre la question de la Mer de Chine méridionale.

Voyons maintenant ce qu'a fait le Japon par tous les moyens pendant la même période. Il a d'abord fait du tapage autour de cette question en suivant d'autres pays dans la tentative de déstabiliser la situation en Mer de Chine méridionale en prétendant représenter la communauté internationale. Se sentant minoritaire dans la communauté internationale, il est allé chercher le parrainage auprès de sept ou huit pays. Finalement, le Japon, se trouvant de plus en plus isolé, est allé jusqu'à falsifier des faits dans le but d'imposer ses idées aux pays concernés, avant d'être immédiatement démenti par ces derniers.

Je tiens à rappeler deux points au Japon : Premièrement, la Chine est résolument déterminée à défendre sa souveraineté territoriale et ses droits et intérêts maritimes. Deuxièmement, elle est autant déterminée à travailler ensemble avec les pays de l'ASEAN pour traiter adéquatement la question de la Mer de Chine méridionale sur la base de l'approche « à double voie ».

Q : L'Agence internationale de l'Énergie a récemment publié un rapport, exprimant ses préoccupations à l'égard de la surcapacité d'un grand nombre de centrales thermiques en Chine et estimant que face à ces nombreuses centrales, les énergies renouvelables ne peuvent pas donner toute leur mesure. Quels sont vos commentaires sur ce rapport ?

R : Je ne suis pas au courant du rapport que vous évoquiez. Mais je tiens à affirmer les points suivants : Premièrement, la Chine, tout comme d'autres pays dans le monde, traverse un processus d'industrialisation et d'urbanisation. Deuxièmement, au cours de ce processus, au fur et à mesure du développement économique et social du pays et des progrès dans nos concepts de développement, nous poursuivons aujourd'hui une voie de développement vert et durable. À cet égard, la Chine a beaucoup travaillé en matière de réduction d'émissions, de protection environnementale et d'exploitation continue des énergies renouvelables, ce qui est reconnu par la communauté internationale. Pour vous donner un exemple, en marge du récent Sommet du G20 de Hangzhou, la Chine a pris l'initiative de soumettre, ensemble avec le pays concerné, le document de ratification de l'Accord de Paris, jouant ainsi un rôle exemplaire reconnu par les différents pays du monde. Ce que je peux vous dire sur ce sujet, c'est que la Chine est déterminée à poursuivre cette voie de développement vert et durable, qui répond par ailleurs à ses propres besoins dans le développement national.

Q : Selon de récents reportages, suite à la rencontre entre des hauts responsables du Parlement européen et le Dalaï-Lama, la partie chinoise a suspendu les visites en Chine de plusieurs délégations du Parlement européen. Veuillez le confirmer. Quels sont vos commentaires sur ce sujet ?

R : En dépit de la vive opposition de la partie chinoise, le Président du Parlement européen Martin Schulz et le Président de la Commission des Affaires étrangères Elmar Brok ont tenu à rencontrer le 14e Dalaï-Lama en visite au Parlement européen, ce qui contredit la position de l'UE sur la question liée au Tibet et viole l'engagement pris par l'UE vis-à-vis de la Chine. Nous nous opposons fermement à cet acte erroné du Parlement européen et ne pouvons pas rester sans rien faire à cet égard.

La question liée au Tibet touche aux intérêts vitaux de la Chine et aux sentiments de la nation chinoise. Le gouvernement chinois s'oppose fermement au séparatisme ethnique, aux activités anti-chinoises et visant à diviser la Chine, menées par le chef de la clique du Dalaï-Lama dans quelque pays ou organisation que ce soit et sous quelque titre que ce soit, ainsi qu'à toute forme de contact entre lui et les officiels de tout pays ou organisation.

À l'heure actuelle, les relations sino-européennes entrent dans une nouvelle phase, celle d'un développement rapide, et les parlements des deux parties maintenaient jusque-là une bonne dynamique d'échanges. Pourtant, les dirigeants du Parlement européen se sont obstinés cette fois-ci dans leur position erronée, ce qui a porté atteinte aux intérêts vitaux de la Chine et affecté gravement la base politique des échanges interparlementaires entre les deux parties. Nous espérons que les responsables concernés de l'UE changeront de position et prendront des mesures effectives pour effacer les impacts négatifs causés par cet acte erroné.

Q : Les élections à la Douma d'État, chambre basse de la Russie, se sont tenues le 18 septembre. Quels sont vos commentaires à cet égard ?

R : Les élections à la Douma d'État est un événement majeur dans la vie politique en Russie. En tant que partenaire global de coordination stratégique, la Chine soutient fermement le libre choix du peuple russe de sa voie de développement et les efforts de la partie russe pour mener à bien ses propres affaires. Nous sommes persuadés que le résultat des présentes élections reflète pleinement la volonté des Russes et donnera une forte impulsion à la construction et au développement socio-économique du pays.

Q : Toujours sur la question des éventuels exercices militaires conjoints entre le Japon et les États-Unis en Mer de Chine méridionale, Global Times a affirmé hier que le cas échéant, la Chine pourrait créer une zone d'identification de la défense aérienne en Mer de Chine méridionale. Est-ce que vous envisagez de le faire ? Prendrez-vous d'autres mesures pour y répondre ?

R : J'ai déjà présenté, en répondant à la question d'un autre journaliste, la position de la Chine sur les propos tenus par la partie japonaise.

Q : Selon des sources, un attentat terroriste a eu lieu hier dans la région du Cachemire, causant la mort de 17 soldats indiens. Comment y réagissez-vous ?

R : Nous avons pris note des informations concernées. Nous sommes choqués par cet attentat et exprimons notre profonde compassion aux familles des victimes et aux blessés. La Chine s'oppose résolument au terrorisme sous toutes ses formes et le condamne avec fermeté. Préoccupés par la récente escalade de la tension au Cachemire, nous espérons que les parties concernées pourront régler leurs divergences par voie de dialogue et de négociations et renforcer la coopération anti-terroriste pour préserver ensemble la paix et la sécurité dans la région.

Q : Un Hongkongais est décédé suite à un accident de voiture en Islande. Quels concours le Ministère des Affaires étrangères fournira-t-il à sa famille pour rapatrier son corps à Hong Kong ?

R : J'ai besoin de plus d'informations sur l'incident que vous évoquez. Mais s'agissant des principes et des pratiques que nous poursuivons depuis des années, ceux que vous connaissez très bien, lorsque les ressortissants chinois à l'étranger, y compris nos compatriotes de Hong Kong, de Macao et de Taiwan, sont confrontés à des urgences et ont besoin de la protection, de l'assistance et des services consulaires du gouvernement central chinois, les Ambassades et Consulats de Chine dans les pays concernés leur prêteront immédiatement concours et rempliront les devoirs qui leur incombent.

Q : Le nouveau Premier Ministre népalais s'est rendu en visite en Inde. Selon lui, cette visite a été couronnée d'un plein succès et les deux pays sont désormais liés par la confiance mutuelle. Dans le même temps, il a affirmé que les relations entre le Népal et l'Inde sont différentes de celles entre le Népal et la Chine, et qu'il espérait accueillir le Président Xi Jinping au Népal le plus tôt possible. Comment voyez-vous la visite du Premier Ministre népalais en Inde ?

R : L'Inde et le Népal sont tous les deux voisins amis de la Chine. Nous nous réjouissons bien entendu de voir tous nos voisins développer entre eux des relations d'amitié, ce qui favorise la paix, la stabilité et le développement dans la région. Concernant les échanges de haut niveau avec la Chine que le Premier Ministre népalais a évoqués lors de son allocution en Inde, la Chine et le Népal sont deux pays liés par l'amitié et maintiennent depuis toujours d'intenses échanges de haut niveau.

Q : Que vouliez-vous dire en affirmant que vous ne resteriez pas sans rien faire après la visite du Dalaï-Lama au Parlement européen ?

R : Comme nous l'avons dit, tout comme les relations entre la Chine et l'UE, les échanges entre la Chine et le Parlement européen connaissaient jusque-là une bonne dynamique de développement. Or, l'acte erroné du Parlement européen a porté atteinte à la base politique des échanges entre les deux parties. Nous ne resterons donc pas sans rien faire et ferons un choix politique sur la base de notre propre jugement.

Q : Alors que la Chine œuvre à la construction du couloir économique Chine-Pakistan, les relations actuelles entre l'Inde et le Pakistan sont tendues et la région est souvent frappée par des attentats terroristes et des conflits violents. À votre avis, quel impact cette tension aura-t-elle sur la construction du couloir économique Chine-Pakistan ?

R : La construction du couloir économique Chine-Pakistan a pour objectif de mieux servir cette région et de contribuer à un meilleur développement dans chaque pays de la région. Bien sûr, toutes les parties concernées sont appelées à cet égard à conjuguer leurs efforts pour assurer un environnement sûr, sain et favorable à la construction du couloir économique. Comme je l'ai dit tout à l'heure, nous suivons les tensions récemment survenues dans cette région, y compris au Cachemire. La position du gouvernement chinois est la suivante : Nous espérons que toutes les parties concernées pourront travailler ensemble pour régler ces problèmes par voie de consultations amicales et préserver la paix et la stabilité dans la région, ce qui, tout compte fait, correspond aux intérêts communs de la Chine, du Pakistan, de l'Inde et de tous les pays de la région.

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