Page d'accueil > Porte-parole du MAE
Conférence de presse du 12 juillet 2016 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2016/07/12

Q : Tout le monde est préoccupé par l’attaque d’un blindé transportant des casques bleus chinois au Soudan du Sud. Pourriez-vous nous donner encore des informations là-dessus ?

R : L’attentat contre la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud a tué deux casques bleus chinois. Parmi les autres casques bleus chinois, deux ont été grièvement blessés et trois, légèrement blessés. Nous condamnons vivement cet attentat contre le personnel du maintien de la paix des Nations Unies.

Le gouvernement chinois suit de très près cette affaire. Le jour même de l’attentat, le Ministère des Affaires étrangères a mobilisé en urgence les ressources pour faire soigner et transférer les blessés. Le Vice-Ministre Zhang Ming a immédiatement fait des représentations solennelles auprès de l’Ambassadeur du Soudan du Sud en Chine. Il a exhorté le gouvernement sud-soudannais à accorder toute assistance nécessaire en matière de sécurité et de logistique, à coopérer étroitement avec la partie chinoise dans les actions du suivi, à faciliter le traitement et le tranfert des blessés, et à assurer la sécurité des Chinois au Soudan du Sud. Le Ministère des Affaires étrangères a aussi travaillé en étroite communication et coordination avec les services militaires chinois, donné des instructions aux missions diplomatiques chinoises concernées pour qu’elles contactent la partie onusienne et les parties en conflit au Soudan du Sud, et demandé aux parties sud-soudannaises de créer des conditions pour que les blessés chinois soient bien pris en charge. Vous avez certainement noté la déclaration à la presse du Président du Conseil de Sécurité et les propos du Secrétaire général des Nations Unies. Très attentives aux blessés chinois, les Nations Unies ont activement coopéré avec nous et soutenu nos efforts. Actuellement, les blessés ont été transférés du camp à un hôpital de meilleures conditions.

Q : Le Tribunal arbitral sur l’arbitrage concernant la Mer de Chine méridionale a dit qu’il enverrait aujourd’hui le résultat de l’arbitrage plus tôt que prévu aux Philippines et aux autres États revendicateurs ainsi qu’aux pays observateurs. Vous avez dit de ne pas participer à l’arbitrage concerné, allez-vous accepter ce document ? Sous quelle forme sera-t-il envoyé ? Sera-t-il envoyé à l’Ambassade de Chine aux Pay-Bas ou par e-mail ?

R : Vous avez très bien expliqué la position de la Chine. Dès le début, nous ne reconnaissons ni n’acceptons pas cet arbitrage. Et donc avec ce Tribunal arbitral illégal, nous n’avons aucun lien en matière de procédures judiciaires qui pourraient avoir des conséquences juridiques. Et nous n’accepterons aucun document qu’il fournit sous quelque forme que ce soit.

Q : Le résultat de l’arbitrage concernant la Mer de Chine méridionale introduit à la demande unilatérale des Philippines verra le jour aujourd’hui. Comment le voyez-vous ? Quels seront ses impacts sur la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale ? Et comment y réagirez-vous à la prochaine étape ?

R : Comme je l’ai dit aux correspondants de Reuters et de New York Times, la position de la Chine à l’égard du soi-disant Tribunal arbitral constitué à la demande unilatérale de l’ancien gouvernement philippin est connue de tous depuis trois ans et ce n’est plus chose nouvelle.

J’aimerais dire que ce soi-disant Tribunal arbitral est constitué dès le début sur la base des actions et des revendications illégales des Philippines. Son existence n’a pas de légitimité. Toute sentence qu’il rendra sera vaine et nulle et non avenue.

Vous avez évoqué les impacts du résultat de l’arbitrage. Premièrement, il pourrait aiguiser les contradictions et exacerber les tensions dans la région, et ces impacts négatifs ne sont certainement pas dans l’intérêt de la paix et de la stabilité dans la région.

Deuxièmement, je ne vois aucun impact qu’il aura sur les politiques établies de la Chine. Que cet arbitrage existe ou non, les politiques de la Chine de préserver fermemement la souveraineté et les intérêts en matière de sécurité et de régler la question de la Mer de Chine méridionale conformément à l’approche à « double voie » avancée par les pays de l’ASEAN ne changeront pas. Par la « double voie », on entend d’une part, régler les différends concernés par un dialogue direct avec les parties directement concernées, et de l’autre, préserver la paix et la stabilité dans la région grâce aux efforts conjugués de la Chine et des pays de l’ASEAN. Que cet arbitrage existe ou non, devant les provocations de quiconque ose défier les intérêts de la Chine, la détermination de la Chine à y répondre résolument ne changera pas.

Q : Après la publication du résultat de l’arbitrage concernant la Mer de Chine méridionale aujourd’hui, envisagez-vous un dialogue avec les Philippines ? Imposerez-vous des conditions à ce dialogue ?

R : D’abord, la Chine et les Philippines ont maintenu pendant longtemps de très bonnes relations et les deux peuples sont toujours liés par une amitié traditionnelle. Ces dernières années, pour des raisons connues de tous, les relations sino-philippines ont rencontré certaines difficultés. Pour notre part, nous espérons continuer à développer les relations d’amitié avec nos pays voisins, dont les Philippines, afin de préserver ensemble la paix et la stabilité dans la région et de réaliser le bénéfice mutuel et le gagnant-gagnant. Cette volonté n’a pas changé. Nous avons également noté que le nouveau gouvernement philippin, après sa prise de fonctions, avait fait part de sa volonté d’ouvrir rapidement un dialogue bilatéral avec la Chine, de réaliser le développement commun et de gérer efficacement les problèmes entre les deux pays. Nous y sommes toujours favorables bien entendu.

Q : Selon des sources d’informations, les parties en conflit au Soudan du Sud ont annoncé hier un cessez-le-feu. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous espérons voir les parties en conflit au Soudan du Sud cesser les hostilités de manière effective et durable et mettre en œuvre attentivement l’accord de paix, de sorte à rétablir rapidement la paix et la stabilité au Soudan du Sud.

Q : La Secrétaire d’État à l’Intérieur du Royaume-Uni Theresa May sera la Première Ministre du Royaume-Uni à partir du 13 juillet. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté les informations concernées. Nous accordons depuis toujours une grande importance aux relations sino-britanniques et nous entendons continuer à travailler avec le nouveau gouvernement britannique, dans l’esprit du respect mutuel et du gagnant-gagnant, à renforcer la confiance politique mutuelle, à approfondir la coopération pragmatique dans tous les domaines et à saisir l’opportunité offerte par l’« âge d’or » des relations sino-britanniques pour développer en profondeur ces relations.

Q : Vous avez dit que la Chine n’accepterait pas le résultat de l’arbitrage publié à l’avance. Alors après la publication officielle du résultat de l’arbitrage, est-ce que vous y réagirez ?

R : Comme je l’ai déjà dit en répondant à la question de Reuters, nous n’aurons aucun lien juridique avec cet arbitrage, car nous n’avons pas reconnu l’organe illégalement établi dès le début.

Q : La commissaire européenne au commerce Cecilia Malmstrom a dit dans son discours en Chine que la Chine devait créer un environnement plus favorable à la concurrence équitable pour conclure l’accord d’investissement avec l’UE et que les entreprises de l’UE étaient encore préoccupées par le cadre d’affaires en Chine. Comment y réagissez-vous ?

R : Nous avons aussi noté ces déclarations. En fait, depuis le lancement de la politique de réforme et d’ouverture sur l’extérieur il y a 38 ans, le gouvernement chinois a fait beaucoup d’efforts pour mettre en place et perfectionner le mécanisme et le système du marché, et a obtenu des progrès à ces égards. Cela est connu de tous. Quant à la question de savoir si le cadre d’investissement en Chine est bon ou non pour les investisseurs étrangers, c’est plutôt au marché et aux chiffres de le dire. Je peux vous donner quelques chiffres : entre janvier et avril 2016, 8 298 entreprises à investissements étrangers ont été créées en Chine, soit une hausse de 6.5% par rapport à la même période de l’année dernière. Parmi ces entreprises, 555 sont créées avec l’investissement des 28 pays de l’UE, soit une augmentation de 5,1% par rapport à la même période de l’année dernière. Les investisseurs de l’UE ont montré par leurs gestes concrets que la Chine demeure toujours une destination favorite des investissements de l’UE et du monde entier.

Je tiens à souligner que les politiques de la Chine sur l’utilisation des investissements, la création d’un environnement d’investissement favorable aux entreprises étrangères en Chine et la protection des droits et intérêts légitimes des investisseurs étrangers ne changeront pas. L’économie chinoise recèle d’immenses potentialités et de marge de manœuvre. Nous entendons continuer à partager les dividendes du développement avec tous les pays, afin de réaliser le bénéfice mutuel et le gagnant-gagnant.

Q : Les États-Unis se posent toujours en défenseur du droit de la mer et demandent aux autres pays de respecter le droit international, alors qu’ils se laissent et laissent leurs alliés agir contre la loi, et ferment les yeux devant l’occupation illégale par leurs alliés des îles et récifs de Chine. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Vous avez posé une bonne question. Comme je l’ai dit ici à plusieurs reprises, avant le lancement par les États-Unis de la soi-disant « stratégie de rééquilibrage vers l’Asie-Pacifique », la situation en Mer de Chine méridionale et dans la région était très calme et pacifique. C’est justement après l’arrivée des Américains dans la région et le lancement de la soi-disant stratégie de « rééquilibrage » que les choses ont changé. Avant le lancement par les États-Unis de la soi-disant « stratégie de rééquilibrage vers l’Asie-Pacifique », des différends et des problèmes existaient entre les pays de la région, mais dans l’ensemble, la paix, la stabilité et la sécurité ont pu être préservées. Quoi que disent les États-Unis, la réalité est que c’est après le lancement par les États-Unis de la « stratégie de rééquilibrage vers l’Asie-Pacifique » que la situation dans la région a changé.

Certains, aux États-Unis, se posent en défenseurs du droit de la mer, alors qu’ils refusent encore de ratifier la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer 34 ans après la conclusion de la Convention. Ils demandent aux autres pays d’accepter le règlement du différend par une tierce partie, mais cherchent par tous les moyens à s’en écarter (vous pouvez le constater à travers les pratiques précédentes de la justice internationale) et refusent d’accepter la décision et l’instruction faites par la Cour internationale de Justice, organe judiciaire le plus important des Nations Unies. Cette pratique opportuniste de recourir au droit international ou de le rejeter selon des besoins ne fera rien que de compromettre gravement l’autorité, la rigueur et l’efficacité du droit international. C’est ça le vrai danger et c’est ça qui appelle une haute vigilance de la communauté internationale.

Q : Selon des sources d’information, le Viet Nam a accusé des garde-côtes chinois d’avoir coulé un navire vietnamien au large du Viet Nam. Quel sont vos commentaries là-dessus ?

R : Le 9 juillet vers 19 h, le Centre chinois de recherche et de sauvetage en mer a reçu une demande de secours du Centre de sauvetage en mer de Viet Nam disant qu’un bateau de pêche vietnamien a coulé à 55 miles marins au sud-est de Yongxing Dao en Mer de Chine méridionale, et que les cinq pêcheurs vietnamiens à bord sont tous tombés dans l’eau. À cela, la partie chinoise a immédiatement mobilisé le « South China Sea Rescue 118 » et le « China Coast Guard 45102 » pour porter secours aux pêcheurs, et a émis une alerte de navigation appelant les navires passant par là à renforcer la vigilance et à accorder l’assistance nécessaire. Selon les dernières informations, les pêcheurs vietnamiens ont été tous sauvés.

Q : Avez-vous été informé de la cause du naufrage ?

R : Je vous ai déjà présenté les détails dont je dispose.

Q : Si j’ai bien compris, que la Chine le veuille ou non, le Tribunal arbitral enverra par e-mail le résultat de la sentence par avance. Avez-vous un compte de messagerie électronique pour le recevoir ?

R : J’ai déjà répondu à cette question tout à l’heure. Puisque nous ne reconnaissons pas cet organe illégal, nous n’avons aucun lien juridique et judiciaire avec lui. Toute tentative de certaines parties de confirmer un tel lien est vaine et inutile.

Q : Certains médias chinois disent que si le résultat de la sentence est en défaveur de la Chine, la Chine envisagera de se retirer de la CNUDM. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Je ne sais d’où viennent ces informations. Je tiens à dire que depuis que nous avons ratifié la CNUDM en 1996, nous avons toujours œuvré à appliquer et à défendre la CNUDM. J’aimerais ajouter que la Chine souligne depuis toujours que toutes les parties doivent appliquer intégralement et correctement la CNUDM, et non choisir ce dont on a besoin dans la convention et même agir à l’encontre de la CNUDM, comme certains pays l’ont fait.

Recommander à   
  Imprimer
Consulat Général de la République Populaire de Chine à Marseille Tous droits réservés