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Conférence de presse du 21 juin 2016 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2016/06/21

Q : Selon des informations, la Chine est en train de renégocier avec l’opposition du Venezuela un prêt de plusieurs milliards de dollars US. Pourriez-vous le confirmer ?

R : Autant que je sache, ce que vous avez dit n’est pas vrai.

Le Venezuela est un pays important en Amérique latine. Depuis des années, la Chine et le Venezuela œuvrent, dans le respect des principes de l’égalité, du bénéfice réciproque et du développement partagé, à promouvoir un développement régulier et stable de leurs relations bilatérales, marqué par les échanges et la coopération étroits dans tous les domaines, les échanges humains intenses, le bon fonctionnement du Comité mixte de haut niveau sino-vénézuélien et des autres mécanismes bilatéraux, ainsi que le progrès de la coopération pragmatique. La Chine espère et est persuadée que le peuple vénézuélien a la capacité et la sagesse de bien gérer les affaires intérieures du pays et de maintenir la stabilité nationale et le développement économique et social. Nous entendons travailler avec la partie vénézuélienne à continuer à consolider l’amitié traditionnelle, à approfondir la coopération pragmatique et à faire progresser le partenariat global stratégique sino-vénézuélien, dans le bénéfice des deux pays et des deux peuples.

Q : En quoi consiste le rôle de la Chine dans la promotion des pourparlers de paix entre le gouvernement afghan et les Taliban ? Pourquoi la Chine est-elle si préoccupée par la stabilité en Afghanistan ?

R : L’Afghanistan est un pays voisin important de la Chine. Il est tout naturel que nous prêtions une grande attention à la stabilité et à la sécurité dans le pays. Voisin ami de l’Afghanistan, la Chine espère sincèrement que le peuple afghan pourra vivre dans la paix, la stabilité et la sécurité et bénéficier du développement du pays.

La Chine soutient toujours fermement le processus de réconciliation politique inclusif « par les Afghans et des Afghans », et entend continuer à œuvrer avec les pays concernés, dans le respect de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Afghanistan et de la volonté des différentes parties, à soutenir et à faire progresser le processus de réconciliation en Afghanistan et à promouvoir la paix et la stabilité dans le pays et dans la région.

Q : Selon des médias américains, le nombre des actes de cyber-espionnage commercial entrepris par la Chine contre les États-Unis a considérablement diminué l’année dernière, ce qui montre que la partie chinoise a honoré ses engagements en la matière. Avez-vous noté cette information ? Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Concernant le cyber-espionnage commercial, nous avons exprimé à plusieurs reprises notre position de principe. La Chine s’oppose au cyber-espionnage commercial sous toutes ses formes et le combat fermement. Nous avons des canaux de communication et de coopération efficaces avec la partie américaine sur cette question. Nous estimons que les parties concernées doivent, dans l’esprit de confiance réciproque, de respect mutuel et de coopération d’égal à égal, renforcer la communication et la coopération et lutter ensemble contre le cyber-espionnage commercial.

Q : Le 20 juin, le Premier Ministre cambodgien Hun Sen a parlé pendant presque une heure de la question de la Mer de Chine méridionale lors de la cérémonie de remise des diplômes à l’École royale d’administration du Cambodge. Il a fait remarquer que l’arbitrage concernant la Mer de Chine méridionale avait été initié par des motifs politiques et que le Cambodge ne le soutiendrait pas. Il a appelé les parties concernées à régler les différends par voie de négociations bilatérales. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : La Chine apprécie hautement les remarques faites par le Premier Ministre Hun Sen hier lors de la cérémonie de remise des diplômes à l’École royale d’administration du Cambodge et en est reconnaissante.

S’agissant de l’arbitrage concernant la Mer de Chine méridionale initié par les Philippines, la Chine a déjà exprimé sa position de non-acceptation et de non-participation. Personne ne doit s’attendre à ce que la Chine accepte les résultats quelconques découlant d’un arbitrage illégal et injuste. Nous n’acceptons ni ne participons au soi-disant arbitrage, c’est parce que nous voulons défendre la dignité et l’autorité du droit international.

Je voudrais réitérer que sur les questions relatives à la souveraineté territoriale et aux droits et intérêts maritimes, la Chine n’accepte aucune solution imposée ni aucune procédure de règlement des différends recourant unilatéralement à une tierce partie. La Chine continuera à œuvrer avec les États souverains directement concernés à régler les différends par voie de négociation dans le respect des faits historiques et en vertu du droit international.

Q : The Wall Street Journal et quelques autres médias occidentaux ont indiqué récemment qu’il n’y avait que huit pays qui soutenaient véritablement la position de la Chine sur l’arbitrage concernant la Mer de Chine méridionale. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Nous savions déjà qu’il arrivait parfois à quelques médias occidentaux de faire passer le blanc pour le noir, et maintenant nous nous sommes rendu compte qu’ils ont même du mal à faire des calculs.

Comme vous le savez, de plus en plus de pays ont exprimé leur compréhension et leur soutien à l’égard de la position de la Chine après avoir tiré au clair les tenants et les aboutissants de la question de la Mer de Chine méridionale et la nature de l’arbitrage concerné. Certains l’ont fait de manière ouverte, par écrit, et certains d’autres, discrètement, à l’oral. Il y a des déclarations qui ont été rendues publiques par des médias, il y en a aussi qui ne le sont pas. Quoi qu’il en soit, des dizaines de pays ont fait entendre leur voix.

La Zambie, le Cameroun, l’Éthiopie et le Malawi ont exprimé récemment, à différentes occasions, leur compréhension et leur soutien à l’égard de la position chinoise. Avant-hier, lors la visite du Président Xi Jinping en Serbie, la Chine et la Serbie ont signé la Déclaration commune sur l’établissement du partenariat global stratégique, dans laquelle les deux parties affirment en termes clairs leur constat que sur la question de la Mer de Chine méridionale, les différends territoriaux et maritimes doivent être réglés pacifiquement à travers les consultations et les négociations amicales entre les parties directement concernées conformément aux accords bilatéraux et aux dispositions prévues dans la Déclaration sur la conduite des Parties en Mer de Chine méridionale (DOC). Le Premier Ministre cambodgien Hun Sen, dans son discours prononcé hier lors de la cérémonie de remise des diplômes à l’École royale d’administration, a indiqué plusieurs fois clairement que le Cambodge ne soutenait pas l’arbitrage concernant la Mer de Chine méridionale, et appelé les parties concernées à régler les différends par les négociations bilatérales.

Les médias que vous avez évoqués prêtent une attention si particulière à la question de la Mer de Chine méridionale qu’il est impossible qu’ils ignorent ces déclarations, à moins qu’ils aient choisi délibérément de les négliger. Je ne sais pas si ces médias ont compté les pays ayant déclaré clairement, ouvertement et par écrit leur opposition à la position de la Chine. Nous espérons qu’ils pourront adopter une attitude objective et impartiale dans l’exercice de leur mission et être justes à l’égard de la Chine.

Q : The Wall Street Journal. Première question, selon Kyodo News, une fois que la sentence arbitrale concernant la Mer de Chine méridionale lui sera défavorable, la Chine envisagerait de se retirer de la Convention des Nations Unies sur le droit de la Mer (CNUDM). Quel est votre commentaire là-dessus ? Deuxième question, nous avons contacté des pays qui, selon vous, soutiennent la position de la Chine sur la question de la Mer de Chine méridionale. Mais certains d’entre eux n’ont pas exprimé directement leur soutien à la Chine. Comment y répondez-vous ?

R : Concernant la première question, j’ai remarqué que les récentes rumeurs provenaient des médias japonais. Je ne sais pas d’où viennent ces informations et pourquoi ils les diffusent ?

Je tiens à souligner que l’introduction unilatérale de l’arbitrage concernant la Mer de Chine méridionale par les Philippines constitue un abus des procédures prévues dans la CNUDM et une violation du droit international général, de la DOC et des accords bilatéraux conclus entre la Chine et les Philippines. La Chine, en refusant d’accepter et de participer à l’arbitrage initié par les Philippins, défend l’autorité du droit international, y compris la CNUDM. Nous estimons toujours que la CNUDM doit être interprétée et appliquée de manière bienveillante, complète et intégrale, ce qui contribuera à la préservation de l’ordre international du droit de la mer et est dans l’intérêt de l’ensemble de la communauté internationale.

S’agissant de la deuxième question, nous avons lu attentivement l’article que vous avez publié et le trouvons bizarre. Selon cet article, il y a seulement huit pays qui soutiennent la Chine. Mes collègues et moi avons vraiment du mal à comprendre d’où vient ce chiffre. Vous avez dit que vous vous étiez adressé à certains pays et qu’ils s’étaient prononcés contre la position chinoise. Si je ne me trompe pas, parmi les cinq pays énumérés dans l’article figure le Cambodge. Cependant, comme vous le savez, le Premier Ministre cambodgien Hun Sen a parlé hier pendant presque une heure de la question de la Mer de Chine méridionale lors de la cérémonie de remise des diplômes à l’École royale d’administration du Cambodge, et expliqué sans aucune ambiguïté la position du Cambodge sur cette question. Je me demande qu’en pense votre collègue rédacteur de l’article après avoir lu son discours.

Q : Nous l’avons déjà lu. Mais la semaine dernière, lorsque nous avons contacté le gouvernement cambodgien, la réponse était différente.

R : Je ne sais pas de qui vous parlez comme représentant du gouvernement cambodgien. Nous sommes convaincus que tous les pays, et vous aussi, reconnaissent que le Premier Ministre est le mieux placé pour parler au nom du gouvernement.

Dans ledit article a également été mentionnée la Déclaration de Doha, qui est disponible en ligne et a été largement couvert par les médias.

Q : Mais ce sont des informations publiées par des médias officiels de Chine, et non par les gouvernements concernés.

R : La Déclaration de Doha a été publiée par la Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-arabe et représente la position commune de la Chine, des 21 pays arabes et de la Ligue arabe.

Q : Nous avons publié l’article, mais nous aimerions toujours discuter avec vous sur la liste de ces pays à une certaine occasion.

R : Comme je l’ai dit tout à l’heure, de plus en plus de pays ont témoigné de la compréhension et du soutien à l’égard de la position de la Chine. Certains l’ont fait de façon ouverte et par écrit, d’autres, par la voie bilatérale. Certaines déclarations ont été rendues publiques, d’autres ne le sont pas. Pourriez-vous d’abord me donner une liste des pays qui ont exprimé explicitement leur opposition à la Chine d’après les résultats de vos enquêtes ?

Q : Hier, vous avez fait savoir que toutes les six parties de la question nucléaire de la péninsule coréenne enverraient des représentants et universitaires au Dialogue pour la coopération en Asie du Nord-Est. Pourriez-vous nous présenter l’état d’avancement de ce dialogue ? A-t-il abouti à des résultats concrets jusqu’ici ?

R : Comme je l’ai indiqué hier, cette année se tient la 26e session du Dialogue pour la coopération en Asie du Nord-Est, organisée conjointement par l’Institut des études internationales de Chine et University of California Institute on Global Conflict and Cooperation. Cette session se penchera sur la situation sécuritaire actuelle en Asie du Nord-Est, la mise en place de plateformes de dialogue de sécurité multilatérale dans la région et les relations entre grands pays. Depuis des années, ce Dialogue a servi de plateforme d’interaction pour les six parties, dans le cadre duquel ont été menées beaucoup de discussions utiles sur la coopération en Asie du Nord-Est. Nous espérons que la prochaine session sera l’occasion de poursuivre de manière constructive les discussions sur les questions relatives à la coopération en Asie du Nord-Est et contribuera au maintien de la paix et de la stabilité dans la région. Vous pourriez vous adresser directement aux organisateurs pour plus de détails.

Q : La RPDC aurait déployé sur sa côte est des missiles balistiques de moyenne portée et se préparerait au lancement. La Chine en est-elle au courant ?

R : Je n’en suis pas au courant. Cependant, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a adopté des dispositions explicites sur la question des missiles balistiques. La situation actuelle dans la péninsule coréenne reste complexe et sensible. Nous espérons que les parties concernées pourront s’abstenir de tout acte susceptible de compliquer davantage la situation.

Q : Le Président russe Vladimir Poutine a parlé, au Forum économique de Saint-Pétersbourg, de la création d’un « partenariat de la grande Eurasie », qui inclura les pays de la Communauté des États indépendants et la Chine. Et il discutera avec la partie chinoise sur les grands projets de coopération lors de sa visite en Chine. Quelle est l’attitude de la Chine là-dessus ?

R : La Chine et la Russie attachent toutes les deux une grande importance aux grands projets de coopération. Nous espérons que les deux parties pourront conjuguer leurs efforts pour en faire des projets phares gagnant-gagnant. Le Président Vladimir Poutine entamera une visite d’État en Chine le 25 juin, durant laquelle les deux chefs d’État auront des entretiens, et plusieurs documents politiques importants seront signés et publiés. Le Premier Ministre Li Keqiang et le Président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale Zhang Dejiang rencontreront également le Président Poutine. Les deux parties procèderont à des discussions approfondies sur les partenariats importants, y compris les projets que vous avez mentionnés, et assisteront à la signature de documents sur la coopération pragmatique entre les départements compétents et les entreprises concernées. Nous en publierons les informations en temps voulu.

Q : Pourquoi les garde-côtes chinois ont interdit aux bateaux de pêche philippins d’entrer dans les eaux de Huangyan Dao ? Ils ont repoussé les navires philippins en utilisant des canons à eau. Comment y répondez-vous ?

R : Quand s’est-il passé ? Je n’en suis pas au courant. Cela dit, Huangyan Dao fait partie intégrante du territoire chinois. Il est irréprochable que les gardes-côtes chinois mènent des actions d’application de la loi normales dans les zones maritimes relevant de la souveraineté et sous la juridiction de la Chine.

Q : Aujourd’hui, le festival annuel de la viande de chien a eu lieu à Yulin, dans la province du Guangxi. Des voix se lèvent dans le monde pour le critiquer. Certaines associations de protection des animaux et des individus réclament l’interdiction de cette activité. Le gouvernement chinois soutient-il ce festival ?

R : Ce n’est pas une question d’ordre diplomatique. D’après le gouvernement local, manger des litchis et de la viande de chien au solstice d’été selon le calendrier lunaire chinois est une habitude alimentaire des habitants de Yulin, et il s’agit plutôt d’une préférence alimentaire individuelle. Il n’y a pas de festivités pour manger du chien. Le gouvernement local de Yulin n’a jamais soutenu ni n’organisé le soi-disant « festival de la viande de chien de Yulin ».

Q : Le Ministère chinois des Affaires étrangères a répondu à plusieurs reprises aux questions sur le Groupe des fournisseurs nucléaires (GFN) pendant ces dernières semaines. Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a publié aujourd’hui une déclaration appelant les membres du GFN à examiner et à soutenir l’adhésion de l’Inde. Comment y répondez-vous ?

R : Concernant la question de l’adhésion de l’Inde au GFN qui tient à cœur aux journalistes indiens, nous y avons répondu à plusieurs occasions ces derniers jours. Ce qui est clair, c’est que les membres du GFN restent encore divisés sur la question de l’adhésion des « États non partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ». La question devant nous, c’est donc de savoir si les membres du GFN pourront dégager un consensus là-dessus, et non de décider l’adhésion d’un « État non partie au TNP » précis. La position de la Chine s’applique à tous les « États non partie au TNP » et ne vise aucun pays particulier.

Vous avez mentionné la déclaration américaine appelant à soutenir l’adhésion de l’Inde au GFN. Je ne l’ai pas vue. Cependant, ce sont les États-Unis qui ont conduit l’élaboration de la règle selon laquelle les membres du GFN doivent nécessairement être États partie au TNP. Le TNP constitue la base politique et juridique du régime international de non-prolifération nucléaire, tel est un consensus établi depuis de longues années par la communauté internationale. La position de la Chine a pour objectif de préserver le rôle du TNP en tant que pierre angulaire du régime international de non-prolifération.

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