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Conférence de presse du 26 mai 2016 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2016/05/26

Q: Selon des sources d'information, le Premier Ministre vietnamien Nguyen Xuan Phuc a fait savoir récemment que le Viet Nam n'a pas l'intention d'étendre sa présence militaire en Mer de Chine méridionale et que son pays cherche à régler les différends par des moyens pacifiques. Le Viet Nam est prêt à travailler ensemble avec les partenaires de la région et les partenaires stratégiques pour assurer la sécurité régionale. Qu'en pensez-vous?

R: La Chine préconise depuis toujours de régler les différends territoriaux et les différends relatifs aux droits et intérêts maritimes par voie de négociations et de consultations entre les pays directement concernés dans le respect des faits historiques et conformément au droit international. La Chine et le Viet Nam ont l'expérience réussie en matière de règlement pacifique des différends bilatéraux par le biais des négociations et des consultations.

Prenons l'exemple des différends concernant la frontière terrestre entre la Chine et le Viet Nam. Ces différends avaient été longtemps un obstacle aux relations bilatérales. Les deux pays sont finalement parvenus à signer et à mettre en œuvre trois documents juridiques après plus de 30 ans de négociations et de consultations et à ainsi bien résoudre le problème de frontière hérité du passé. La frontière sino-vietnamienne longue de 1 450 kilomètres est devenue un pont d'amitié et de coopération entre les deux pays et leurs peuples. Aujourd'hui, les échanges humains et commerciaux dans la zone frontalière sont très dynamiques. Et cette semaine, dans le Guangxi, les deux parties viennent d'organiser avec succès une réunion du bilan de la mise en œuvre des trois documents juridiques, l'occasion de passer en revue les échanges et la coopération amicaux sino-vietnamiens sur la gestion de la frontière et le développement de la zone frontalière. La Chine et le Viet Nam sont voisins liés par une amitié traditionnelle. Les deux pays ont la sagesse et la capacité de régler les différends concernés par voie de négociations et de consultations, au grand bénéfice des deux pays et de leurs peuples.

La Chine et le Viet Nam ont déjà réalisé la délimitation du golfe Beibu. S'agissant des questions maritimes laissées en suspens, les deux pays parviendront à les régler s'ils tirent tous les enseignements des expériences du passé et font preuve de détermination, de patience et de persévérance.

Q: Récemment, le Global Times et quelques autres médias ont publié des articles qui disent que le cercle des amis de la Chine s'élargit de plus en plus sur la question de la Mer de Chine méridionale. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R: Comme je l'ai déjà dit, toutes les personnes et tous les pays qui n'ont pas d'intérêts politiques égoïstes et qui connaissent l'historique de la question de la Mer de Chine méridionale comprendront et soutiendront la juste position de la Chine sur cette question. Il est vrai que de plus en plus de pays et organisations expriment, par la déclaration ouverte ou par canaux bilatéraux, leur compréhension et leur soutien à l'égard de la position de la Chine.

Par exemple, le 25 mai, le gouvernement du Vanuatu a publié une déclaration du Premier Ministre, exprimant la compréhension et le soutien total du Vanuatu vis-à-vis de la position de la Chine sur la question de la Mer de Chine méridionale. Le Royaume du Lesotho a également publié une déclaration sur la situation en Mer de Chine méridionale, appelant les parties directement concernées à régler pacifiquement les différends territoriaux et relatifs aux droits et intérêts maritimes en Mer de Chine méridionale par voie de négociations et de consultations amicales en vertu des accords bilatéraux et de la Déclaration sur la conduite des parties en Mer de Chine méridionale (DOC) et indiquant que le droit des pays souverains et des Etats parties à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) de choisir par eux-mêmes le moyen de règlement des différends doit être respecté.

Le Secrétaire général de la présidence palestinienne Tayeb Abdul Rahim a déclaré récemment, dans une interview, que les paroles et les actes de la Chine sur la question de la Mer de Chine méridionale montrent parfaitement que la Chine est un grand pays responsable qui ne violera pas les intérêts des autres pays, et selon lui, accuser la Chine de rechercher l'hégémonie dans la région est complètement infondé.

La Chine apprécie hautement la position juste des pays concernés. La Chine est dans son bon droit en défendant sa souveraineté territoriale et ses droits et intérêts légitimes en Mer de Chine méridionale et elle est honnête dans ses efforts pour maintenir la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale. Toute tentative de porter atteinte aux droits et intérêts souverains de la Chine en l'intimidant, en faisant pression sur elle ou en taxant la Chine de tous les maux est vouée à l'échec.

Q: Le Président américain Barack Obama se rendra demain à Hiroshima et ce pour la première fois. Quel est votre commentaire?

R: Nous ne devons jamais oublier que la guerre d'agression menée par les militaristes japonais a infligé des souffrances indicibles aux peuples d'Asie et provoqué des désastres aux Japonais, y compris ceux à Hiroshima et à Nagasaki. Plus de sept décennies après la fin de la Seconde Guerre mondiale, un travail de conscience sur la responsabilité de la guerre doit être fait, les leçons du passé doivent être retenues, et les acquis de la victoire de la Seconde Guerre mondiale doivent être respectés. C'est seulement ainsi que le pays provoquant la guerre et les pays victimes pourront se réconcilier véritablement. Nous espérons que le Japon adoptera une attitude responsable envers son peuple et le monde et tirera toutes les leçons de l'histoire, de sorte que la tragédie de la guerre ne se reproduise plus.

Q: Des fédérations professionnelles de l'acier dont l'européenne Eurofer ont écrit une lettre ouverte aux dirigeants du G7, les exhortant à faire en sorte que l'acier chinois bon marché ne crée pas de distorsions sur le marché mondial et ne nuise pas encore plus aux intérêts des fabricants d'acier dans le monde. AEGIS Europe a écrit aux dirigeants du Royaume-Uni, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie et de l'UE, leur demandant de résister aux demandes injustifiées d'accorder à la Chine le statut d'économie de marché. Qu'en pensez-vous ?

R: Nous avons expliqué à maintes reprises la position de principe de la Chine sur les questions que vous avez soulevées.

A ce que je sache, seulement 7,6% des exportations chinoises d'acier sont à destination de l'Europe et seulement 14% des importations d'acier de l'UE sont en provenance de la Chine. Accuser la Chine d'être à l'origine des difficultés auxquelles fait face l'industrie de l'acier européenne ou même mondiale. La surcapacité dans l'industrie de l'acier est due à la reprise faible de l'économie mondiale et à la contraction de la demande, notamment dans les pays développés confrontés depuis longtemps à la morosité de la demande. La solution fondamentale réside dans le soutien à une reprise économique mondiale soutenue et solide. La communauté internationale doit travailler ensemble pour insuffler une nouvelle dynamique à la croissance économique mondiale et apporter des solutions de fond aux problèmes concernés.

En ce qui concerne le statut d'économie de marché, ce concept n'existe pas dans les règles de l'OMC. Qu'on l'avoue ou pas, la Chine est la deuxième plus grande économie du monde, le premier pays en termes de commerce de marchandises et le plus grand partenaire commercial de plus de 130 pays. La Chine a contribué pour plus d'un quart à la croissance économique mondiale. Les gens aux idées obsolètes feraient mieux d'ouvrir les yeux sur la Chine et le monde et de faire preuve de largeur d'esprit et de vision à long terme.

Je tiens également à souligner que l'article 15 du protocole d'accession de la Chine à l'OMC stipule clairement que les membres de l'OMC doivent mettre fin à la méthode du « pays analogue » dans les enquêtes anti-dumping contre la Chine le 11 décembre 2016. Tous les membres de l'OMC doivent et sont tenus de se conformer à cette obligation internationale. En tant que membre important de l'OMC, l'UE doit honorer ses engagements sans poser de conditions, au lieu de renier ses engagements et de prendre des mesures déraisonnables.

Q: Le 25 mai, le Conseil de Sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité une résolution visant à lever l'embargo sur la livraison d'armes au Libéria. Quel est votre commentaire?

R: Au cours de ces dernières années, grâce aux efforts concertés déployés par le Libéria et la communauté internationale, le Libéria s'est engagé sur la bonne voie de la reconstruction nationale et du développement économique. Le gouvernement libérien a fait des progrès encourageants dans l'accomplissement de sa responsabilité en matière de sécurité nationale. La levée des sanctions sur le Libéria par le Conseil de Sécurité traduit la vue positive de la communauté internationale sur la situation de paix et de stabilité au Libéria. La Chine appelle la communauté internationale à continuer à aider le Libéria, dans le respect de la souveraineté de celui-ci, à consolider les acquis de la paix.

Q: Le Premier Ministre britannique David Cameron a déclaré hier que la Chine devrait respecter la décision du Tribunal d'arbitrage de La Haye. Comment réagissez-vous ?

R: S'agissant de l'arbitrage sur la Mer de Chine méridionale, la position de la Chine a été présentée à maintes reprises ces derniers temps. Le Tribunal arbitral concerné n'aurait pas dû s'établir. Le nœud et le fond des différends sino-philippins en Mer de Chine méridionale consistent en des questions territoriales et de délimitation maritime. Les procédures obligatoires de règlement des différends prévues dans la CNUDM ne s'appliquent pas à ces questions. Il est évident que la Chine n'acceptera ni ne reconnaîtra les décisions, quelles qu'elles soient, rendues par un tel tribunal illégal, nul et non avenu. La position de la Chine est très claire.

Q: Le Président du Conseil européen Donald Tusk a déclaré aujourd'hui que le G7 devrait faire une déclaration claire sur les différends en Mer de Chine méridionale. Avez-vous un commentaire?

R: Je n'ai pas vu ce reportage. Mais je sais que certains pays sont effectivement acharnés à profiter du G7 pour faire aboutir leurs visées. La question de la Mer de Chine méridionale n'a rien à voir avec le G7 et ses membres. La Chine est fermement opposée à la tentative de certains pays de spéculer sur cette question pour obtenir des gains égoïstes. Le G7 devrait se concentrer sur ses propres affaires et non donner des leçons à d'autres pays ou sur des questions qui ne le regardent pas. Sinon, il deviendrait un lieu pour montrer la présence de certains pays.

Q: L'Agence Xinhua a publié un éditorial aujourd'hui en disant que le G7 ne devrait pas se mêler de la question de la Mer de Chine méridionale. Est-ce également la position du gouvernement chinois?

R: Je l'ai dit très clairement. La question de la Mer de Chine méridionale n'a rien à voir avec le G7 et ses membres. Le G7 devrait se concentrer sur ses propres affaires et non donner des leçons à d'autres pays ou sur des questions qui ne le regardent pas. Cela est dans l'intérêt du G7 lui-même.

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