Page d'accueil > Porte-parole du MAE
Conférence de presse du 19 avril 2016 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2016/04/19

1. Sur l’invitation du Ministre conseiller au bureau du Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères et du Commerce en second du Brunéi Darussalam Pehin Dato Lim Jock Seng, du Ministre cambodgien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Prak Sokhon et du Ministre laotien des Affaires étrangères, le Ministre des Affaires étrangères Wang Yi effectuera une visite au Brunéi Darussalam, au Cambodge et au Laos du 20 au 24 avril.

2. Sur l’invitation du Ministre Wang Yi, le Ministre polonais des Affaires étrangères Witold Waszczykowski effectuera une visite officielle en Chine du 23 au 27 avril.

Q : La deuxième phase du nouveau tour de négociations de paix sur la question syrienne vient de démarrer, avec l’accent mis sur les questions concrètes de la transition politique telles que le remaniement du gouvernement syrien et l’amendement constitutionnel. Quels sont vos commentaires là-dessus ? L’envoyé spécial du gouvernement chinois pour la question syrienne Xie Xiaoyan est à Genève pour des échanges avec les différentes parties aux négociations. Pourriez-vous nous en dire plus ?

R : La Chine salue le lancement récent à Genève de la deuxième phase du nouveau tour de négociations de paix sur la question syrienne. Nous soutenons depuis toujours les négociations de paix entre le gouvernement et l’opposition syriens sous l’égide des Nations Unies et les efforts de médiation de l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Syrie Staffan de Mistura.

Nous estimons que les négociations de paix sont la seule voie réaliste pour résoudre la question syrienne et donneront les résultats les plus viables. Ce processus prendra du temps et connaîtra éventuellement des rebondissements, mais nous devons le poursuivre avec des efforts constants. Nous appelons les deux parties à s’y prendre de manière progressive, en commençant par les points les plus faciles, c’est à dire les sujets sur lesquels leurs positions sont proches ou similaires, afin d’établir au fur et à mesure la confiance mutuelle, rassembler les consensus et réunir les conditions, de sorte à trouver une solution politique définitive tenant compte des préoccupations légitimes de toutes les parties. La Chine entend travailler en commun avec toutes les parties concernées pour continuer à contribuer activement au règlement politique de la question syrienne.

Comme vous l’avez dit, l’envoyé spécial du gouvernement chinois pour la question syrienne Xie Xiaoyan s’est rendu le 17 avril à Genève. Il aura des contacts avec les parties aux négociations de paix comme les Nations Unies, le gouvernement syrien et l’opposition syrienne pour suivre l’état d’avancement des négociations et favoriser la réconciliation et les négociations. Il se rendra ensuite en Syrie, en Arabie saoudite, en Iran et en Russie pour échanger de manière approfondie avec les différentes parties sur le règlement politique de la question syrienne.

Q : Selon des sources, la RPDC aurait laissé entendre à la Russie qu’elle pourrait procéder au cinquième essai nucléaire avant le 7e Congrès du Parti des Travailleurs de Corée prévu en mai prochain. Quelle est votre position à cet égard ? Par ailleurs, le Ministre des Affaires étrangères de le RPDC Ri Su-yong est arrivé aujourd’hui à Beijing. Il aurait des entretiens avec la partie américaine aux États-Unis. Quelle est votre position là-dessus ?

R : Concernant la première question, la position de la Chine sur la question nucléaire de la péninsule coréenne est claire. Nous estimons que les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité doivent être respectées et appliquées. Nous espérons que toutes les parties concernées, vu le contexte actuel, pourront faire preuve de retenue et de prudence en propos et en actes, et s’abstenir d’actes susceptibles d’exacerber les tensions ou d’aggraver la situation.

Concernant la deuxième question, je ne dispose pas d’information y relative.

Q : Le gouvernement japonais a publié sur le site web du Secrétariat du Cabinet 750 documents pour prouver que les Diaoyu Dao et l’île Takeshima (appelée « l’île Dokdo » par la République de Corée) « font partie intégrante du territoire japonais ». C’est la deuxième fois que le gouvernement japonais publie ce genre de documents depuis l’année dernière. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Diaoyu Dao et ses îlots affiliés font partie intégrante du territoire chinois. La souveraineté de la Chine sur les Diaoyu Dao est basée sur des fondements historique et juridique solides. Avant la Guerre sino-japonaise de 1894, presque toutes les cartes géographiques occidentales utilisaient l’appellation « Diaoyu Dao » et indiquaient clairement que Diaoyu Dao appartiennent à la Chine. À l’issue de la Guerre sino-japonaise de 1894, le Japon a colonisé pendant de longues années l’île Taiwan et ses îles affiliées dont les Diaoyu Dao. Après la Seconde Guerre mondiale, les Diaoyu Dao ont été restituées à la Chine en vertu des documents juridiques concernés. Le Japon a beau se creuser la tête pour, à travers quelques documents, interpréter l’histoire de manière fragmentaire et déformée, cela ne change en rien le fait que les Diaoyu Dao appartiennent à la Chine.

Q : La 19e réunion des Représentants spéciaux chinois et indien pour la question frontalière se tiendra à Beijing. Pourriez-vous nous en donner des informations ? Qu’attendez-vous de cette rencontre ? Hier, des contacts de haut niveau ont eu lieu entre la Chine et l’Inde, dont l’entrevue entre les Ministres des Affaires étrangères des deux pays à Moscou et l’entretien entre le Ministre indien de la Défense et des responsables de l’armée chinoise à Beijing. Lors de leurs échanges avec la partie chinoise, le Ministre indien des Affaires étrangères et le Ministre indien de la Défense ont tous indiqué qu’aux Nations Unies, la Chine avait empêché l’Inde d’inscrire le chef du « Jaish-e-Mohammed » Masood Azhar sur la liste des sanctions. Comment y réagissez-vous ? Par ailleurs, le Ministre indien de la Défense a également évoqué la question de la démarcation de la ligne de contrôle effectif à la frontière Chine-Inde, ce qui revêt selon lui une grande importance pour la prévention de tensions dans la zone frontalière. Quelle est votre réaction là-dessus ?

R : Sur l’invitation du Représentant spécial chinois pour la question frontalière Chine-Inde et Conseiller d’État Yang Jiechi, le Représentant spécial et conseiller à la Sécurité nationale de l’Inde Ajit Doval sera à Beijing les 20 et 21 avril pour la 19e réunion des Représentants spéciaux chinois et indien pour la question frontalière. Le Représentant spécial Ajit Doval aura demain une entrevue avec le Conseiller d’État Yang Jiechi et sera reçu par un dirigeant chinois.

La question frontalière entre la Chine et l’Inde est une question léguée par l’histoire. Les rencontres des Représentants spéciaux constituent le canal principal pour le règlement de cette question et une plate-forme importante du dialogue stratégique sino-indien. Actuellement, nous en sommes à un stade crucial pour négocier un cadre de règlement de la question frontalière. Durant cette rencontre, les deux parties continueront à faire avancer les négociations pour un cadre de règlement afin de trouver le plus tôt possible une solution juste, rationnelle et acceptable pour elles. Par ailleurs, elles procéderont à des échanges de vues sur les relations bilatérales et les questions internationales et régionales majeures d’intérêt commun pour créer les conditions propices à un développement régulier et approfondi des relations bilatérales. Nous voyons bien que le développement des relations sino-indiennes affiche aujourd’hui une très bonne dynamique. Les interactions et contacts de haut niveau entre la Chine et l’Inde sont, comme vous venez de dire, très fréquents ces derniers temps, ce qui traduit la volonté partagée et l’engagement commun des deux pays de renforcer davantage leur confiance stratégique mutuelle et d’approfondir leur coopération pragmatique dans divers domaines à travers des contacts étroits de haut niveau. Tout cela, nous le devons aux efforts conjugués des deux parties visant à régler la question frontalière par voie de négociations et de consultations ainsi qu’à leur consensus de bien gérer les différends et de préserver la paix et la stabilité dans la zone frontalière en attendant une solution définitive de la question frontalière, pour éviter que celle-ci n’affecte le développement des relations sino-indiennes dans leur ensemble. La Chine préconise depuis toujours le règlement pacifique des différends territoriaux par voie de négociations et de consultations. Jusqu’à aujourd’hui, à travers des négociations bilatérales, la Chine a réglé définitivement les questions frontalières avec 12 de ses 14 pays voisins terrestres avec la définition d’environ 20 000 kilomètres de frontières, soit 90% des frontières terrestres de la Chine. L’histoire et la pratique ont prouvé que le règlement pacifique des différends territoriaux par voie de négociations et de consultations aboutit toujours, et c’est aussi ce que préconise le droit international dont la Charte des Nations Unies. La Chine entend continuer à travailler ensemble avec l’Inde au règlement de la question frontalière dans les meilleurs délais à travers les consultations amicales. Dans le même temps, nous espérons également renforcer davantage l’amitié et la coopération entre les deux pays et préserver la paix et la stabilité dans la zone frontalière pour créer des conditions plus favorables au règlement définitif de la question frontalière.

Sur ce, j’aimerais d’abord répondre à votre dernière question concernant la ligne de contrôle effectif. Nous avons déjà publié les informations concernant la visite en Chine du Ministre indien de la Défense Manohar Parrikar, sa rencontre avec le Vice-Président de la Commission centrale militaire Fan Changlong et son entretien avec le Ministre chinois de la Défense nationale Chang Wanquan. Vous pouvez constater que les armées des deux pays partagent le souhait d’intensifier leur communication et leurs échanges pour renforcer la confiance mutuelle et de prendre des mesures effectives pour préserver la tranquillité dans la zone frontalière. Comme je l’ai dit tout à l’heure, la question frontalière est une question très complexe léguée par l’histoire, mais tant que les deux parties ont la volonté sincère de la régler par voie de consultations amicales, nous devons avoir la confiance.

Concernant la rencontre du Ministre Wang Yi avec son homologue indien dans le cadre de la Rencontre des Ministres des Affaires étrangères Chine-Russie-Inde et dans le cadre bilatéral, nous en avons publié des informations. S’agissant de la question sur la liste des sanctions, nous avons présenté notre position auparavant. La Chine soutient le rôle central de l’ONU en tant que coordinateur dans la coopération internationale contre le terrorisme et participe activement à la coopération internationale contre le terrorisme. Elle gère depuis toujours de manière impartiale les questions liées à la liste des sanctions du Comité 1267 sur la base des faits et conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité et aux règles de procédure concernées. Sur ce sujet, nous sommes en étroit contact avec toutes les parties y compris l’Inde.

Q : Le porte-parole du Pentagone a fait savoir qu’il avait noté les informations sur l’avion militaire chinois qui avait atterri sur l’atoll Yongshu Jiao le 17 dernier pour porter secours à trois ouvriers blessés, mais ne comprenait pas pourquoi la Chine avait mobilisé un avion militaire et non un avion civil. Il a exhorté la partie chinoise à tenir sa promesse de ne pas déployer ou envoyer d’avions militaires sur les îles controversées en Mer de Chine méridionale. Quels sont vos commentaires à cet égard ?

R : Les déclarations du Pentagone sont absurdes. La Chine a publié les informations sur le transfert de trois ouvriers grièvement blessés de l’atoll Yongshu Jiao à Sanya par un avion de patrouille de la Marine chinoise. Il est connu de tous que mobiliser les avions militaires pour des opérations de secours, d’aides humanitaires et d’évacuation de civils relève de l’usage international. Nous pouvons souvent voir des avions militaires chinois dans les zones sinistrées pour des opérations de secours. Les avions militaires et les militaires chinois vont toujours partout où l’on a besoin d’eux sur le territoire chinois, c’est là un devoir de l’armée et une attente du peuple.

Si je suis la logique de la partie américaine, je pourrais aussi poser la question de savoir pourquoi les États-Unis utilisent des avions et navires militaires et non pas des avions et navires civils pour affirmer et préserver la liberté de navigation en Mer de Chine méridionale comme ils l’avaient prétendu. Nous exhortons la partie américaine à honorer effectivement ses engagements, à joindre l’acte à la parole et à préserver la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale par des actions concrètes.

Q : Vous avez dit que la Chine gérait depuis toujours de manière impartiale les questions liées à la liste des sanctions du Comité 1267 sur la base des faits et conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité et aux règles de procédure concernées. Pouvez-vous nous dire quelles sont les règles de procédure concrètes auxquelles elle avait fait référence pour empêcher l’Inde d’inscrire le chef du « Jaish-e-Mohammed » Masood Azhar sur la liste des sanctions ? Hier, le Ministre indien des Affaires étrangères a également fait remarquer que si certains pays appliquaient le deux poids deux mesures sur la question de la lutte antiterroriste, cela aurait des impacts à l’échelle mondiale. Comment y réagissez-vous ?

R : Je voudrais réitérer que la Chine soutient le rôle central de l’ONU en tant que coordinateur dans la coopération internationale contre le terrorisme et participe activement à la coopération internationale contre le terrorisme. Elle gère depuis toujours de manière impartiale les questions liées à la liste des sanctions du Comité 1267 sur la base des faits et conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité et aux règles de procédure concernées.

Concernant les règles de procédure techniques précises, j’ai besoin de me renseigner là-dessus pour plus de détails. Mes collègues à la Mission permanente de Chine auprès des Nations Unies connaissent bien le dossier et ils sont en communication étroite à New York avec toutes les parties concernées y compris l’Inde. S’agissant des échanges de vues entre les Ministres chinois et indien des Affaires étrangères sur la question de la lutte antiterroriste, je crois que vous avez remarqué que la Chine s’oppose depuis toujours à la pratique du deux poids deux mesures quant à la question de la lutte antiterroriste, parce qu’elle est aussi victime du terrorisme. Nous sommes d’avis que la communauté internationale ne pourra préserver efficacement la paix et la tranquillité dans le monde que lorsqu’elle œuvre en solidarité et de concert à combattre le terrorisme sous toutes ses formes. Sur cette question, vous ne devez avoir de doute contre la Chine. Actuellement, nous sommes en communications étroites avec toutes les parties y compris l’Inde et nous espérons que les parties concernées continueront leurs échanges étroits sur la question concernée pour trouver une solution adéquate.

Q : Suite au grand séisme qui a frappé l’Équateur, la Chine a exprimé ses condoléances au pays et s’est engagée à lui fournir des aides nécessaires en fonction des besoins du gouvernement et du peuple équatoriens. Quelles sont les aides que la Chine fournira à l’Équateur ?

R : Le bilan humain du grand séisme qui a secoué l’Équateur s’alourdit sans cesse. La Chine en est très préoccupée. Le Président Xi Jinping a envoyé un message de condoléances au Président équatorien Rafael Correa. Le gouvernement chinois travaille d’arrache pied pour préparer un plan d’aide humanitaire d’urgence et mettra le plus vite possible à la disposition de l’Équateur des photos satellites pour les actions de secours. À ma connaissance, la Société nationale de la Croix-Rouge de Chine a déjà fourni une aide financière d’urgence de 100 000 dollars américains à la Croix-Rouge de l’Équateur.

Recommander à   
  Imprimer
Consulat Général de la République Populaire de Chine à Marseille Tous droits réservés