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Conférence de presse du 3 novembre du 2015 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2015/11/03

Q:La 12e réunion des ministres des Affaires étrangères de l'ASEM s'ouvrira dans deux jours. Qui représentera la Chine à la réunion ?

R : La 12e réunion des ministres des Affaires étrangères se tiendra les 5 et 6 novembre au Luxembourg, ayant pour thème « Travailler ensemble pour un avenir durable et sûr ». Le Vice-Ministre des Affaires étrangères Wang Chao y participera à la tête d'une délégation.

L'ASEM est une plate-forme importante pour les pays asiatiques et européens et contribue à renforcer la compréhension mutuelle, à élargir le consensus et à approfondir la coopération entre eux. L'année prochaine marquera le 20e anniversaire de la création de l'ASEM. Dans cette perspective, la 12e réunion des ministres des Affaires étrangères de l'ASEM permettra, nous l'espérons, de promouvoir de manière équilibrée les actions dans les domaines politique, économique et socioculturel toujours sur la base des principes fondamentaux du respect mutuel, de l'égalité, de la concertation et de la non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui, et d'orienter par la coopération pragmatique le développement de l'ASEM dans sa troisième décennie d'existence, de sorte à porter le partenariat stratégique de type nouveau entre l'Asie et l'Europe à un nouveau palier.

Q : Aujourd'hui, le Commandant de la flotte américaine du Pacifique Harry Harris a dit dans son discours prononcé au Centre de Stanford de l'Université de Beijing que l'armée américaine continuerait à exercer la liberté de navigation et de survol n'importe quand et n'importe où et que la Mer de Chine méridionale ne faisait pas exception. Il a appelé la Chine et les États-Unis à renforcer leurs liens militaires malgré les récentes tensions dans la région de la Mer de Chine méridionale. Comment réagissez-vous à ces déclarations ?

R : Nous avons pris note des informations concernées. Si on regarde de près l'évolution de la situation, on a l'impression d'assister à une comédie réalisée et interprétée par la même personne.

La prétendue question de la liberté de navigation en Mer de Chine méridionale est un faux sujet. Chaque année, plus de 100 000 navires de toutes nationalités passent par la Mer de Chine méridionale librement et sûrement, sans aucun problème. Selon des médias américains, chaque jour, plus de 15 millions de barils de pétrole transitent le détroit de Malacca et la Mer de Chine méridionale sans encombre avant d'être acheminés en Asie de l'Est. Le navire de guerre américain, au lieu d'emprunter de larges routes maritimes internationales, a pris la peine de faire un détour par les eaux avoisinantes des îles et atolls appartenant aux îles chinoises Nansha en étalant sa force au nom de la « préservation de la liberté de navigation ». N'est-ce pas une provocation flagrante ? D'un côté, les États-Unis ne cessent de renforcer leur présence militaire en Asie-Pacifique et multiplient les exercices militaires conjoints avec leurs alliés. De l'autre, ils spéculent sur la soi-disant question de la militarisation de la Mer de Chine méridionale et demandent à la Chine de ne déployer aucune installation de défense, fût-elle nécessaire et limitée en nombre. C'est au fond vouloir priver la Chine de son droit d'autodéfense en tant qu'État souverain. Quand on ne fait qu'étudier la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) durant des décennies mais tarde toujours à y adhérer et qu'on passe son temps à critiquer les autres au nom de la CNUDM, n'est-ce pas une pure hypocrisie et un geste hégémonique de la part de celui qui instrumentalise le droit international pour ses intérêts politiques égoïstes et reconnaît le droit international uniquement quand cela lui convient ? Ces derniers jours, certains disent même que vu les litiges territoriaux en Mer de Chine méridionale, les pays concernés sollicitent une présence sécuritaire accrue des États-Unis dans la région. Est-ce la réalité ? Ou plutôt un prétexte recherché par certains pour la stratégie de rééquilibrage en Asie-Pacifique ? Cette question mérite des réflexions sérieuses.

Nous exhortons les États-Unis à respecter effectivement la souveraineté et les intérêts sécuritaires des autres pays et à jouer véritablement un rôle responsable et constructif dans la préservation de la paix et de la stabilité dans la région.

Q : M. Ben Rhodes, Conseiller adjoint à la sécurité nationale du Président américain, a dit que les États-Unis avaient intérêt à poursuivre leurs actions en Mer de Chine méridionale pour confirmer leur engagement de défendre le principe de la liberté de navigation. Un officiel du Pentagone a fait savoir sous couvert d'anonymat que les États-Unis prévoyaient de faire des patrouilles régulières au moins deux fois par trimestre en Mer de Chine méridionale pour rappeler à la Chine et à d'autres pays qu'ils ont le droit d'exercer la liberté de navigation selon le droit international. Qu'en pensez-vous ?

R : La Chine respecte et préserve toujours la liberté de navigation et de survol des différents pays en Mer de Chine méridionale conformément au droit international. Mais elle s'oppose fermement à la tentative de quiconque de saper la souveraineté et les intérêts sécuritaires de la Chine sous le prétexte de la liberté de navigation et de survol.

Je voudrais réaffirmer que la Chine est résolument déterminée à défendre sa souveraineté territoriale, sa sécurité et ses droits et intérêts légaux et légitimes. Elle répondra avec fermeté à la provocation délibérée d'un pays quelconque. Nous continuerons à surveiller avec vigilance les zones maritimes et aériennes concernées.

Nous exhortons instamment la partie américaine à cesser tout propos et tout acte erronés et à s'abstenir de toute provocation dangereuse qui menace la souveraineté et les intérêts sécuritaires de la Chine.

Q : Aujourd'hui, la Première Commission de l'Assemblée générale a soumis au vote le projet de résolution avancé par le Japon sur le désarmement nucléaire. Le texte indique qu'à l'occasion du 70e anniversaire des bombardements atomiques à Hiroshima et à Nagasaki, les dirigeants des différents pays sont invités à visiter ces deux villes. La Chine a voté contre. Veuillez nous présenter la position de la Chine.

R : Ces dernières années, le Japon présentait chaque année un projet de résolution relatif au désarmement nucléaire à la Première Commission de l'Assemblée générale des Nations Unies. Mais cette fois-ci, il a cherché à exagérer, dans le texte, les conséquences désastreuses des bombardements atomiques à Hiroshima et à Nagasaki dans l'objectif principal de diluer ses responsabilités historiques. Le ton de ce projet de résolution est faux sans parler des arguments qui sont totalement infondés. En réalité, aucun des cinq pays détenteurs d'armes nucléaires et des pays voisins du Japon n'a soutenu ce projet. Cela en dit long.

Je tiens à souligner que ce à quoi nous nous opposons n'est pas le processus de désarmement nucléaire à l'échelle mondiale. Bien au contraire, la Chine soutient depuis toujours une interdiction totale et une destruction complète des armes nucléaires. Cette position est inchangée. Cette année, nous continuerons à appuyer le projet de résolution sur le désarmement nucléaire proposé par le Mouvement des non-alignés.

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