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Conférence de presse du 30 octobre 2015 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2015/10/30

Sur l'invitation de M. Hamid Ansari, Vice-Président de la République de l'Inde et Président de la Rajya Sabha (Conseil des États), le Vice-Président chinois Li Yuanchao effectuera une visite officielle en Inde du 3 au 7 novembre.

Q : Pourriez-vous nous en dire plus sur la visite en Inde du Vice-Président Li Yuanchao ? Quelles sont les attentes de la partie chinoise vis-à-vis de cette visite ? Comment la Chine voit-elle les relations sino-indiennes d'aujourd'hui ?

R : La visite en Inde du Vice-Président chinois Li Yuanchao marquera une nouvelle interaction importante de haut niveau entre la Chine et l'Inde cette année. Durant sa visite, le Vice-Président Li Yuanchao s'entretiendra avec M. Hamid Ansari, Vice-Président indien et Président de la Rajya Sabha (Conseil des États) et rencontrera d'autres dirigeants indiens. Cette visite permettra aux deux parties de promouvoir la mise en œuvre des consensus dégagés entre le Président Xi Jinping, le Premier Ministre Li Keqiang et les dirigeants indiens, de transmettre l'amitié sino-indienne, d'approfondir la coopération bilatérale et de donner un nouvel élan au développement des relations Chine-Inde.

Ces dernières années, grâce aux efforts conjugués de part et d'autre, la Chine et l'Inde ont vu leur partenariat de coopération stratégique orienté vers la paix et la prospérité connaître un développement sain et régulier. Les deux pays ont fait progresser sans cesse leurs échanges et coopération dans tous les domaines et maintenu une bonne coordination et communication dans les affaires internationales et régionales. Les dirigeants des deux pays sont convenus d'un commun accord pour approfondir sur tous les plans la coopération bilatérale dans le but d'instaurer un partenariat de développement plus étroit. La Chine adopte depuis toujours une vision stratégique et de long terme dans ses relations avec l'Inde et considère le développement de ce dernier comme une opportunité. Nous entendons travailler ensemble avec l'Inde pour mettre en œuvre les consensus dégagés par les dirigeants des deux pays, pour faire en sorte que le partenariat de coopération stratégique sino-indien orienté vers la paix et la prospérité remporte sans cesse de nouveaux progrès.

Q : Le Sommet Inde-Afrique tenu récemment en Inde a réuni plus de 40 dirigeants africains. Des reportages disent que la Chine et l'Inde sont en concurrence l'une avec l'autre en Afrique. Comment voyez-vous ce sommet ?

R : De temps en temps, des voix exagérant la concurrence entre la Chine et l'Inde se font entendre. En fait, la Chine et l'Inde, pays voisins amis et deux grand pays en développement, maintiennent toujours de bonnes relations de coopération, partagent de nombreux intérêts communs et restent en coordination étroite dans les affaires internationales et régionales. Nous nous félicitons de voir l'Inde et d'autres pays de la communauté internationale accroître la coopération avec l'Afrique et soutenir ensemble les efforts de l'Afrique pour la réalisation d'une paix de long terme et d'un développement durable indépendant.

En décembre prochain, le Sommet du Forum sur la Coopération sino-africaine se tiendra à Johannesburg, en Afrique du Sud. Nous entendons travailler ensemble avec la communauté internationale pour apporter une nouvelle contribution à la paix, à la stabilité, au développement et à la prospérité du Continent.

Q : La Chancelière allemande Angela Merkel a déclaré que l'arbitrage international pourrait être une option pour le règlement des différends concernant la Mer de Chine méridionale. Avez-vous pris note de sa déclaration ? La partie chinoise trouve-t-elle raisonnable le recours à l'arbitrage international pour le règlement de la question de la Mer de Chine méridionale ?

R : Le Ministère chinois des Affaires étrangères a publié ce matin une déclaration concernant l'arbitrage de la question de la Mer de Chine méridionale. Je tiens à souligner que la Chine, en tant que pays souverain et État partie à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), jouit du droit de choisir librement les modalités et procédures de règlement des différends. Le règlement pacifique des différends par voie de dialogues, de négociations et de consultations constitue une approche préconisée par le droit international, dont le Charte des Nations Unies. En effet, dans la pratique du droit international, la plupart des différends entre différents pays sur les droits et intérêts territoriaux ou maritimes ont été réglés par ce moyen efficace. Bien sûr, nous avons également noté que certains pays ont soumis après consultations leurs différends concernés à la juridiction ou à l'arbitrage internationaux. Cependant, force est de constater que l'arbitrage international n'est qu'un des nombreux moyens de règlement des différends, et cela doit se faire en stricte conformité avec le principe du « consentement de l'État » et sur la base du consentement de tous les pays concernés. Nous appelons les parties concernées à adopter une vision objective, impartiale et raisonnable sur la question de la Mer de Chine méridionale.

Q : Le tribunal arbitral établi à la demande de la République des Philippines a rendu la sentence sur la compétence et la recevabilité dans l'arbitrage concernant la Mer de Chine méridionale. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Le gouvernement chinois a déclaré la non-acceptation et la non-participation de la Chine au sujet de l'arbitrage concernant la Mer de Chine méridionale. Le Ministère chinois des Affaires étrangères a immédiatement publié une déclaration sur la question concernée pour exposer la position solennelle de la partie chinoise. Cette sentence, nulle et non avenue, n'a pas de force obligatoire pour la Chine. Je tiens à souligner les trois points suivants :

Premièrement, la Chine possède une souveraineté incontestable sur les îles Mer de Chine méridionale et les eaux adjacentes. En tant que pays souverain et État partie à la CNUDM, la Chine jouit du droit de choisir librement les modalités et procédures de règlement des différends. Nous nous en tenons toujours au règlement par voie de négociations et de consultations des différends territoriaux et de juridiction maritime avec les pays voisins concernés. Depuis les années 1990, la Chine et les Philippines sont parvenues à une série de documents bilatéraux, en particulier la Déclaration sur la conduite des Parties en Mer de Chine méridionale (DOC) conclue en 2002. Ces documents bilatéraux et la DOC montrent que la Chine et les Philippines ont opté très tôt pour le règlement par les négociations et consultations de leurs différends en Mer de Chine méridionale.

Deuxièmement, ignorant qu'au fond, l'arbitrage touche à la souveraineté territoriale, à la délimitation maritime et aux questions y relatives, éludant de manière malintentionnée la déclaration d'exceptions facultatives faite par la Chine en 2006 conformément à l'Article 298 de la CNUDM, et niant le consensus sino-philippin de régler les différends à travers les négociations et les consultations, les Philippines et le tribunal arbitral établi à leur demande abusent des procédures, dénaturent la loi et cherchent à faire avancer d'une manière forcée l'arbitrage. Cela constitue une violation grave des droits légitimes de la Chine en tant qu'État partie à la CNUDM, va totalement à l'encontre des principes et objectifs de la CNUDM et porte atteinte à l'intégrité et à l'autorité de la CNUDM.

Troisièmement, en tant qu'État partie à la CNUDM, la Chine s'oppose fermement au recours arbitraire aux procédures obligatoires de règlement de différends et appelle les différentes parties à travailler ensemble pour préserver l'intégrité et l'autorité de la CNUDM. Nous exhortons les Philippines à respecter leurs propres engagements, à respecter les droits dont jouit la Chine en vertu du droit international et à changer de position pour revenir sur la bonne voie de régler les différends concernés en Mer de Chine méridionale à travers les négociations et consultations. Tel est le chemin correct avec de belles perspectives.

Q : Selon des sources d'information, une réunion élargie entre les Ministres des Affaires étrangères des pays concernés sur la question syrienne se tiendra le 30 octobre à Vienne. La Chine y participera-t-elle ? Quelles sont les attentes de la Chine vis-à-vis de cette réunion ?

R : Le Vice-Ministre chinois des Affaires étrangères Li Baodong participera en tant que représentant chinois à la réunion élargie des Ministres des Affaires étrangères des pays concernés sur la question syrienne le 30 octobre à Vienne, en Autriche.

La Chine œuvre depuis toujours pour un règlement politique de la question syrienne et soutient les efforts de médiation de la communauté internationale pour y parvenir. En ce moment, on constate un dynamisme croissant pour le règlement politique de la question syrienne. Nous espérons que toutes les parties concernées pourront saisir cette opportunité pour dégager des consensus, faire aboutir la réunion à des résultats positifs, afin de créer des conditions favorables au règlement politique de la question syrienne.

Q : La Chine a signé avec les États-Unis et d'autres pays un code pour les rencontres imprévues en mer. Est-ce que ce code est applicable à la Mer de Chine méridionale, en particulier aux eaux contestées en Mer de Chine méridionale ?

R : Malgré les différends causés par l'occupation illégale d'îles et de récifs chinois en Mer de Chine méridionale par des pays concernés dans les années 1970, la situation en Mer de Chine méridionale a été pacifique et stable dans son ensemble au cours des 40 dernières années. L'argument de certains pays sur le soi-disant problème de la liberté et de la sécurité de navigation ne tient pas debout. Nous avons demandé à maintes reprises à ces pays de préciser quand et où ont eu lieu en Mer de Chine méridionale des problèmes de ce genre, mais nous n'avons jusqu'ici aucune explication ni aucun exemple. La partie chinoise, avec la plus grande sincérité, a élaboré ensemble avec les pays concernés dans la région une « approche à double voie » à la question de la Mer de Chine méridionale. Selon l'approche, les différends concernés doivent être réglés par les pays directement concernés à travers des négociations et des consultations, et la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale doivent être préservées conjointement par la Chine et les pays de l'ASEAN. En effet, si toutes les parties concernées mettent pleinement en œuvre la DOC que nous avons déjà conclue, je suis convaincu que la paix et la stabilité de la région pourront être préservées.

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