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Conférence de presse du 9 juillet 2015 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2015/07/09

Q : Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussein a fait part de sa préoccupation, dans une déclaration qu’il a publiée le 7 juillet, à l’égard de la Loi sur la sécurité nationale récemment adoptée par la Chine, jugeant que cette loi, en raison de son champ d’application extrêmement étendu, laisserait la porte grande ouverte à davantage de restrictions des droits et libertés des citoyens. Comment y réagissez-vous ?

R : J’ai pris note des informations en la matière. L’accusation par le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme sur l’action législative normale de la Chine est sans fondement, ce qui non seulement constitue une ingérence dans les affaires intérieures chinoises, mais aussi révèle le manque de professionnalisme de la part du Haut-Commissaire. Nous exprimons notre vif mécontentement et notre ferme opposition à cet égard.

La Loi sur la sécurité nationale nouvellement adoptée par la Chine est une loi fondamentale relative à la sécurité nationale. Inscrite dans la ligne de la conception globale de la sécurité nationale, elle couvre tous les domaines liés à la sécurité nationale et beaucoup de ses dispositions sont des dispositions de principe. Cette loi a pour objectif fondamental de fixer les principes et tâches fondamentaux relatifs à la défense de la sécurité nationale, de mettre sur pied les institutions et mécanismes en la matière, de régler prioritairement les problèmes saillants et généraux et de promouvoir la primauté de la loi dans le domaine de la sécurité nationale. Pour la prochaine étape, les départements compétents chinois élaboreront d’autres lois et règlements dans les domaines liés à la sécurité nationale, et rendre plus applicable la réglementation concernée.

Je tiens à souligner que l’un des points phares de la Loi sur la sécurité nationale est qu’elle considère comme son but la sécurité du peuple et soutient une sécurité nationale pour le peuple et par le peuple. Dès le premier Article de cette loi, le législateur souligne que le but de la loi est la « protection des intérêts fondamentaux du peuple ». L’Article 7 prévoit clairement « le respect et la garantie des droits de l’homme ainsi que la protection en vertu de la loi des droits et libertés des citoyens ». Il y a des chapitres et sections qui stipulent que l’État défend la sécurité et les droits et intérêts légitimes des citoyens et organisations. La déclaration du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, qui prétend que cette loi laisserait la porte grande ouverte à davantage de restrictions des droits et libertés des citoyens, est une conjecture infondée et ne tient pas debout.

Q : Récemment, les Nations Unies ont publié le Rapport 2015 sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Certains disent que les progrès réalisés par le monde en matière de réduction de l’extrême pauvreté est dus en grande partie à la Chine. Quels sont vos commentaires là-dessus ? Quelles sont les contributions chinoises à la réduction de l’extrême pauvreté ?

R : Les OMD contribuent de manière considérable à la promotion du développement dans le monde. Au cours des 15 ans écoulés, grâce aux efforts conjugués des différentes parties, des progrès encourageants ont été enregistrés à l’échelle mondiale en ce qui concerne la réduction de la pauvreté, la généralisation de l’éducation, la lutte contre le paludisme, la tuberculose et d’autres maladies infectieuses, ainsi que l’accès à l’eau potable propre et l’amélioration des conditions d’habitation dans les bidonvilles.

Contributeur actif à la réalisation des OMD, la Chine a déjà atteint la plupart des objectifs des OMD. Sur la période 1990-2011, 433 millions de Chinois sont sortis de la pauvreté. La Chine a ainsi réalisé l’objectif de la réduction de la pauvreté avec cinq ans d’avance. En outre, dans le cadre de la coopération Sud-Sud, elle a accompagné les efforts d’autres pays en développement pour l’atteinte des OMD. Le gouvernement chinois travaille avec les Nations Unies pour communiquer très prochainement les progrès enregistrés par la Chine dans la mise en œuvre des OMD.

En septembre prochain, se tiendra le sommet des Nations Unies sur l’adoption du programme de développement pour l’après-2015, l’occasion de faire le point sur la réalisation des OMD et d’adopter le programme des Nations Unies de développement pour l’après-2015. Les différentes parties ont à saisir cette opportunité pour élaborer des objectifs de développement plus complets, plus équilibrés et plus ambitieux, améliorer le partenariat mondial pour le développement et créer un environnement extérieur favorable au développement des pays en développement, de sorte à réaliser un développement partagé et durable de toute l’humanité. Nous entendons travailler ensemble avec les différentes parties à faire du programme de développement pour l’après-2015 un nouveau point de départ, à promouvoir sans cesse la croissance économique, la justice sociale et le développement durable de l’environnement, et à contribuer ensemble au développement partagé de toute l’humanité.

Q : Selon des sources, la partie thaïlandaise a confirmé que plus de 100 Ouïgours entrés illicitement sur le sol thaïlandais avaient été rapatriés en Chine. Pourriez-vous le confirmer ? Quelle sanction vont-ils encourir ?

R : Les migrations clandestines perturbent l’ordre normal d’entrées et de sorties des territoires et portent atteinte aux intérêts communs de la communauté internationale. Lutter contre ce phénomène répond à la volonté partagée de la communauté internationale. La Chine est engagée pour intensifier la coopération internationale et préserver la sécurité et la stabilité internationales et régionales.

La politique de la Chine à l’égard des émigrants clandestins est claire et constante. Les présumés criminels seront traduits devant la justice, et ceux qui n’ont pas commis d’infractions ou ont commis une infraction légère feront l’objet d’une réinsertion adéquate.

Q : Hier, le Président Xi Jinping a rencontré à Oufa le Premier Ministre indien Narendra Modi. Pourriez-vous nous en dire plus là-dessus ? Des officiels indiens ont exprimé leur préoccupation à l’égard de la suspension technique faite par la Chine sur les efforts indiens visant à faire étudier au Comité des sanctions contre Al-Qaida du Conseil de Sécurité la question de libération conditionnelle par le Pakistan de Zakiur Rehman Lakhvi, auteur présumé des attaques terroristes de Mumbai. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Le Président Xi Jinping a rencontré hier à Oufa le Premier Ministre indien Narendra Modi. Les informations en ont déjà été communiquées. Les deux dirigeants se sont félicités de la bonne dynamique de développement des relations sino-indiennes, et ont identifié les domaines et orientations prioritaires pour la coopération future des deux pays.

Le Président Xi Jinping a rappelé les consensus importants qu’il avait réalisés, en mai dernier à Xi’an, avec le Premier Ministre Narendra Modi sur l’enrichissement du partenariat stratégique sino-indien et la construction d’un partenariat sino-indien plus étroit pour le développement, et le message fort envoyé, à cette occasion, à la communauté internationale sur l’engagement commun de la Chine et de l’Inde, deux grands pays en développement, pour le développement partagé. Grâce aux efforts conjugués de part et d’autre, a-t-il dit, tous les consensus sont traduits dans les actes, et la coopération bilatérale entre les institutions législatives et dans les domaines du chemin de fer, des parcs industriels et des villes intelligentes progresse à pas sûrs. Le Président Xi Jinping invite les deux parties à travailler ensemble pour maintenir la dynamique des relations sino-indiennes, ouvrir de nouveaux horizons à la coopération mutuellement avantageuse, poursuivre les contacts de haut niveau et renforcer la communication stratégique aux différents échelons. Il a également souligné l’importance de conclure l’étude de faisabilité des projets structurants selon le calendrier fixé pour créer de nouveaux fleurons de coopération, d’assurer une bonne application du programme d’échanges culturels Chine-Inde et le bon déroulement de la coopération entre les think-tanks, les médias et les collectivités territoriales des deux pays, de gérer adéquatement et de maintenir sous contrôle les divergences et de travailler ensemble à la paix et à la stabilité dans les zones frontalières. Il a proposé de promouvoir ensemble l’AIIB, la Nouvelle Banque de développement des BRICS et le Couloir économique Bangladesh-Chine-Inde-Myanmar et d’explorer la possibilité d’associer l’initiative chinoise dite de « Ceinture et Route » et les initiatives indiennes concernées, de sorte à réaliser la coopération gagnant-gagnant et le développement partagé.

Le Premier Ministre Narendra Modi a indiqué que les relations Inde-Chine sont au beau fixe, marquées par le renforcement continu de la confiance mutuelle et les fréquents échanges de haut niveau. Ces dernières années, a-t-il dit, la coopération économique et commerciale entre les deux pays ont été encore élargie et les partenariats dans les domaines de la science, des technologies, de l’espace et des infrastructures n’ont cessé de progresser. Invitant davantage d’entreprises chinoises à investir en Inde, il a exprimé la disponibilité de son pays à intensifier la communication et la coordination avec la Chine pour régler adéquatement les divergences, y compris sur la question frontalière.

S’agissant de la question précise que vous évoquiez, je voudrais rappeler que la Chine s’oppose à toutes formes de terrorisme, soutient le rôle de coordination central de l’ONU dans la coopération internationale anti-terroriste, et prend une part active à l’effort international contre le terrorisme. En tant que membre permanent du Conseil de Sécurité, la Chine traite les questions relatives au Comité 1267 sur la base de la réalité des faits et avec une position objective et impartiale. Nous sommes en contact avec l’Inde et les autres parties concernées sur ces questions.

Q : Selon des sources, le Bélarus deviendra pays observateur de l’OCS au Sommet d’Oufa. Pourriez-vous le confirmer ?

R : Au fur et à mesure du développement de la coopération sur tous les plans au sein de l’OCS, le poids et l’attractivité de l’OCS augmente. De plus en plus de pays et d’organisations internationales ou régionales souhaitent approfondir la coopération avec l’OCS. La Chine accueille favorablement une coopération renforcée de l’OCS avec les pays ayant la volonté de coopérer avec elle et répondant aux conditions requises à cet égard.

Nous saluons la volonté du Bélarus de coopérer davantage avec l’OCS. La Chine travaillera en concertation avec les autres pays membres de l’OCS pour rester en communication avec le pays concerné et étudier activement la demande conformément à la réglementation de l’OCS et au principe de consensus.

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