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Déclaration de la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying au sujet du tapage fait par les Philippines autour de la diffusion d'un documentaire sur la question de la Mer de Chine méridionale
2015/06/29

Q : Selon certaines sources d'information, le Département philippin des Affaires étrangères, l'Office présidentiel philippin des Opérations de communication et l'Agence philippine de l'Information ont récemment produit conjointement le film « Liberté », documentaire de trois épisode en tagalog qui prétend que la Chine est en train de « grignoter le territoire philippin et de piller les ressources appartenant aux Philippines ». Les porte-parole du Département philippin des Affaires étrangères, du Département philippin de la Défense nationale et des forces armées philippines ont tous dit que ce documentaire avait pour objectif de sensibiliser la population philippine à l'importance du territoire en Mer de Chine méridionale et de mobiliser toutes les forces vives du pays pour soutenir les efforts du gouvernement visant à régler pacifiquement les litiges en Mer de Chine méridionale par voie diplomatique. Aux Philippines, l'opinion publique est partagée. Certains sont d'avis que le gouvernement philippin attise l'hostilité entre les communautés ethniques sur le plan intérieur et incite à la haine contre la Chine sur le plan extérieur. Quels sont vos commentaires sur ce sujet ?

R : Nous avons pris note du soi-disant documentaire philippin et des informations concernées. La Chine exprime son vif mécontentement à l'égard des accusations injustifiées et infondées contre elle prononcées dans ce film trompeur au mépris des faits et manifeste sa grave préoccupation vis-à-vis des actions prises par le gouvernement philippin en exercice pour faire du tapage autour de la question de la Mer de Chine méridionale et attiser l'hostilité entre les peuples chinois et philippin. Par la désinformation et la tromperie, la partie philippine tente de gagner la sympathie des autres en jouant à la victime. Mais, l'histoire ne peut être remise en cause et les faits ne peuvent être falsifiés. Ce sont les Philippines qui ont, par une politique expansionniste, violé sans scrupule la souveraineté et les droites et intérêts de la Chine et provoqué des différends entre les deux pays concernant la Mer de Chine méridionale.

I. Les îles Mer de Chine méridionale appartiennent à la Chine. La Chine est le premier pays à découvrir et baptiser les îles Mer de Chine méridionale, à les mettre en valeur et à les exploiter. De plus, elle est aussi la première à exercer, et sans interruption, sa juridiction souveraine sur ces îles. Ces faits reposent sur des fondements historiques et juridiques solides. Le Japon a occupé ces îles pendant la guerre d'agression déclenchée par lui contre la Chine. Les instruments établissant l'ordre international d'après guerre dont la Déclaration du Caire et la Déclaration de Potsdam ont demandé au Japon de restituer les territoires dont il s'était emparé à la Chine et le gouvernement chinois a récupéré les îles Mer de Chine méridionale après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les revendications territoriales illégales des Philippines sur des îles et atolls des îles chinoises Nansha et l'occupation par elles de certains îles et atolls sont à l'origine des différends entre la Chine et les Philippines concernant la Mer de Chine méridionale.

Les instruments établissant les frontières des Philippines – le Traité de Paris de 1898, le Traité signé par les États-Unis et l'Espagne à Washington en 1900 et la Convention conclue entre les États-Unis et la Royaume-Uni en 1930 – ont tous exclu les îles chinoises Nansha et l'île chinoise Huangyan du territoire philippin. Depuis, la législation philippine dont la Constitution a confirmé pendant de longues années et à maintes reprises le territoire philippin délimité par lesdits documents.

Les Philippines convoitent les îles chinoises Nansha depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, surtout depuis l'éclatement de la Guerre froide. À partir des années 1970, elles ont successivement occupé par la force huit îles et atolls des îles chinoises Nanshan, à savoir Mahuan Dao, Feixin Dao, Zhongye Dao, Beizi Dao, Nanyue Dao, Xiyue Dao, Shuanghuang Shazhou et Siling Jiao. Pendant des années, elles ont mené des travaux de construction massifs, déployé des armements et optimisé et rénové sans cesse les installations comme aéroports, embarcadères, casernes, bâtiments sur pilotis et écoles sur certains îles et atolls illégalement occupés des îles chinoises Nansha. La Chine s'oppose toujours fermement à l'occupation illégale par les Philippines et leur a demandé solennellement et maintes fois de retirer touts les personnels et installations des îles et atolls chinois.

En plus, les Philippines cherchent à occuper Ren'ai Jiao et Huangyan Dao de Chine. En mai 1999, elles ont illégalement « échoué » le navire militaire BRP Sierra Madre (LT-57) à Ren'ai Jiao sous prétexte d'une « défaillance mécanique ». La partie chinoise a immédiatement fait des représentations et élevé une protestation auprès de la partie philippine qui a par la suite affirmé explicitement qu'elle remorquerait le navire et ne serait pas le premier pays à violer la Déclaration sur la conduite des parties en Mer de Chine méridionale (DOC). Maintenant, les Philippines non seulement ont manqué à leurs propres promesses par leur refus de retirer le bateau « échoué », mais encore cherchent à construire des installations fixes sur cet atoll en vue de l'occuper. En mars 2014, le Département philippin des Affaires étrangères a publié une déclaration, prétendant ouvertement que Ren'ai Jiao avait été mis sous l'occupation philippine avec la présence du navire « échoué » en 1999. Cette manière d'agir typiquement perfide non seulement a fait perdre aux Philippines tout leur crédit devant la Chine, mais aussi les a décrédibilisées devant la communauté internationale. En avril 2012, la partie philippine a envoyé des bâtiments de guerre harceler des bateaux de pêche et des pêcheurs chinois travaillant au large de Huangyan Dao et infligé des traitements inhumains aux pêcheurs chinois, provoquant ainsi l'incident de Huangyan Dao. Face à la tentative philippine de mettre la main sur encore plus de territoires chinois, le gouvernement chinois s'est vu obligé de prendre des mesures nécessaires et appropriées.

II. Pour nier la souveraineté de la Chine sur la Mer de Chine méridionale ainsi que ses droits et intérêts afférents, et dissimuler le fait qu'elles ont occupé illégalement certains îles et atolls des îles chinoises Nansha, les Philippines ont fait des accusations infondées sur la ligne discontinue en Mer de Chine méridionale rendue publique par la Chine. Les Chinois ont commencé à mettre en valeur et à exploiter la Mer de Chine méridionale sous le règne de l'Empereur Wudi des Han (2e siècle av. J.-C.). La souveraineté de la Chine sur la Mer de Chine méridionale et ses droits et intérêts afférents se sont établis progressivement au bout de longs siècles, auxquels les gouvernements chinois successifs s'attachent depuis toujours. Le gouvernement chinois a publié officiellement la ligne discontinue en Mer de Chine méridionale en 1948 pour réaffirmer la souveraineté de la Chine sur la Mer de Chine méridionale et ses droits et intérêts afférents, et non pour les établir, puisque ses droits et intérêts y ont existé bien avant la publication de la ligne discontinue.

III. En janvier 2013, les Philippines ont initié unilatéralement une soi-disant procédure d'arbitrage sur leurs litiges avec la Chine en Mer de Chine méridionale, au mépris des droits légaux dont la Chine jouit en tant qu'État partie à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et en violation des consensus qu'elles avaient confirmés maintes fois avec la Chine et de leurs propres engagements solennels déclarés dans la DOC. Elles souhaitent ainsi remettre en cause la souveraineté territoriale et les droits et intérêts maritimes de la Chine en Mer de Chine méridionale en procédant à une provocation politique sous le couvert de la loi pour accroître encore davantage leurs intérêts illégaux. La Chine a affirmé à plusieurs reprises sa position de rejet de l'arbitrage initié par les Philippines et de refus d'y participer.

IV. La Chine et les Philippines sont pays voisins pour de bon. Cette année marque le 40e anniversaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques. Dans le passé, les deux pays ont vécu en harmonie, mené des échanges et combattu côte à côte l'agression japonaise contre les Philippines. Depuis le début des années 1990, la Chine et les Philippines ont publié plusieurs documents dont des déclarations conjointes pour confirmer leur volonté de résoudre les différends concernés par voie de négociations et de concertations. En 2004, elles ont dégagé un consensus sur la coopération en matière de ressources d'hydrocarbure dans les eaux controversées et réalisé des progrès substantiels. Les faits prouvent que la Chine et les Philippines, bons amis et bons voisins de longue date, auraient pu résoudre adéquatement la question de la Mer de Chine méridionale par consultations amicales.

La Chine est déterminée à poursuivre la voie du développement pacifique et la politique de bonne entente et de bon voisinage dans la région et reste une force inébranlable pour préserver la paix et la stabilité régionales. Tout en défendant avec détermination sa souveraineté territoriale et ses droits et intérêts maritimes, elle garde toujours à l'esprit l'intérêt général de la paix et de la stabilité dans la région et s'efforce toujours de régler les différends concernés par des négociations et concertations avec les pays directement concernés, dont les Philippines, sur la base du respect des faits historiques et selon le droit international. Elle travaille à promouvoir activement le processus de consultations sur un Code de conduite en Mer de Chine méridionale avec les pays de l'ASEAN, dont les Philippines, dans le cadre d'une mise en œuvre intégrale et effective de la DOC.

Nous exhortons le gouvernement philippin en exercice à tenir compte de l'intérêt général des relations sino-philippines ainsi que de la paix et de la stabilité dans la région, à suivre le courant de notre époque marqué par la paix, le développement et la coopération, à répondre aux souhaits et attentes communs des deux peuples, à cesser d'attiser l'hostilité entre les Chinois et les Philippins, à arrêter tout propos ou acte irresponsable, à reprendre rapidement la bonne voie de régler les litiges par des négociations et concertations et à travailler ensemble avec la Chine pour préserver l'amitié traditionnelle entre les deux peuples ainsi que la paix et la stabilité dans la région.

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