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Déclaration de la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying au sujet des propos du Secrétaire américain à la Défense Ashton Carter sur la question de la Mer de Chine méridionale lors du Dialogue de Shangri-La
2015/05/30

Q : Le Secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a dit, lors du Dialogue de Shangri-La, le 30 mai, que les travaux de poldérisation menés par la Chine en Mer de Chine méridionale étaient d'une ampleur et d'une vitesse sans précédent, dépassant ceux de tous les autres pays revendicateurs réunis. Qualifiant les activités chinoises de « non-conformes » aux normes et règles internationales, il a exprimé la profonde inquiétude des États-Unis vis-à-vis des perspectives de la militarisation des îles et atolls en cette mer et des risques de mauvaises évaluations et de conflits qu'elles pourraient entraîner. Selon lui, transformer des rochers et récifs sous-marins en aérodrome ne permet pas d'en acquérir la souveraineté. Appelant les différentes parties à cesser immédiatement leurs « travaux de poldérisation », il a affirmé que son pays s'opposait à tout acte de qui que ce soit visant une plus grande militarisation de ces îles et atolls, continuerait à pratiquer et à protéger la liberté de navigation et de survol dans cette zone et encouragerait la Chine et l'ASEAN à parvenir à un accord sur un « code de conduite en Mer de Chine méridionale » (COC) avant la fin de l'année. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté les propos concernés du Secrétaire américain à la Défense Ashton Carter. La partie américaine a fait, au mépris de l'histoire, de la jurisprudence et des faits, des remarques irresponsables sur la souveraineté et les droits et intérêts chinois en Mer de Chine méridionale confirmés depuis longtemps, pour semer la discorde et montrer du doigt les activités de construction normales et légitimes entreprises par la Chine sur certains îles et atolls. Nous nous y opposons fermement.

Concernant la question de la Mer de Chine méridionale, je tiens à souligner les six points suivants :

Premièrement, la souveraineté et les revendications de droits concernées de la Chine en Mer de Chine méridionale ont été formées au cours du long processus historique et maintenues par les gouvernements chinois successifs. Basées sur des fondements historiques et juridiques solides, elles n'ont pas besoin d'être consolidées par des activités de construction.

Deuxièmement, les activités de construction chinoises sur des îles et atolls de garnison dans l'archipel de Nansha relèvent complètement de la souveraineté de la Chine. Elles sont légales, légitimes et justifiées et n'affectent ni ne visent aucun pays tiers. Une fois accomplies, ces constructions doteront ces îles et atolls des fonctions diversifiées et intégrées. En plus de répondre aux besoins nécessaires en matière de défense militaire, elles sont pour la plupart dédiées aux usages civils. La Chine poursuit fermement la voie du développement pacifique, applique depuis toujours une politique de défense nationale à caractère défensif, s'en tient résolument à la politique de bon voisinage et de partenariat et demeure pour toujours un partisan ferme pour la paix et la stabilité dans la région.

Troisièmement, la Chine, en tant que grand pays, assume plus de responsabilités et de devoirs internationaux. Les activités de construction qu'elle mène en Mer de Chine méridionale sont, du point de vue de l'ampleur et de la vitesse, proportionnelles à ses responsabilités et devoirs en matière de sauvetage en mer, de lutte contre les catastrophes, d'observation météorologique, de protection environnementale, de sécurité de navigation et de services aux activités halieutiques. Fondées sur des besoins réels, ces activités ont pour objectif d'offrir de meilleurs services aux bateaux de la Chine, des pays riverains et des autres pays naviguant en Mer de Chine méridionale.

Quatrièmement, depuis de longues dates, il n'y a jamais eu de problème pour les différents pays concernant la liberté de navigation et de survol en Mer de Chine méridionale dans le cadre du droit international et il ne devra pas y avoir de problème dans l'avenir. Cependant, ce droit ne doit en aucun cas faire l'objet d'un usage abusif et encore moins servir de prétexte pour nuire à la souveraineté, aux droits et à la sécurité des pays riverains garantis par le droit international. Les activités chinoises, loin d'affecter la liberté de navigation et de survol des différents pays en Mer de Chine méridionale, permettront, bien au contraire, de relever ensemble les défis et de mieux garantir la sécurité de navigation en cette mer.

Cinquièmement, actuellement, la Chine et les pays de l'ASEAN ont défini clairement une « double approche » pour régler la question de la Mer de Chine méridionale, à savoir que les litiges doivent se régler par les pays directement concernés à travers les négociations et consultations et la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale doivent être préservées ensemble par la Chine et les pays de l'ASEAN. La Chine et les pays de l'ASEAN sont en train de travailler activement, dans le cadre d'une mise en œuvre complète et efficace de la Déclaration sur la conduite des Parties en Mer de Chine méridionale, pour faire avancer les négociations sur le COC dans le but de le conclure au plus tôt sur la base du consensus. D'importants progrès ont été déjà réalisés à ce sujet. L'élaboration du COC est au fond une affaire entre la Chine et les pays de l'ASEAN, et doit se faire par eux-mêmes de façon collective et à travers des consultations sur un pied d'égalité. Nous espérons que les États-Unis et d'autres pays hors de la région respecteront pleinement les efforts déployés par la Chine et les pays de l'ASEAN dans ce sens et s'abstenir d'ajouter des facteurs susceptibles de compliquer le processus de négociations.

Sixièmement, les États-Unis ne sont pas partie concernée de la question de la Mer de Chine méridionale. Le dossier de la Mer de Chine méridionale n'est pas et ne devra pas devenir un problème entre la Chine et les États-Unis. Nous exhortons vivement la partie américaine à prendre en considération l'intérêt général des relations sino-américaines et de la paix et de la stabilité dans la région, à honorer ses engagements de ne pas prendre position sur les litiges concernant la souveraineté territoriale, à respecter effectivement les efforts des pays de la région visant à préserver la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale, à faire preuve de prudence dans ses paroles comme dans ses actes et à cesser tout propos et toute action susceptibles de porter atteinte à la paix et à la stabilité en cette mer ainsi qu'aux relations sino-américaines.

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