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Conférence de presse du 29 mai 2015 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2015/05/29

Q : En répondant aux questions à la Diète le 28 mai, le Premier Ministre japonais Shinzo Abe n'a pas exclu la Mer de Chine méridionale des zones avec des « incidents d'influence significative » pour lesquelles la Force d'autodéfense apporte des appuis à l'armée américaine. Sur la question concernant la possibilité d'un « incident d'influence significative » en Mer de Chine méridionale, il a estimé qu'un certain pays était en train de construire des polders dans cette zone et qu'il souhaitait ne pas se prononcer sur la question d'appliquer ou non la loi concernée dans cette affaire, vu la complexité de la situation. Avez-vous des commentaires là-dessus ?

R: Pour des raisons historiques, la politique militaire et sécuritaire du Japon focalise depuis toujours une haute attention de ses pays voisins asiatiques et de la communauté internationale. Nous espérons que la partie japonaise pourra tirer des leçons du passé, prendre en considération les préoccupations de ses pays voisins asiatiques, agir prudemment dans les domaines militaire et sécuritaire, poursuivre la voie de développement pacifique, agir davantage en faveur de la confiance mutuelle entre les voisins et de la paix et de la stabilité régionales, au lieu d'exagérer la tension dans la région.

Q: Veuillez présenter les récentes consultations Chine-Russie-Inde à New Delhi sur la question afghane.

R : Le 28 mai, le Ministre assistant des Affaires étrangères Liu Jianchao a participé au 2e tour de consultations Chine-Russie-Inde sur la question afghane. Liu Jianchao et le Secrétaire adjoint du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie Evgeny Lukyanov ont participé aux consultations présidées par le Conseiller adjoint à la Sécurité nationale de l'Inde Arvind Gupta.

Les trois parties ont notamment échangé des vues sur l'Afghanistan, la situation régionale et leur coopération sur la question afghane. Elles ont estimé à l'unanimité que l'évolution de la situation dans ce pays est étroitement liée à la sécurité et la stabilité de la région. En tant que voisins proches de l'Afghanistan, elles ont exprimé leur soutien à la réconciliation pacifique et à la reconstruction économique de l'Afghanistan et leur volonté d'y jouer un rôle constructif. Les trois parties ont été convenues de renforcer le dialogue et la coordination sur la question afghane, de valoriser le rôle de l'Organisation de la Coopération de Shanghai et du Processus d'Istanbul afin de contribuer ensemble à la sécurité, à la stabilité et au développement de l'Afghanistan. Elles se sont mises d'accord pour tenir à un moment opportun le 3e tour de consultations, en attendant de fixer la date et le lieu par la voie diplomatique.

Le jour même, Liu Jianchao a rencontré le Secrétaire indien aux Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar pour des échanges de vues sur les relations sino-indiennes.

Q : La Chine s'efforce de convaincre le Comité du patrimoine mondial de ne pas inscrire sur la liste du patrimoine mondial les « sites de la révolution industrielle de l'ère Meiji ». Veuillez confirmer cette information.

R : Comme nous l'avons dit, toute proposition d'inscription à la liste du patrimoine mondial doit respecter les principes et l'esprit de l'UNESCO et de la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de promouvoir la paix. Beaucoup de sites proposés par le Japon ont été des lieux où des travailleurs chinois, coréens et d'autres pays asiatiques avaient travaillé de manière forcée durant la Seconde Guerre mondiale. Faisant fi des préoccupations de la Chine et de la République de Corée, le Japon maintient sa proposition. Nous exprimons notre opposition et exhortons le Japon à regarder en face le passé et à répondre adéquatement à ces préoccupations dans une attitude responsable.

Q: Aujourd'hui, le Représentant spécial du gouvernement chinois pour les Affaires de la Péninsule coréenne Wu Dawei a rencontré, en République de Corée, le Représentant spécial du Département d'État américain pour la politique à l'égard de la Corée du Nord Sung Kim. Veuillez nous en dire quelques mots.

R : Pour l'instant, je n'en dispose pas d'information.

Q : Le 28 mai, le Premier Ministre pakistanais Nawaz Sharif a présidé une conférence de tous les partis consacrée à la construction du Corridor économique Chine-Pakistan. Il a annoncé la décision de son gouvernement de construire en priorité la partie occidentale du Corridor en passant par Khyber Pakhtunkhwa et Balotchistan et d'en créer un comité spécial au Parlement pour que les partis politiques puissent y débattre et surveiller la planification et la construction du Corridor, ainsi que la mise en œuvre des projets. Les partis politiques présents à la conférence ont salué cette décision, tout en s'engageant à donner tout leur soutien à la construction du Corridor. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Le Corridor économique Chine-Pakistan est un cadre général de coopération créé par les deux pays visant à promouvoir le développement à long terme de leur coopération multisectorielle. La planification et la construction du Corridor visent tout le Pakistan, et les acquis de développement générés bénéficieront à tous les Pakistanais. La Chine entend travailler ensemble avec le Pakistan pour promouvoir de manière équilibrée et globale la planification et la construction du Corridor, approfondir sans cesse l'amitié à toute épreuve et la coopération tous azimuts entre les deux pays, afin de créer une communauté de destin sino-pakistanaise.

Q : Les images de surveillance prises par les États-Unis montrent que la Chine a déployé des armes sur des îles de la Mer de Chine méridionale où elle a réalisé des constructions. Quels sont vos commentaires à ce sujet ?

R : Je ne suis pas au courant de la situation que vous venez d'évoquer. La Chine a exposé à maintes reprises sa position sur la construction dans les îles de la Mer de Chine méridionale.

Q : La Chine a toujours joué un rôle actif de médiation en faveur des négociations pacifiques entre les Talibans en Afghanistan et le gouvernement afghan. Malgré ses efforts, les conflits ne connaissent pas de répit dans ce pays. Comment voyez-vous la situation actuelle en Afghanistan ?

R : En tant que pays voisin ami de l'Afghanistan, la Chine souhaite la réalisation rapide de la paix, de la stabilité et du développement durables en Afghanistan, soutient le processus de paix et de réconciliation « conduit par les Afghans et appartenant aux Afghans », et entend y jouer un rôle constructif.

Q : Cette semaine, l'Union européenne et la Communauté d'États latino-américains et caraïbes (CELAC) tiendront un sommet qui, selon certains observateurs, viserait notamment à faire face à l'influence croissante de la Chine en Amérique latine, d'autant plus qu'au début de cette année, la Chine et la CELAC avaient tenu un sommet similaire et que le Président Xi Jinping et le Premier Ministre Li Keqiang s'étaient rendus en Amérique latine respectivement en 2014 et en 2015. Quels sont vos commentaires sur ce sommet ?

R : Le renforcement de la coopération de la Chine avec les pays latino-américains relève de leurs intérêts communs et de leurs besoins réciproques et est basé sur l'égalité, l'avantage mutuel, le respect réciproque et la coopération gagnant-gagnant. La Chine souhaite sincèrement renforcer sa coopération avec les pays latino-américains et voir cette coopération bénéficier réellement aux peuples des deux côtés. Elle est d'avis que la relation et la coopération entre les pays ou régions doivent être ouvertes et inclusives sans viser ni exclure aucune tierce partie. Nous espérons que la coopération entre l'Europe et l'Amérique latine ne visera pas une tierce partie.

Q : Le Secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a estimé hier que l'ampleur de la construction chinoise sur des îles de la Mer de Chine méridionale a changé le statut quo de cette région. Comment y réagissez-vous ?

R : Je ne sais pas ce que la partie américaine entend par le mot « statut quo ». Si elle parle du « statut quo » selon lequel depuis les années 1970, les Philippines et quelques autres pays occupent illégalement des îles chinoises de la Mer de Chine méridionale et y réalisent de nombreuses constructions, nous ne sommes évidemment pas d'accord avec cette interprétation du statut quo. Conformément au principe juridique fondamental « Ex injuria jus non oritur », la Chine ne reconnaît pas le « statut quo » de l'occupation illégale de certaines îles de la Mer de Chine méridionale par les Philippines.

Et j'aimerais en dire un peu plus. Ces derniers temps, les États-Unis et les Philippines évoquent fréquemment le changement du statut quo et la violation de la Déclaration des conduites des Parties en Mer de Chine méridionale (DOC). Il faut dire que la DOC s'applique non seulement à la Chine, mais également aux Philippines. Ce pays, partant de ses intérêts égoïstes, ignore l'esprit et les principes de la DOC. Pendant longtemps, en plus de réaliser d'abondantes constructions dans des îles chinoises qu'il avait illégalement occupées en Mer de Chine méridionale, il soumet unilatéralement un arbitrage au sujet des contentieux en Mer de Chine méridionale, fait obstruction à la coopération pragmatique en mer entre les différentes parties dans le cadre de la DOC et cherche à aggraver et à compliquer les contentieux. Tout cela constitue une violation effective de la DOC. Nous exhortons les Philippines à arrêter tout propos erroné, et les États-Unis, en tant que partie non liée à ces contentieux, à faire preuve de responsabilité, de prudence et de sang-froid et à renoncer à tout propos provocateur semant des discordes qui, sans favoriser le règlement pacifique des contentieux, ne fera que nuire davantage à la paix et à la stabilité régionales.

Q : Selon la déclaration d'aujourd'hui du Représentant spécial du Département d'État américain pour la politique à l'égard de la Corée du Nord Sung Kim, la Chine considère qu'il est très important de faire pression sur la RPDC. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Le règlement adéquat de la question nucléaire de la Péninsule coréenne concerne la paix et la stabilité dans la Péninsule et en Aise du Nord-Est. Il est dans l'intérêt de toutes les parties et relève de leur responsabilité. Toutes les parties concernées doivent déployer des efforts constructifs pour le règlement adéquat de cette question.

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