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Conférence de presse du 27 mai 2015 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2015/05/27

Q : Cette semaine, la partie chinoise s'est montrée nettement plus musclée sur le plan militaire. Quel message entend-elle envoyer au monde ? Selon vous, comment doit-on interpréter ce geste ?

R : Vous faites référence, je suppose, au Livre blanc sur la stratégie militaire de la Chine, publié hier par le gouvernement chinois. Le porte-parole du Ministère de la Défense nationale a déjà donné une présentation détaillée sur le contexte et les considérations chinoises concernant la publication de ce livre blanc, ainsi que son contenu essentiel lors de la conférence de presse du Bureau de l'Information du Conseil des Affaires d'État. Ce livre blanc donne une analyse systémique de l'environnement extérieur auquel fait face la Chine à l'heure actuelle, qui est favorable d'un point de vue général, mais aussi contient des menaces sécuritaires multiples et complexes. L'armée chinoise doit être à la hauteur des enjeux en assumant des missions stratégiques, guidée par le principe stratégique de défense active. Le moment de la publication de ce livre blanc, déterminé par le processus d'élaboration et de rédaction, n' a pas été choisi en tenant compte de la situation sécuritaire internationale et régionale actuelle ni du développement des relations extérieures.

Q : Joshua Wong, leader du mouvement « Scholarism » de Hong Kong, s'est vu refuser l'entrée sur le territoire malaisien. Un officiel malaisien a expliqué hier ce rejet en disant que le discours de Wong pourrait compromettre les relations entre la Malaisie et la Chine. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : J'ai lu le reportage concerné, mais je ne dispose pas plus d'informations à ce sujet. Nous respectons la décision de la Malaisie concernant le contrôle des entrées et des sorties de son territoire en vertu de la loi.

Q : Certains pays considèrent les travaux de construction menés par la Chine dans des îles et atolls en Mer de Chine méridionale comme une tentative de redéfinir des frontières. Par le renforcement continu de sa marine et l'extension des îles, la partie chinoise cherche-t-elle à consolider ces nouvelles frontières ?

R : J'ai noté des propos similaires tenus hier par la porte-parole du Département d'État américain. à mon avis, ces propos basés sur l'amalgame des notions juridiques sèment la confusion dans l'opinion publique. La Chine possède la souveraineté incontestable sur les îles Nansha et les eaux adjacentes. Comme nous l'avons souligné à maintes reprises, la souveraineté et les droits de la Chine en Mer de Chine méridionale sont l'aboutissement d'une longue histoire et sont maintenus par les gouvernements chinois successifs. Ils reposent sur des fondements historiques et juridiques suffisants. La Chine n'a nullement besoin de recourir aux opérations de construction pour revendiquer ou consolider sa souveraineté territoriale sur ces îles et atolls.

La construction entreprise par la Chine relève de sa souveraineté et est légale, légitime et justifiée. Même des officiels américains de haut rang ont fait savoir publiquement que ces travaux ne constituaient pas une violation du droit international. Alors d'où viennent les tensions dans la région concernée ? Tout le monde le sait. Ces tensions sont dues au tapage et à la spéculation incessante de certains pays qui, mus par des intérêts égoïstes, cherchent à attiser les tensions et à dénigrer la Chine. Les parties concernées sont appelées à adopter un regard global et objectif de la situation actuelle avec une attitude vraiment responsable, à gérer les questions concernées de manière raisonnable et avec sang-froid, et à jouer un rôle constructif en faveur de la préservation de la paix et de la stabilité en Mer de Chine méridionale, au lieu de mettre de l'huile sur le feu.

Q : Récemment, les troupes philippines et vietnamiennes ont joué ensemble au football et au volley-ball sur une île en Mer de Chine méridionale. Craignez-vous qu'une coopération renforcée entre les Philippines et le Viet Nam ne fasse obstacle à la revendication chinoise de la souveraineté en Mer de Chine méridionale ?

R : Je ne suis pas au courant de cette information. Vous me demandez si j'en suis inquiète. Ce que je peux vous dire, c'est que la position chinoise est constante, nous ne cherchons pas à provoquer qui que ce soit, et nous avons la détermination et la capacité de défendre la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale.

Q : Le porte-parole du Département américain de la Défense a salué la publication du Livre blanc sur la stratégie militaire de la Chine, mais réitéré tout de même que les États-Unis continueraient à mener des activités de reconnaissance près des îles Nansha afin de préserver la liberté de navigation aérienne et maritime dans les zones concernées. Comment vous y réagissez ?

R : Récemment, on entend souvent des gens aux États-Unis évoquer la liberté de navigation. Mais il suffit de lire le droit international y relatif, par exemple la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), pour réaliser que la liberté de navigation et de survol ne signifie en rien que les navires et avions militaires étrangers puissent s'affranchir de toutes les limites, ignorer voire même compromettre la souveraineté et les droits légaux d'autrui ainsi que la sécurité de la navigation aérienne et maritime. La CNUDM stipule clairement que « le passage est inoffensif aussi longtemps qu'il ne porte pas atteinte à la paix, au bon ordre ou à la sécurité de l'État côtier ». Elle ne donne pas aux navires et avions militaires de quelconque pays le droit de violer le droit international ou d'empiéter sur la souveraineté, les droits légaux et le droit à la sécurité de la navigation aérienne et maritime d'un autre pays. Quelques pays, sous le prétexte de la liberté de navigation, font fi de la souveraineté, des droits légaux ainsi que de la sécurité de la navigation aérienne et maritime d'autrui, voire y portent atteinte. Nous rejetons ces agissements.

Quant aux activités des navires et avions américains en Mer de Chine méridionale, nous avons indiqué à plusieurs reprises que les activités de reconnaissance rapprochée des navires et avions américains visant les îles et atolls chinois risqueraient de provoquer facilement des erreurs de jugement et des incidents maritimes et aériens et étaient totalement dangereuses et irresponsables. Nous espérons que la partie américaine adoptera une attitude véritablement responsable, et dans l'esprit de la paix et de la stabilité en Mer de Chine méridionale, prendra une position raisonnable et objective sur les questions concernées. Qu'elle cesse les provocations irresponsables en parole et en acte.

Q : En réaction au passage du livre blanc sur la stratégie militaire de la Chine qui dit « mettre l'accent sur le combat militaire en mer et la préparation au combat militaire en mer », le Secrétaire général du Cabinet japonais Yoshihide Suga a fait savoir que le recours à la force devrait être dans tous les cas évité et que le Japon était hautement apprécié par tous les pays pour son rôle de pays pacifique durant les 70 dernières années. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : à l'époque moderne, la nation chinoise a été victime de l'invasion et de l'humiliation de la part des puissances étrangères pendant de longues années. Ce passé profondément douloureux reste gravé dans la mémoire des Chinois qui connaissent mieux que quiconque combien est précieuse la paix. Attachés à la paix, nous nous opposons à la guerre et nous en tenons fermement à la voie du développement pacifique et à la politique de la défense nationale à caractère défensif. L'histoire nous enseigne également qu'il faut avoir les capacités de défense nationale en adéquation avec le besoin sécuritaire et le niveau de développement économique du pays. La Chine ne tolérera jamais que l'on viole sa souveraineté ou son intégrité territoriale.

Q : Le Foreign Correspondents' Club a récemment publié un rapport jugeant que les conditions de travail des correspondants étrangers en Chine se dégradent. Comment votre ministère y réagit-il ?

R : Je n'ai pas lu ce reportage. Vous qui travaillez et vivez en Chine, vous mesurez bien l'engagement des autorités chinoises, y compris le Département de l'Information du MAE, pour vous fournir facilités, soutien et concours dans vos missions. La Chine est une « mine » riche en informations qui offre beaucoup de sujets à couvrir. Nous faisons tout notre possible pour vous assister et faciliter votre travail. Mais comme c'est partout pareil dans tous les pays, les correspondants étrangers, tout en bénéficiant des facilités et des services fournis par les autorités du pays d'accueil, sont tenus de respecter les lois et règlements locaux. En cas de problèmes ou de difficultés dans vos missions en Chine, n'hésitez pas à nous contacter. Nous sommes disposés à faire autant que possible pour vous aider.

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