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Conférence de presse du 8 mai 2015 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2015/05/08

Q : Ces derniers jours, des officiels philippins ont multiplié des déclarations au sujet des travaux entrepris par la Chine sur des îles et atolls des îles Nansha. D'une part, ils critiquent la Chine, et d'autre part, ils cherchent à se justifier en déclarant que les travaux menés par les Philippines sur des îles et atolls de cette zone sont des opérations de réparation et d'entretien de petite envergure et conformes à la Déclaration sur la conduite des parties en Mer de Chine méridionale (DOC), et que la piste d'atterrissage sur Zhongye Dao a été construite avant la signature de la DOC en 2002. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : La Chine a exposé à maintes reprises sa position au sujet des travaux de construction qu'elle mène sur certains îles et atolls des îles chinoises Nansha où elle a des implantations permanentes. Face aux propos tenus par la partie philippine qui sont dénués de fondements factuels et juridiques, je tiens à souligner les points suivants :

La souveraineté chinoise sur les îles Nansha et les eaux adjacentes s'appuie sur des fondements historiques et juridiques suffisants. Par contre, aucun des traités internationaux définissant l'étendue du territoire philippin n'indique les îles Nansha comme faisant partie du territoire philippin. Depuis les années 1970, les Philippines ont recouru à la force pour s'emparer successivement de quelques îles et atolls appartenant aux îles chinoises Nansha, ce qui viole la Charte des Nations Unies et les normes fondamentales régissant les relations internationales. C'est là la cause fondamentale et la plus directe des différends entre la Chine et les Philippines sur la Mer de Chine méridionale.

Selon le principe juridique « Ex injuria jus non oritur », les opérations dites « de réparation et d'entretien » des Philippines comme les constructions réalisées par celles-ci sur les îles et atolls illégalement occupés, qu'elles soient grandes ou petites, anciennes ou récentes, sont toutes illégales, nulles et non avenues, du fait qu'elles ont découlé de l'occupation illégale des îles et atolls chinois. C'est comme les constructions illégales, elles resteront illégales quoi qu'on fasse pour dissimuler le fait.

La partie philippine ne cesse de prétendre se conformer à la DOC. Pour savoir si c'est vrai, il suffit de lire attentivement la DOC pour s'apercevoir que la DOC, du début à la fin, met l'accent sur la préservation de la paix et de la stabilité en Mer de Chine méridionale, la gestion adéquate de la situation et le renforcement de la coopération maritime pragmatique. La DOC ayant pour l'essentiel la paix, l'amitié et la coopération traduit la volonté et la sagesse politiques de la Chine et des pays de l'ASEAN engagés pour préserver la stabilité de la situation régionale et promouvoir la coopération mutuellement bénéfique. La DOC n'aborde pas directement la question de souveraineté des îles et atolls. Elle ne donne pas le droit aux Philippines d'occuper les îles et atolls chinois. Aucune disposition de la DOC ne soutient la prise de possession illégale par les Philippines des îles et atolls chinois avant 2002, ni justifie les travaux d'élargissement que celles-ci entreprennent sur ces îles et atolls. La DOC ne doit pas servir d'instrument de blanchiment et de légitimation pour les Philippines. L'abus et la déformation intentionnés par les Philippines de la DOC constituent en soi une violation et une atteinte à la DOC.

Comme nous l'avons dit, l'un des objectifs des projets de construction chinois sur certains îles et atolls habités des îles chinoises Nansha est de mieux s'acquitter des responsabilités et des obligations internationales qui incombent à la Chine dans les domaines de la recherche et du secours en mer, de la sécurité de navigation et de la recherche océanographique. Par exemple, en février 1987, la 14e session de l'Assemblée de la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO qui se tenait à Paris, a adopté le Programme mondial d'observation du niveau de la mer, décidant de construire dans le monde 200 postes d'observation dont 5 ont été confiés à la Chine, y compris ceux sur les îles Nansha.

Quant à l'ampleur des travaux, comme la Chine assume des responsabilités et des obligations internationales d'un grand pays, les constructions chinoises sont d'une ampleur en adéquation avec les responsabilités et obligations d'un grand pays, et basées sur des besoins réels.

La DOC requiert une application conjointe, intégrale et efficace de tous les signataires, la paix et la stabilité sont à préserver ensemble par les différentes parties. Nous exhortons la partie philippine à respecter effectivement la souveraineté territoriale de la Chine, à faire de sérieuses réflexions sur sa conduite, à arrêter les accusations et les tapages infondés au sujet de la construction chinoise et à travailler dans le même sens que la Chine pour préserver ensemble la paix et la stabilité de la région.

Q : Veuillez nous présenter les dernières informations sur la mobilisation chinoise pour venir en aide au Népal frappé par le séisme.

R : Jusqu'à présent, environ 218 des 360 tonnes de matériels prévus dans le cadre du deuxième paquet d'aide chinoise au Népal ont été acheminés à Katmandou par six vols militaires et quatre vols civils, et le reste des matériels arrivera dans les deux prochains jours. Trois hélicoptères chinois se trouvent déjà au Népal pour aider à distribuer ces matériels. L'équipe chinoise de secours international composée de 62 personnes, au terme de sa mission réussie au Népal, retournera en Chine le 8 mai en fin de journée.

Grâce aux efforts déployés par l'équipe de secours de l'unité de transport de la police armée chinoise qui est entrée au Népal le 3 mai, la route Arniko qui relie la Chine et le Népal a été entièrement rétablie. Les parties chinoise et népalaise ont organisé, ce midi, à Barabise au Népal, une cérémonie de réouverture.

13 jours après le séisme, les efforts népalais pour gérer les conséquences sont passés du stade de la recherche et du sauvetage au stade de l'assistance aux sinistrés et de la reconstruction. Plus de 500 secouristes étrangers sont retournés dans leurs pays respectifs. Dans la prochaine étape, en fonction des dégâts et des besoins réels de la partie népalaise, la Chine continuera à se mobiliser pour fournir au Népal toutes formes d'assistance dans les domaines de la prévention des épidémies, de la réinstallation des sinistrés, de la reconstruction et autres.

Q : Le Centre d'études stratégiques et internationales des États-Unis a publié un rapport et de nouvelles images satellitaires, montrant que le Viet Nam mène de grands travaux de remblaiement en Mer de Chine méridionale. Comment y réagissez-vous ?

R : Je n'ai pas encore lu le rapport que vous avez mentionné, mais nous avons déjà exprimé notre position solennelle à l'égard des travaux d'extension et des constructions militaires de grande envergure menés par certains pays depuis longtemps en Mer de Chine méridionale. Depuis des années, une poignée de pays dont les Philippines et le Viet Nam ont entrepris d'importants travaux de construction sur des îles et atolls des îles chinoises Nansha illégalement occupés par eux. Ils se sont livrés aux actes illégaux comme des travaux de remblaiement de grande ampleur destinés à gagner sur la mer et la construction des infrastructures fixes comme les aéroports. Nous exprimons nos vives préoccupations et notre ferme opposition à ces activités illégales, et nous exhortons les pays concernés à cesser immédiatement tous les actes violant la souveraineté et les droits et intérêts de la Chine.

Q : Le 3 mai, une élection parlementaire a été organisée dans le Haut-Karabakh. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : La position de la Chine sur la question du Haut-Karabakh est constante et claire. Nous espérons que les différentes parties pourront trouver une solution acceptable pour tous par la voie de négociation et de dialogue dans le respect des normes du droit international universellement reconnues et des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Q : Dans une interview accordée à l'hebdomadaire américain Time, le Premier Ministre indien Narendra Modi a jugé positivement les relations sino-indiennes en disant que les relations sino-indiennes font preuve d'une grande maturité ces dernières décennies. Quels sont vos commentaires à cet égard ?

R : Nous avons pris note des informations concernées. Nous apprécions les remarques positives du Premier Ministre Narendra Modi qui traduisent pleinement le large consensus des dirigeants des deux pays sur les relations bilatérales.

Ces dernières années, les relations sino-indiennes sont marquées par de fréquentes interactions de haut niveau, la consolidation continue de la confiance mutuelle politique et le développement des échanges et coopérations dans tous les domaines. L'année dernière, le Président Xi Jinping a effectué une visite couronnée de succès en Inde durant laquelle les deux Chefs d'État ont dégagé d'importants consensus sur l'approfondissement du partenariat de coopération stratégique sino-indien orienté vers la paix et la prospérité, et sont convenus de construire un partenariat de développement plus étroit, donnant ainsi des orientations à suivre pour intensifier la coopération stratégique sino-indienne dans les cinq à dix ans à venir. Dans le même temps, les deux parties ont maintenu l'élan dans les négociations de frontière et géré adéquatement leurs différends, parvenant ainsi à préserver la paix et la tranquillité dans les zones frontalières.

Le Premier Ministre Narendra Modi effectuera bientôt une visite officielle en Chine. Les relations sino-indiennes font face à d'importantes opportunités de développement. La Chine entend travailler ensemble avec l'Inde pour faire de la visite du Premier Ministre Narendra Modi une belle opportunité de consolider davantage la bonne dynamique des relations bilatérales pour porter à de nouveaux paliers les relations sino-indiennes.

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