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Conférence de presse du 12 février 2015 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2015/02/12

Q : Hier, selon un officiel du gouvernement grec, le Premier Ministre Li Keqiang et le Premier Ministre grec Alexis Tsipras ont eu une conversation téléphonique dans laquelle ils ont abordé le renforcement de la coopération économique et d’autres sujets. Le Premier Ministre Li Keqiang a affirmé la volonté des entreprises chinoises d’investir en Grèce. Pouvez-vous donner plus d’informations sur la conversation téléphonique ?

R : Dans l’après-midi du 11 février, le Premier Ministre Li Keqiang a eu, sur demande, un entretien téléphonique avec le nouveau Premier Ministre grec Alexis Tsipras. Les informations concernées ont été publiées.

Dans la conversation, le Premier Ministre Li Keqiang a fait savoir que la Chine, attachée à l’amitié traditionnelle et à la coopération pragmatique continuellement élargie avec la Grèce, entendait poursuivre les principes du traitement d’égal à égal, du bénéfice mutuel et du gagnant-gagnant pour porter les relations sino-grecques à un nouveau palier.

Selon le Premier Ministre Alexis Tsipras, le gouvernement grec accorde une grande importance au développement de ses relations avec la Chine et accueille favorablement l’élargissement des investissements chinois en Grèce. Le nouveau gouvernement grec ne changera pas la nature des projets de coopération existants entre les deux parties et a la confiance de pouvoir faire progresser ensemble avec la Chine leurs relations d’amitié et de coopération.

Les relations sino-grecques ont de belles perspectives devant elles, a indiqué le Premier Ministre Li Keqiang, et les fruits de la coopération sino-grecque profitent aux deux pays et aux peuples de la région. Le Premier Ministre grec a réaffirmé que la Grèce salue un élargissement des investissements chinois et mettra en œuvre les accords de coopération conclus entre les deux parties. La Chine espère que le gouvernement grec fournira une meilleure garantie juridique aux activités des entreprises chinoises en Grèce.

Le Premier Ministre Li Keqiang a souligné que le projet de COSCO au Port du Pirée, exemple réussi de la coopération sino-grecque, favorise non seulement la création d’emplois pour la population locale, mais aussi permettra de mieux préserver et d’améliorer les droits et intérêts et les conditions de travail des ouvriers. Ayant exprimé le souhait de voir les deux parties pouvoir tenir leurs engagements, il a exprimé la volonté de la Chine d’œuvrer ensemble avec la Grèce pour faire du port du Pirée un port de premier plan en Méditerranée et une plaque tournante importante dans la région, de sorte à mettre en valeur son rôle de pont majeur pour construire la voie express terrestre et maritime Chine-Europe et favoriser l’interconnexion entre l’Asie et l’Europe. Le Premier Ministre Li s’est dit convaincu que cela contribuera au processus d’intégration et au développement équilibré de l’Europe.

Selon le Premier Ministre Alexis Tsipras, la Grèce, située dans une période importante du redressement et du développement de l’économie, a besoin du soutien et de l’aide chinois. La Grèce entend élargir la coopération en matière maritime et dans le domaine du transport maritime avec la Chine et développer une coopération globale en matière d’infrastructures et de finance avec elle. Le projet de COSCO au port du Pirée, projet phare de la coopération sino-grecque, est très important pour le développement économique grec. La Grèce y accordera davantage d’importance et de soutien. La Chine est une force importante militant pour le développement stable de l’Europe. La Grèce, attachée à la construction de la voie express terrestre et maritime Chine-Europe, entend jouer un rôle de pont dans la coopération euro-chinoise pour faire avancer sans cesse les relations entre l’Europe et la Chine.

Q : Selon des médias, le 11 février, l’Institut international d’études stratégiques (IISS) du Royaume-Uni a publié Le Rapport annuel 2015 sur l’équilibre des forces dans le monde, d’après lequel ces dernières années les forces navales chinoises sont entrées dans une nouvelle ère marquée par la construction d’envergure des navires, et les dépenses militaires chinoises connaissent une hausse sensible et manquent de transparence. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Vous avez évoqué le rapport d’une institution de recherches sur les dépenses militaires chinoises, dans lequel des chiffres ont été cités. Je voudrais aussi vous donner quelques chiffres, qui permettraient de mieux expliquer la question. En 2014, les dépenses militaires représentaient moins de 1,5% du PIB chinois, non seulement inférieures à celles des grands pays du monde, mais aussi moins élevées que le niveau moyen mondial qui était de 2,6%. Les dépenses de défense par tête d’habitant de la Chine étaient encore plus basses, ne représentent que 1/22 de celles des Etats-Unis, 1/9 de celles du Royaume-Uni, et 1/5 de celles du Japon.

Concernant les questions des dépenses militaires et du développement des forces militaires de la Chine auxquelles le monde extérieur s’intéresse depuis toujours, je voudrais souligner les points suivants : Premièrement, la Chine poursuit fermement la voie du développement pacifique et pratique la politique de défense nationale à caractère défensif. Le développement des forces de la défense nationale chinoises constitue à la fois une nécessité de préserver l’unité nationale, l’intégrité territoriale et les intérêts de développement, et une nécessité de sauvegarder la paix et la sécurité internationales et régionales, et ne vise ni ne menace aucun pays. Deuxièmement, toujours attachée au contrôle du volume des dépenses de défense, la Chine s’en tient au principe associant un développement harmonieux de la construction de la défense nationale à la croissance économique, et définit rationnellement le montant de ses dépenses de défense. Troisièmement, en Chine, chaque année, le budget de la défense est intégré dans le budget d’Etat et soumis à l’approbation de l’Assemblée populaire nationale. Ce processus est tout à fait ouvert et transparent. Les informations concernant le montant total des dépenses militaires chinoises et ses composantes essentielles sont aussi ouvertes et transparentes.

Nous espérons que les parties concernées pourront envisager le développement de la Chine, y compris la construction de sa défense nationale, avec une vision calme, objective, équitable et rationnelle.

Q : Cette année marque le 40 e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Union européenne. Quelles célébrations les deux parties organiseront-elles ? Quelles attentes avez-vous ?

R : Cette année marque le 40 e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’UE, et aussi une année cruciale pour l’établissement du partenariat Chine-UE pour la paix, la croissance, la réforme et le progrès de la civilisation de manière approfondie, et la progression de la mise en œuvre de l’Agenda stratégique de coopération Chine-UE 2020. Le développement des relations sino-européennes fait face à de nombreuses nouvelles opportunités. En 2015, un nouveau Sommet Chine-UE se tiendra. Les deux parties sont en train d’étudier la possibilité de la visite en Chine de nouveaux dirigeants des institutions de l’UE et ont fixé l’une comme l’autre des plans de célébration du 40e anniversaire. La Chine organisera une série de manifestations dans les domaines économique, commercial, culturel, éducatif et de la jeunesse, et lancera des publications commémoratives. J’ai la certitude que cette année les relations sino-européennes seront marquées par beaucoup de temps forts.

J’ai noté que les Ambassadeurs de l’UE et de ses 28 pays membres ont publié aujourd’hui un article dans Le Quotidien du Peuple, exprimant leur souhait de faire de 2015 une année mémorable dans le développement des relations sino-européennes. Je suis persuadée que la Chine et l’UE pourront certainement injecter de nouvelles vitalités au développement des relations sino-européennes et faire accéder ces relations à une nouvelle étape à condition de travailler ensemble, en saisissant les opportunités offertes par le 40e anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques, faire un bilan des expériences avec tout le sérieux qui s’impose et bien planifier l’avenir, et mettre en œuvre effectivement les consensus importants réalisés par les dirigeants des deux parties.

Q : Selon des sources d’information, la Chambre de Commerce de l’Union européenne en Chine a publié une déclaration selon laquelle 86% des personnes interrogées à un sondage intérieur estiment que le gouvernement chinois est en train de renforcer la surveillance sur les réseaux et que cela influencera les investissements et les activités des entreprises européennes en Chine. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : Récemment le Conseil des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCD) a publié le Global Investment Trends Monitor Report, selon lequel la Chine a attiré pour la première fois le plus grand montant des investissements étrangers en Chine en 2014. Toute entreprise ne pourra être attirée que par un bon environnement d’investissement et des bénéfices considérables. L’année dernière, la Chine a gagné la première place dans le monde en termes de flux des investissements étrangers, ce qui montre que la Chine renforce sans cesse la préservation des droits et intérêts légitimes des entreprises à investissements étrangers, et que son volume d’investissements étrangers reste toujours relativement élevé.

Concernant la question d’Internet que vous avez évoquée, je tiens à souligner que les différents pays dans le monde accordent tous une grande importance à la cybersécurité. Le renforcement du niveau de sécurité contrôlable des produits informatiques est une mesure importante et une pratique courante aux différents pays en vue de préserver la cybersécurité. La politique d’ouverture de la Chine est inébranlable. Tant que les entreprises étrangères repectent la loi en Chine et ne portent pas atteinte à la sécurité nationale chinoise ni aux intérêts des consommateurs, la Chine préservera leurs droits et intérêts légitimes en Chine conformément à la loi, et les accueille favorablement et les soutient dans leurs activités en Chine.

Q : Le 10 février, dans son discours, la Conseillère du Président américain pour la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme Lisa Monaco a accusé nommément la Chine et d’autres pays de constituer des menaces de cyberattaques. Par ailleurs, selon des sociétés américaines de cybersécurité, des hackers chinois ont piraté le site de Forbes et tenté d’attaquer les entreprises américaines dans les domaines de la défense et de la finance. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Nous avons expliqué à plusieurs reprises notre position de principe en la matière. Le gouvernement chinois s’oppose fermement à toute forme de cyberattaques et les combat en vertu de la loi. La cyberattaque est un problème planétaire qui nécessite la coopération de la communauté internationale pour y faire face. Les différents pays doivent se respecter mutuellement au lieu de se soupçonner, et travailler en communication et coopération au lieu de s’affronter ou de s’accuser réciproquement, afin de préserver ensemble un cyberespace pacifique, sécurisé, ouvert et coopératif.

Les Etats-Unis, en tant que pays possédant les technologies du réseau les plus avancées et les forces les plus puissantes du monde, sont appelés à se montrer exemplaires dans leurs comportements. Nous espérons que les Etats-Unis pourront engager plus d’actions actives et agir davantage en faveur de la préservation de la confiance mutuelle et de la coopération en matière de cyberespace.

Q : Est-ce que le Premier Ministre Li Keqiang a invité son homologue grec Alexis Tsipras à venir en Chine ? Avez-vous reçu la réponse de la partie grecque ? La date de la visite a-t-elle été fixée ?

R : Toujours très attachée au développement de ses relations avec la Grèce, la Chine entend continuer à maintenir toutes les formes de communication et d’échanges avec la Grèce, explorer et approfondir la coopération pragmatique dans différents domaines, dans le but de faire avancer sans discontinuer les relations sino-grecques. Concernant la visite que vous avez évoquée, je ne dispose pas d’informations y relatives pour l’instant.

Q : Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et d’autres pays ont fermé leurs ambassades au Yémen. Est-ce que l’Ambassade de Chine au Yémen fonctionne encore ?

R : Nous avons pris note des reportages sur la fermeture temporaire des Ambassades des pays concernés au Yémen. Actuellement, l’Ambassade de Chine au Yémen n’a pas de projet de suspendre ses activités ou de retirer son personnel. Les diplomates chinois restent toujours à leurs postes et accordent de l’assistance nécessaire aux ressortissants et organismes chinois. Nous suivons de très près l’évolution de la situation au Yémen, et espérons que les parties yéménites concernées pourront adopter des mesures effectives pour garantir la sécurité des ressortissants et organismes chinois.

Compte tenu de l’évolution de la situation au Yémen, le Ministère chinois des Affaires étrangères a émis deux alertes de sécurité le 19 janvier et le 7 février, appelant les ressortissants et organismes chinois au Yémen à renforcer les mesures de précaution, à réduire les déplacements et à rester en étroit contact avec l’Ambassade, et en même temps conseillant aux citoyens chinois qui ont l’intention de se rendre prochainement au Yémen d’envisager leur plan de déplacement avec prudence. L’Ambassade de Chine au Yémen a déclenché le plan d’urgence, demandé aux ressortissants et organismes chinois au Yémen de renforcer la prévention sécuritaire et de rester en étroit contact avec les services compétents yéménites, et exhorté la partie yéménite à prendre des mesures effectives pour préserver la sécurité des ressortissants et organismes chinois. Selon des sources, actuellement les ressortissants chinois au Yémen sont en sécurité.

Q : A l’issue de la récente Réunion des Ministres des Affaires étrangères de la Chine, de la Russie et de l’Inde, a été publié un communiqué conjoint qui exprimait la compréhension et le soutien vis-à-vis de la volonté de l’Inde de jouer un plus grand rôle aux Nations Unies. Selon des analyses, la Chine se montre plus favorable à la demande de l’Inde pour devenir membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU. Le Brésil, un autre pays membre des BRICS, a la même revendication. Est-ce que la Chine soutient les efforts du Brésil pour devenir membre permanent du Conseil de Sécurité ?

R : Nous estimons toujours que la réforme du Conseil de Sécurité doit privilégier l’augmentation de la représentation des pays en développement au sein du Conseil de Sécurité. La Chine attache une grande importance à la place du Brésil dans les affaires internationales, comprend et soutient le souhait du Brésil de jouer un plus grand rôle à l’ONU.

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