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Conférence de presse du 12 juin 2014 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2014/06/12

1. Le Vice-Président du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale Chen Zhu, se rendra, en tant qu'envoyé spécial du Président Xi Jinping, les 14 et 15 juin en Bolivie pour assister au Sommet célébrant le cinquantenaire du Groupe 77.

2. Le Conseiller d'Etat Yang Jiechi est invité à la cérémonie d'ouverture du 3e Forum sur la paix mondiale le 21 juin à l'Université Tsinghua et il y donnera le discours liminaire. Sont également invités plusieurs anciens dirigeants étrangers et des chercheurs de think thanks prestigieux.

Q : Veuillez nous présenter les thèmes du 3e Forum sur la paix mondiale et les principaux invités.

R : Le Forum sur la paix mondiale est le premier forum de sécurité internationale non officiel de haut niveau tenu en Chine, dont le but est d'offrir aux spécialistes des questions stratégiques et aux responsables des think tanks une plate-forme d'échange sur la promotion de la paix et de la sécurité internationales. L'organisation est assurée par l'Université Tsinghua avec le soutien de l'Institut de Politique étrangère du Peuple chinois. Les deux éditions précédentes ont eu lieu avec succès à l'Université Tsinghua en juillet 2012 et en juin 2013, auxquels ont assisté respectivement Monsieur Xi Jinping, Vice-Président à l'époque, et le Vice-Président Li Yuanchao. Leurs discours ont suscité un vif intérêt et un fort écho en Chine comme à l'étranger.

Le 3e Forum aura lieu les 21 et 22 juin à l'Université Tsinghua avec comme thème « la recherche d'une sécurité commune : paix, confiance mutuelle, responsabilité ». Les principaux sujets qui seront abordés sont : les relations entre les grands pays en Asie-Pacifique et la paix régionale, la préservation de la paix et du développement en Asie-Pacifique, la sécurité au Moyen-Orient et en Asie centrale, et la non-prolifération nucléaire.

Le Conseiller d'Etat Yang Jiechi assistera le 21 juin, au matin, à la cérémonie d'ouverture du Forum et y donnera un discours liminaire. L'ancien Premier Ministre malaisien Datuk Abdullah Haji Ahmad Badawi, l'ancien Premier Ministre pakistanais Shaukat Aziz, l'ancien Premier Ministre français Dominique de Villepin, l'ancien Premier Ministre japonais Yukio Hatoyama, l'ancien Secrétaire du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie Igor Sergueïevitch Ivanov, l'ancien Conseiller adjoint à la Sécurité nationale du Président américain Stephen Hadley, l'ancien Haut Représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune Javier Solana et plusieurs autres anciens responsables politiques étrangers sont invités au Forum. Au total quelque 500 participants chinois et étrangers sont attendus pour cet événement.

Q : Le 10 juin, le Bureau de l'Information du Conseil des Affaires d'Etat a publié le livre blanc La Pratique de la politique d'« un pays, deux systèmes » dans la Région administrative spéciale de Hong Kong. Hier, le Département d'Etat américain et le Consulat général du Royaume-Uni à Hong Kong se sont exprimés à ce sujet. Avez-vous un commentaire là-dessus ?

R : Nous avons pris note des reportages concernés. Depuis son retour à la mère patrie, Hong Kong a maintenu la prospérité, la stabilité et le développement et beaucoup d'expériences réussies ont été réalisées dans la mise en œuvre de la politique d'« un pays, deux systèmes » dans la Région administrative spéciale de Hong Kong. Dans le même temps, de nouvelles questions et de nouveaux problèmes se posent. Dans le livre blanc intitulé La Pratique de la politique d'« un pays, deux systèmes » dans la Région administrative spéciale de Hong Kong, le gouvernement chinois expose de manière complète les politiques et principes fondamentaux et constants du gouvernement central à l'égard de Hong Kong, ce qui permettra une connaissance et une compréhension globales de la politique d'« un pays, deux systèmes » et de la loi fondamentale.

Je tiens à souligner que Hong Kong est une région administrative spéciale de la Chine, dont les affaires relèvent uniquement des affaires intérieures de la Chine. Aucune ingérence ou critique de mauvaise fois venant de l'extérieur n'est tolérée. Je conseille à certaines personnes des pays concernés de bien lire ce livre blanc et d'agir davantage en faveur de la prospérité et de la stabilité de Hong Kong.

Q : Selon des sources, des rebelles iraniens ont attaqué le 11 juin le Consulat de Turquie à Mossoul et tenu plusieurs personnes en otage. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Préoccupés par la dégradation de la situation sécuritaire en Irak, nous condamnons vivement les actes terroristes visant les missions diplomatiques et les civils à Mossoul. La partie concernée doit libérer immédiatement et sans condition les otages.

Q : Selon des informations, le 11 juin, deux avions militaires chinois ont volé anormalement près des deux avions militaires de la Force d'autodéfense japonaise au-dessus de la Mer de Chine orientale. La partie japonaise a déjà convoqué l'Ambassadeur de Chine au Japon pour exprimer sa protestation. Quelle est votre réaction ?

R : Concernant le tapage fait par la partie japonaise sur le passage des avions de combat chinois « anormalement près » des avions militaires japonais, le porte-parole du Ministère chinois de la Défense vient de s'exprimer là-dessus, en présentant l'affaire et ce qui s'est passé le jour de l'incident avec détails et la publication des photos et des vidéos y relatives.

Je voudrais souligner que cette tension au-dessus de la Mer de Chine orientale est due exclusivement aux actes dangereux des avions japonais à l'encontre des avions chinois. Cependant, la partie japonaise, faisant fi de la réalité des choses, rejette sur la partie chinoise la responsabilité, tient sans scrupule des propos calomnieux et fabrique une surmédiatisation de l'affaire pour gonfler la « menace chinoise ». Nous exprimons notre ferme opposition et notre vive protestation à cet égard.

Je voudrais encore ajouter que ce n'est pas la première fois que la partie japonaise agit à la manière du voleur qui crie au voleur et fait porter sa responsabilité à autrui. Depuis longtemps, la partie japonaise poursuit, surveille de près et perturbe des navires et avions chinois, les mettant gravement en danger. Voilà l'origine des problèmes de sécurité en mer et dans l'air entre la Chine et le Japon. Au lieu de se repentir, le Japon sort de temps en temps des propos déformant les faits pour dénigrer la Chine et tromper le monde. Nous ne pouvons que poser la question : Où le Japon veut-il en venir ? Compte tenu des récents agissements du Japon pour réviser sa Constitution, renforcer son armée, gonfler la menace régionale et créer la tension et l'hostilité, nous pensons qu'il est bien nécessaire de rester lucide et très vigilant à l'égard de la vraie intention du Japon. Nous demandons à la partie japonaise d'exprimer honnêtement son intention à la communauté internationale. Et la Chine se réserve le droit de prendre des mesures supplémentaires.

Q : Hier, un journaliste a évoqué que ces derniers jours, un bateau de pêche vietnamien aurait été coulé par un navire chinois dans le Golfe de Beibu. Avez-vous des informations là-dessus ?

R : Après des enquêtes menées par des départements chinois compétents, il est confirmé que ce que vous venez d'évoquer n'a pas eu lieu. Cette fausse information a été fabriquée de toutes pièces par certains médias vietnamiens, mus par des desseins inavoués.

Q : Hier, vous avez dit que le Viet Nam fermait les yeux sur les actes de sabotage, de pillage et d'incendie de quelques vietnamiens contre des entreprises étrangères et leurs personnels, avez-vous des preuves ? Une autre question. 35 ans se sont écoulés, alors qu'aujourd'hui encore, la Chine maintient toujours son discours accusant le Viet Nam, un petit pays, d'attaquer la Chine. La Chine peut-elle changer de ton ?

R : Je commence par votre deuxième question. Je ne connais pas le contexte de cette question ni votre intention. Je ne suis pas au courant du reportage ou du commentaire que vous avez évoqué.

Je tiens à souligner que la Chine, dans les relations internationales, préconise depuis toujours l'égalité entre tous les pays, quelle que soit leur taille, et s'attache aux Cinq Principes de la coexistence pacifique, et qu'elle est pour le développement des relations d'amitié et de coopération entre Etats dans le respect des principes de respect mutuel, d'égalité et de non-ingérence. Nous nous opposons à ce qu'un grand pays malmène un petit et estimons dans le même temps qu'un petit pays ne doit pas se permettre des actes irrationnels. Tout le monde doit se respecter, se traiter sur un pied d'égalité et coopérer d'une manière mutuellement bénéfique. Cela est favorable non seulement aux pays concernés, mais également à la région et au monde entier.

Quant à votre première question, la réalité est la suivante : depuis le 2 mai, la partie vietnamienne a envoyé de nombreux navires pour perturber de manière obstinée, violente et illégale l'opération sur la plate-forme de forage HYSY 981, et au Viet Nam, la voix anti-chinoise s'est levée et des actes de sabotage, de pillage et d'incendie ont été perpétrés contre des entreprises étrangères, y compris chinoises, et leurs personnels. La Chine a contacté à plusieurs reprises le Viet Nam, effectué des représentations solennelles auprès de celui-ci et demandé aux autorités vietnamiennes de prendre toutes les mesures nécessaires et effectives pour stopper les actes illégaux et assurer la sécurité des entreprises et ressortissants chinois dans le pays. Cependant, la situation empire et devient déplorable, avec un lourd bilan humain et matériel, y compris pour des entreprises et personnels chinois. Si la partie vietnamienne avait pris des mesures fortes tout de suite après la démarche chinoise, cette situation aurait pu être évitée.

Ce que la partie vietnamienne doit faire maintenant, c'est de réfléchir en profondeur sur ses actes, de punir sérieusement les auteurs, de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des entreprises et des ressortissants chinois au Viet Nam et de dédommager dûment les victimes. Le Viet Nam est tenu de cesser la perturbation illégale contre l'opération normale de l'entreprise chinoise concernée.

Q : Est-ce que l'UNESCO a répondu à la demande de la Chine d'inscrire des documents et archives sur le massacre de Nanjing et le recrutement forcé des « femmes de réconfort » par l'armée japonaise au Registre international de la Mémoire du monde ? La Chine a-t-elle eu d'autres communications avec le Japon sur ce sujet ?

R : L'UNESCO a accepté de traiter la demande chinoise d'inscrire des documents et archives sur le massacre de Nanjing et le recrutement forcé des « femmes de réconfort » par l'armée japonaise au Registre international de la Mémoire du monde. Et l'organisation a ses procédures pour examiner et évaluer le dossier.

Je connais la position japonaise sur ce sujet. Comme je l'ai dit hier, la Chine n'acceptera pas la démarche non fondée du Japon ni ne retirera sa demande.

Les archives sur le massacre de Nanjing que la Chine demande à l'UNESCO d'inscrire au Registre international de la Mémoire du monde dépeignent les crimes et atrocités commis par les agresseurs japonais pendant l'occupation de Nanjing du 13 décembre 1937 au 1er mars 1938, comme les tueries des militaires et des civils chinois, le pillage et le viol. Les archives sur les « femmes de réconfort », composées des dossiers de la gendarmerie de l'armée japonaise du Guandong dans le Nord-Est de la Chine, du Bureau de police de la concession internationale de Shanghai, du gouvernement fantoche de Wang Jingwei et de la « Banque centrale de Mandchourie », ainsi que des procès-verbaux des prisonniers japonais, retracent clairement les actes criminels de l'armée japonaise pour recruter de manière forcée les femmes de réconfort. Ces archives correspondent aux critères de sélection de l'UNESCO et doivent figurer dans la mémoire collective de l'humanité et être préservées et protégées par toute la société humaine.

C'est dans une attitude responsable à l'égard de l'histoire que la Chine a formulé une telle demande, l'objectif étant de conserver l'histoire, de préserver la paix, de défendre ensemble la dignité humaine et d'éviter la répétition de cette période dramatique et ténébreuse.

Les propos déplacés tenus par le Japon à l'égard de la demande chinoise montre bien sa mauvaise conscience et sa vision erronée de l'histoire. Le massacre de Nanjing et l'enrôlement forcé des femmes de réconfort sont des crimes graves commis par les militaristes japonais dans la guerre d'agression contre la Chine, les preuves en sont irréfutables. Les agressions militaristes constituent un passif pour le Japon. La bonne attitude à prendre pour le Japon est de regarder en face l'histoire et de traiter correctement les problèmes historiques concernés plutôt que de nier, voire de glorifier le passé, sinon le passif serait encore plus lourd à supporter. Nous exhortons une fois de plus le Japon à procéder à un profond examen de conscience, à faire preuve de volonté, à passer à l'action concrète pour corriger ses erreurs. Seule cette manière lui permettra un avenir de paix avec ses voisins asiatiques.

Q : Selon des informations, le Vice-Président indien viendra en visite en Chine et assistera à la célébration du 60e anniversaire du lancement des Cinq Principes de la coexistence pacifique. Veuillez nous en dire plus. Qui d'autres y seront présents ?

R : Après l'installation du nouveau gouvernement indien, le Premier Ministre Li Keqiang s'est entretenu au téléphone avec son homologue indien Narendra Modi, et le Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a visité l'Inde en tant qu'envoyé spécial du Président Xi Jinping. Les deux parties sont convenues de maintenir la dynamique des échanges de haut niveau et de faire avancer davantage le partenariat de coopération stratégique sino-indien. A l'heure actuelle, les deux parties sont en étroit contact sur les visites bilatérales de haut niveau.

La Chine, l'Inde et le Myanmar ont décidé d'un commun accord de célébrer le 60e anniversaire du lancement des Cinq Principes de la coexistence pacifique. Il y a 60 ans, le Premier Ministre Zhou Enlai, le Premier Ministre indien Jawaharlal Nehru et le Premier Ministre du Myanmar U Nu ont lancé ensemble les Cinq Principes de la coexistence pacifique. Lors de la Conférence de Bandung en 1955, les Cinq Principes de la coexistence pacifique ont été largement salués et approuvés par de nombreux pays asiatiques et africains. Depuis 60 ans, ces principes sont devenus progressivement des normes fondamentales régissant les relations internationales et ont joué un rôle important dans la préservation de la paix et de la stabilité dans le monde et la promotion du développement sain des relations interétatiques.

Vu le rôle et l'impact particuliers des Cinq Principes de la coexistence pacifique, les dirigeants de la Chine, de l'Inde et du Myanmar sont convenus de célébrer ensemble en juin les 60 ans des ces principes. A ce stade, la Chine est en étroit contact avec l'Inde et le Myanmar. Je suis convaincue que grâce aux efforts conjoints des trois pays, la célébration sera un grand succès et apportera une nouvelle contribution à la paix et au développement du monde dans le nouveau contexte.

Q : Selon des informations, la Commission des Affaires étrangères de la Chambre japonaise des Conseillers a adopté le 11 juin une résolution considérant comme inacceptable toute tentative de revendication territoriale ou de droits maritimes fondée sur la puissance et demandant à la Chine de respecter le droit international. Avez-vous un commentaire là-dessus ?

R : Il est incontestable que les îles Xisha font partie intégrante du territoire chinois. La Chine a récupéré, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les îles Xisha de la main des agresseurs japonais, conformément aux instruments internationaux comme la Déclaration du Caire et la Déclaration de Potsdam. Cette « résolution » de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre japonaise des Conseillers viole le droit international et va à l'encontre des faits historiques, et c'est totalement irresponsable et malintentionné.
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